Courez voir Quelque part dans cette vie avant que ça ne soit le succès de la saison, vous passerez pour un précurseur. Une belle histoire de liens qui se dénouent entre un homme âgé et une jeune femme en colère.

Courez voir Quelque part dans cette vie avant que ça ne soit le succès de la saison, vous passerez pour un précurseur. Une belle histoire de liens qui se dénouent entre un homme âgé et une jeune femme en colère.

La Petite Folie, à La Folie Théâtre, est un bel écrin pour le beau texte de Danièle Mahaut, un moment clé dans la vie de deux femmes qui auraient du se détester et qui vont être chacune pour l’autre la clé d’un futur épanoui. Merci d’être passée, un texte plein d’émotions, d’humour, d’impudeur pudique et de légèreté malicieuse, justement récompensé par le P’tit Molière 2017 du Meilleur Auteur Vivant.

Parfois, il faut oser pour faire avancer les choses. Une femme Extraordinaire qui se joue à La Folie Théâtre est une pièce qui ose sacrément, qui défend un point de vue et l’assume. Anna Stern et Daniel Hederich, les acteurs, ont l’impudeur de jouer le texte d’Arthur Vernon, c’est déjà, en soi, une sacrée performance. A réserver aux yeux qui ne se choquent pas facilement.

Je suis sorti ému de la projection de Coco, dimanche dernier. Bien sûr, c’est un Pixar, le studio qui a fait Cars, Toy Story, Le Monde de Nemo, qui sait jouer avec nos émotions. Cette fois, Pixar va plus loin, rentre dans le monde de la métaphysique, et j’ai adoré.
Mes a priori ont pris une gifle en assistant au Tartuffe magistral qu’a imaginé Michel Fau au Théâtre de la Porte Saint Martin, et ça leur fait du bien.
Mademoiselle Frankenstein est devenue mon amie. Une pièce de théâtre ? Oui, et ses interprètes. Parce que ce n’est pas seulement une belle pièce, c’est une grande pièce.

C’était la cinquième fois que je voyais la pièce, la quatrième année. Il y a des pièces que j’ai vues trois, quatre, cinq fois pour des raisons très différentes, je finissais toujours par les connaitre par coeur, ne plus devenir attentif qu’aux détails pendant que le texte ronronnait.
Hier soir, j’ai encore, à nouveau, été pris, été saisi. Bien sûr Frédéric Gray était assis quand nous sommes entrés dans la salle, bien sûr le rideau frémissait comme s’il était vivant, bien sûr Christelle Maldague est apparue. Bien sûr nous sommes rentrés dans la compréhension de l’âme de Mary Shelley, de la naissance de Lazarro Spallanzani. Bien sûr j’ai écouté les aphorismes de l’anglaise désinvolte, vu tourner les yeux de l’italien démoniaque.
J’ai écrit un jour que Mademoiselle Frankenstein est comme un film de M Night Shyamalan, à voir deux fois. Je me suis trompé. Un film de MNS se voit deux fois, et on en a fait le tour. Mademoiselle Frankenstein, comme un vrai ami, a quelque chose de plus à dire à chaque rencontre.
J’ai revu la pièce, et je l’ai découverte, savourée, comme si c’était la première fois. Je me suis laissé emporter, surprendre. J’ai été emporté, surpris, étonné, séduit. J’ai savouré le jeu des acteurs, admiré le jeu des lumières (un coup de chapeau, au passage, au travail du régisseur). J’ai relu ces genèses imbriquées, j’ai marché.
L’an dernier c’était la dernière saison à La Folie Théâtre, la représentation d’hier soir l’ultime représentation de la pièce dans l’écrin qui l’a vue naitre. La pièce continue, elle vit, tourne, en région parisienne, en province. Dans des salles de toutes tailles.
Je suis serein, je la reverrai. C’est une amie, on revoit toujours ses amis.
Un très grand spectacle dans une toute petite salle, voilà la surprise que j’ai eue à La Croisée des Chemins avec Ludwig, une belle pièce écrite et mise en scène par Olivier Schmidt, superbement interprétée par Julien Hammer et Charlotte Moineau.
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Depuis décembre 2011, quand j’avais vu pour la première fois Les Franglaises à La Pépinière, rien n’a changé, et pourtant tout a changé, ce ne sont plus les Franglaises, ce sont les Franglaisissimes, qui méritent standing ovation et superlatifs.

C’est une superbe version décapée de la pièce décapante de Feydeau que donnent Les Sans Chapiteau Fixe au Théâtre 13. Une version énergique, chantée, dansée, au cordeau, à aller voir absolument.

Des Papilles dans le Ventre, c’est plus qu’un spectacle, c’est un tableau sensoriel et émotionnel, c’est un hommage à la vie, une envie de vivre féroce et contagieuse.

Une fois encore, James Thiérrée et la Compagnie du Hanneton m’ont fait rêver, avec La grenouille avait raison, leur nouveau spectacle. Une fois encore, j’ai assisté à un spectacle onirique, je suis entré dans la salle, j’ai ouvert les yeux, et j’ai rêvé, rêvé d’un monde où les lois de la mécanique ne s’applique pas, où seule la gravité du destin existe.
Un très très grand bravo pour La Mécanique du Coeur, à La Folie Théâtre, un des meilleurs spectacles que j’ai vus cette saison, j’ai vibré pour ce Jack au cœur gelé, au cœur d’horloge.

J’ai vu une superbe pièce, hier soir, Ouragan Cat 5 à La Folie Théâtre, mais surtout j’ai été subjugué par le jeu de Candice Méchaly, tout en pudeur et en retenue, la colonne vertébrale de la pièce écrite et mise en scène par Nicolas Rocq.

Un hymne aux femmes douées qui se mettent en retrait pour soutenir leur mari, les angoisses de l’auteur et la façon dont son succès peut bloquer sa création, voilà le bijou que m’a conté avec autant de doigté que de finesse la compagnie Intersignes à La Folie Théâtre.

J’ai pris un vrai pied, assis au milieu du deuxième rang du théâtre La Bruyère, à voir se succéder les coups de théâtre de Piège Mortel, l’histoire de Sydney Brown, auteur de pièces policières en panne d’inspiration, qui a besoin d’un succès à tout prix. Il reçoit le Piège Mortel, d’un de ses jeunes élèves. Il le fait venir pour travailler sur le texte, lui voler la pièce. Sera-t-il prêt à tout pour l’avoir ?

Alexis Michalik le magicien de la mise en scène et des émotions a encore frappé, et il a frappé fort et juste avec Intra Muros au Théâtre 13.

Quatre femmes, cinq hommes, neuf personnes désignées par le sort pour être jurés du procès de Karim Bourdon entrent en délibération. Voilà ce que nous fait vivre la pièce de Stéphane Guérin au Théâtre 13, jouée par Le Petit Théâtre de Pain.

Cyrano de Bergerac joué par 6 clowns, c’est un pari, un pari superbement réussi de la compagnie Parpadou qui le donne à la Comédie Saint Michel, je suis sorti scotché et ému. Ils ont osé ce parti pris, osez aller les applaudir, ils méritent un triple bravo.

Julie Duchaussoy a pris le parti, pour la mise en scène du Roi se meurt, d’un roi jeune, encore en pleine forme, ça donne une version énergique, dynamique de la pièce, quand la mort frappe un homme, un univers, qui devraient encore avoir la vie devant lui, et dont l’univers va se glacer, se lézarder, s’effondrer en 90 minutes.

Pourquoi Panique ? En l’honneur du dieu Pan, le dieu de l’amour, de l’humour, et de la confusion. Avec la touche de Non Sense qu’y ajoute l’Ours à Plumes, je me suis laissé emporter dans une succession de rêves, chaotiques et démesurés, avec une touche de brutalité amoureuse.

Le texte est d’Alejandro Jodorowsky, oui, le scénariste de BD (les Meta Barons, les Technopères…), le porteur d’une adaptation onirique mais avortée de Dune au cinéma, un texte surréaliste, quinze petites scènes, quinze situations, quinze histoires, dans chacune les personnages sont placés face à une mécanique implacable à laquelle ils ne peuvent échapper.
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