Antonio le Magicien – Apollo Théâtre

Je cherchais un bon spectacle de magie à aller voir en famille, je n’ai pas trouvé ce que je cherchais dans le spectacle d’Antonio le Magicien à l’Apollo Théâtre.

A sa décharge, c’était la première du spectacle, il semble que c’était sa toute première prestation dans une salle de spectacle avec des spectateurs payants, lui qui depuis 25 ans anime des séminaires d’entreprise, fait des passages sur des chaines de télévision, a – parait-il – été L’Incroyable Talent français il y a peu. Il l’a dit en arrivant, je ressentais sa nervosité, il échangeait avec son (producteur ? metteur en scène ?) pour savoir où il en était du temps.

A l’entendre, je ne doute pas qu’il fait merveille dans un séminaire de commerciaux, à détendre l’atmosphère entre chaque présentation, avec des blagues adaptées à l’auditoire, en se moquant de cet auditoire.

Un spectacle, c’est différent. Ce ne sont pas des individus qui sont payés pour écouter et à qui on offre quelques blagues, moqueries et tours pour les détendre, ce sont des couples, des amis, des familles, qui ont payé leur place et qui attendent un spectacle de qualité.

Au delà du rythme (le spectacle se trainait, les tours ne s’enchainaient pas), ce sont les blagues, l’interaction d’Antonio avec la salle, son comportement avec les jeunes femmes qu’il a fait monter sur scène qui m’ont gêné.

En séminaire face à un groupe essentiellement masculin, je ne doute pas que de mentionner la blague qu’on peut faire avec le prénom Véronique génère des éclats de rire, devoir répondre à la question de Fléchette « Papa, j’ai pas compris », c’est autre chose. Je ne parle pas du fait de se moquer du prénom de telle spectatrice, des autres blagues lourdingues et sexistes, ou de frôler d’un air explicite les jeunes femmes qui ont accepté de monter sur scène.

Et la magie dans tout ça ? Des tours déjà vus ici et là, souvent bien exécutés, c’est vrai.

De la magie un vendredi à 20h00, j’avais emmené OliveOyl, Baroudeur et Fléchette, je le regrette vraiment. Et, pour la première fois de la saison, je regrette l’achat de ces billets. Parce que dans ce spectacle, il n’y avait aucun moment de grâce.

A l’Apollo Théâtre jusqu’à fin juillet.

Le site d’Antonio le Magicien

 

La grenouille avait raison – La compagnie du Hanneton

Une fois encore, James Thiérrée et la Compagnie du Hanneton m’ont fait rêver, avec La grenouille avait raison, leur nouveau spectacle. Une fois encore, j’ai assisté à un spectacle onirique, je suis entré dans la salle, j’ai ouvert les yeux, et j’ai rêvé, rêvé d’un monde où les lois de la mécanique ne s’applique pas, où seule la gravité du destin existe.

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Jessica Gabrielle – Café de la Danse

Jessica Gabrielle en voix-guitare ? J’avoue, j’étais curieux, habitué à l’entendre avec son groupe. J’ai la réponse, j’ai été séduit.


Au Bus Palladium, Jessica Gabrielle avait mis le feu, entrainant son public – et celui des autres – dans un rythme insensé, il était impossible de rester immobile. Au Café de la Danse, mes émotions n’avaient rien à voir, les titre s’enchainaient, je regrettais de n’avoir personne à côté de moi avec qui échanger un regard, à qui serrer la main, à bousculer d’un coup de bassin.

Jessica Gabrielle chante l’amour, ses amours, ses amours et ses blessures. Avec une voix qui répond à son âme, parfois ingénue, cristalline et fragile, parfois solide, soul, venant des tripes. Voilà un instant intimiste, qui donne envie de se regrouper autour d’elle sur la scène, se serrer les uns contre les autres pour se réchauffer le corps, le coeur. Voilà sa voix qui prend son ampleur, la voute se couvre d’étoiles, le monde est à elle.

Un set trop court, mes airs fétiches sont là, Give It All, Goodbye, Crazy, Run. Des instants, des instants dans lesquels la salle se retrouve.

L’avantage ? dans cette configuration on saisit le sens des paroles, légères… ou pas.

Jessica Gabrielle, retenez ce nom, quand vous le verrez sur une affiche, votre âme saura où se réchauffer.

Igudesman & Joo – Olympia

J’avoue, je suis fan d’Igudesman & Joo, j’ai vu leur premier spectacle 3 fois, j’avais trouvé que le deuxième ne se renouvelait pas vraiment. Avec Play it Again, j’ai été servi.

L’idée de Play it Again, c’est de reprendre les morceaux joués en rappel de A Little Nightmare Music et de And Now Mozart, adaptés à chaque pays, et d’en faire un spectacle. Il y a plus de travail sur le contexte, et moins sur la musique, ce spectacle met en avant les qualités de linguiste de Joo, les grandes qualités d’acteur de Igudesman, appuyées, bien sûr, sur leurs talents d’instrumentistes, ils se sont rencontrés à l’âge de 12 ans, à l’école de Yehudi Menuhin.

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La résistible ascension d’Arturo UI – Comédie Française

Arturo Ui dans la salle Richelieu, je m’attendais à avoir le sang glacé à la fin de la pièce.

Avec La résistible ascension d’Arturo Ui, Bertolt Brecht transfigure la prise du pouvoir en Allemagne par Adolf Hitler. Sans éviter les sujets qui peuvent fâcher, a-t-il pris, le pouvoir, ou a-t-il été mis au pouvoir, et par quels intérêts. La pièce est presque entrainante, comme un spectacle de foire, on pourrait presque s’attacher à Ui, jusqu’à la scène finale, qui doit glacer le sang, attention la bête est encore vivante, le même ventre peut enfanter à nouveau.

J’ai trouvé que la mise en scène de Katharina Thalbach forçait trop ce trait du spectacle de foire, tombait dans la caricature, avec ses personnages au masque du Joker de Batman à la mode Tim Burton. Du coup on sait qu’il va perdre, le Joker perd toujours, qu’il se réincarnera à l’épisode suivant, pour perdre à nouveau. Et donc on passe à côté du message de méfiance de la scène finale.

Au delà, j’ai passé un excellent moment, la mise en scène est superbe, les acteurs sont grands chacun dans leur rôle, le dispositif scénique prend son ampleur dans l’espace immense de la scène (belle idée que ce filet – toile d’araignée, mais qui est vraiment à l’affut). Mon vrai regret reste de n’avoir reçu qu’avec mon cerveau cette pièce que je crois tripale, dont j’attendais qu’elle me fige le sang.

A la Comédie Française en fonction de l’alternance

Deux âmes en noir sur un toit blanc – Folie Théâtre

Certaines pièces (La Femme du Boulanger par exemple) valent le coup pour leur scène finale, et c’est le cas de Deux âmes en noir sur un toit blanc, que donne la troupe Les Serges à La Folie Théâtre, qui vous amène petit à petit à un moment d’émotion vraie que le public a pris le temps d’avaler à coup de longs applaudissements.

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