Les Amis du Placard – La Folie Théâtre

Dimanche 24 septembre, Gabor Rassov sera à La Folie Théâtre pour débattre autour de sa pièce Les Amis du Placard, et je vais regretter, maintenant que j’ai vu la pièce, de ne pas pouvoir assister à ce débat.

En sortant de la représentation, j’étais perturbé, perplexe, je n’avais pas vu ce que je croyais aller voir. Une nuit passée dessus, je suis toujours perturbé, perplexe. Perturbé par ce que j’ai vu. Perplexe devant mes propres réactions.

Placard

« Dans la société imaginée par Gabor Rassov, et qui nous rappelle étrangement la nôtre, il est possible de s’acheter des amis. Une fois achetés, ces amis se doivent contractuellement d’assouvir vos envies et vos désirs. Bref, de vous plaire, sous peine d’être renvoyés au fournisseur. En toute amitié, bien sûr. » Je m’attendais à rire, et, j’avoue, à rire gras. J’ai ri. Jaune. Noir. Pour évacuer.

Le propos des Amis du Placard est clair, il se dévoile petit à petit. Le texte  de Gabor Rassov a une direction précise, il sait où il va, et emmène le public sans aucun détour, sans brouiller aucune piste. La mise en scène de Cédric Weber est tout aussi précise, elle soutient efficacement le propos.

Deux couples d’acteurs, les possédants et les possédés. La encore, le jeu est précis, contrôlé. J’ai d’abord été gêné par le jeu d’Alexandra Causse et de Johan Coste, je ne ressentais rien quand celui d’Hélène Phénix et Morad Tacherifet me touchait, me prenait aux tripes. J’ai aimé les uns au premier instant, détesté les autres au fil de la pièce. Comment faire différemment ? N’est-ce pas ce que veut l’auteur ?

Le propos de la pièce est perturbant, sommes-nous proche de cette société là ? Si la réponse est oui, c’est terrifiant. Je me rassure en me disant que pour l’instant, ce n’est que sur les réseaux sociaux qu’on peut s’acheter des amis.

Oui, vous pouvez aller voir la pièce. Mais n’y allez pas seul, allez-y avec une compagnie avec qui vous pourrez échanger en sortant. J’y suis allé avec Baroudeur, il a vu et compris beaucoup de choses, là je suis content que le sens de la pièce lui ait échappé, quand on est sortis, il n’a pas, pour une fois, réclamé de dîner au Cent Kilos, il voulait rentrer.

A La Folie Théâtre jusqu’au 12 novembre 2017 – vendredi et samedi à 20h00; dimanche à 18h30

PS : je me souvenais d’avoir déjà apprécié le jeu de trois des acteurs, je les avais vus sur cette même scène l’été 2016 dans Cuisine et dépendances / Un air de Famille, une belle compagnie que l’heur du T

La Vraie Vie – Théâtre Edouard VII

S’il ne fallait qu’une seule raison de voir la pièce, ce serait la performance d’Anne Benoit dont le rôle est presque muet et que j’ai regardée avec fascination pendant toute la pièce.

lavraievie

La vraie vie s’annonce comme un vaudeville contemporain écrit par Fabrice Roger-Lacan et mis en scène par Bernard Murat où contretemps et quiproquos sont les révélateurs des névroses en quête d’une vérité qui se paye leur tête. Je n’ai pas vraiment ressenti ça en assistant à la représentation. Un vaudeville, des quiproquos, des contretemps, j’attends du rythme, une pièce qui pétille, des rebondissements qui partent dans tous les sens.

J’ai vu une pièce plutôt amusante, qui vaut plus par le jeu des acteurs que par la force de son texte.

Guillaume de Tonquédec fait le job, il fait du Guillaume de Tonquédec en s’amusant, ça se sent, ça lui va bien. Le jeu de Léa Drucker, tout en finesse et en retenue, va parfaitement avec son personnage.

Surtout, surtout, j’ai apprécié le jeu d’Anne Benoit (que j’avais vue sur cette même scène dans Couple il y a quelques mois). Son rôle est presque muet, son jeu fait de gestes, de mines m’a impressionné, il y a eu des moments où j’ai cessé de suivre l’action pour la voir tellement elle était lumineuse. Bref je l’ai trouvée magique, je pourrais retourner voir la pièce pour ne plus regarder qu’elle.

Une pièce intéressante, à voir, vous l’avez compris, pour le jeu d’Anne Benoit.

Théâtre Edouard VII du mardi au samedi à 21h00, samedi 17h00, dimanche 15h30