Les Rostand – La Folie Théâtre

Un hymne aux femmes douées qui se mettent en retrait pour soutenir leur mari, les angoisses de l’auteur et la façon dont son succès peut bloquer sa création, voilà le bijou que m’a conté avec autant de doigté que de finesse la compagnie Intersignes à La Folie Théâtre.

Rostand

A cause de son sous-titre « La genèse de Cyrano », j’avais un peu peur, en allant assister à cette représentation de Les Rostand, de voir une sorte d’ersatz d’Edmond. Dès les premiers instants, on est dans les instants qui précèdent la première de Chanteclerc, j’ai compris que ça n’était pas le cas, que le sous titre n’avait pas lieu d’être.

Les Rostand, c’est un pêle-mêle, un ensemble d’instants représentés sans chronologie, des moments de la vie d’Edmond Rostand, de Rosemonde Girard, surtout sa femme. Comment elle a toujours été là pour le soutenir, pour l’aider, le comprendre. Pour recevoir ses angoisses. Comment elle a mis en retrait son propre travail pour ce faire. Comment elle a utilisé sa force pour sécuriser les failles de son mari. Comment, plus tard, la femme s’est effacée devant la mère, exposant ses enfants au monde quand son créateur bloqué de mari limitait son univers à l’horizon d’Arnaga. Ou comment elle savait être, quand son mari cédait au charme de telle ou telle actrice forcément renommée.

Vincent Arnaud est excellent dans son jeu, c’est nécessaire pour exister face à Charlotte Michelin, que j’ai trouvé, ce soir là, fantastique. Il faut dire que, dans son jeu, ses mines, ses postures, beaucoup, dans son rôle, un peu, elle m’a rappelé ma cousine chérie, je l’ai vue, présente, sous mes yeux, comme elle était il y a… disons quelques années. Tous les deux jouent juste, ressentent leurs intentions au fond de leurs âmes, de leurs tripes, de leurs cœurs, je suis entré dans la pièce, entré dans l’empathie, ils ne m’ont pas lâché.

La pièce s’appuie sur la vie d’Edmond Rostand, sans trop s’en éloigner (est-ce Rosemonde qui a fini par quitter Edmond, est-ce le contraire, ou est-ce l’éloignement ?).

Dans Les Rostand, j’ai tout aimé. Le texte et la mise en scène de Philippe Bulinge. Les thèmes abordés, et les parti-pris. La façon d’évoquer, par quelques tirades, chacune des pièces de Rostand (c’est comme ça, quand j’entends la tirade de la Rôtisserie des Poètes, je craque totalement). Le jeu des deux acteurs.

Ce soir là, la pièce était introduite par Philippe Bulinge, il méritait, comme Charlotte Michelin et Vincent Arnaud, l’enthousiasme de la salle.

Vraiment, je trouve que cette pièce est un bijou, que l’écrin de la Petite Folie crée une proximité qui lui va parfaitement.

A La Folie Théâtre jusqu’au 3 juin, vendredi et samedi à 19h30.

Le site de la compagnie Intersignes.

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