Ouragan catégorie 5 – La Folie Théâtre

J’ai vu une superbe pièce, hier soir, Ouragan Cat 5 à La Folie Théâtre, mais surtout j’ai été subjugué par le jeu de Candice Méchaly, tout en pudeur et en retenue, la colonne vertébrale de la pièce écrite et mise en scène par Nicolas Rocq.

Ouragan

La pièce se passe dans le salon du Muriel’s, un hôtel du Vieux Carré, à La Nouvelle Orléans, le soir de l’ouragan Katrina. 5 personnes (mais le saxophoniste ne parlera pas) se retrouvent enfermées dans une ambiance de fin du monde, face à des inconnus, face à elles-mêmes.

Chacun à son tour va revisiter son histoire, le moment fondateur de son existence, ce moment où sa vie a basculé, vivre son regard sur lui même, le regard des autres. Un homosexuel travesti, une alcoolique violente, un pédophile (ou pas), une jeune femme qui vit une succession d’abandons.

Nicolas Rocq, qui signe le texte et la mise en scène, qui joue le travesti, expose, ne juge pas, et la perspective qui se crée est celle du spectateur qui éprouve peut-être plus d’empathie pour un destin que pour un autre.

La pièce évite de tomber dans le pathos, dans l’apitoiement, ou dans le jugement. Même si c’est la fin du monde, ce n’est pas un tribunal, ce sont quatre personnes qui se livrent comme elles sont, quatre inconnus qui apprennent à se connaître. Je me suis laissé emporter par ces quatre êtres en perdition dans cet apocalypse. Je me suis attaché à chacun d’eux.

La mise en scène est adroite, qui joue de l’endroit, qui bascule en un instant dans des feed backs bien réglés. Peut-être gagneraient-ils à maîtriser leurs cris (on peut crier sans hurler), et à rendre le plateau sec à la fin de la pièce (sinon les directeurs de théâtre vont les détester), ces détails vont se régler rapidement, et la petite flamme finale s’allumera.

Je le redis, j’ai été subjugué par le jeu de Candice Méchaly, colonne vertébrale de la pièce, celle qui donne le ton, parce qu’elle fait du bon café, l’essentiel pour faire un bon café, c’est le sourire.

La salle a longuement et chaleureusement applaudi. A la sortie de la pièce, c’est bien d’avoir quelqu’un avec qui échanger, la pièce n’est pas pessimiste, elle est, et on a envie d’en parler.

A La Folie Théâtre jusqu’au 24 juin 2017, jeudi-vendredi-samedi 21h30

 

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