Dormez je le veux – Théo Théâtre

Dormez je le veux est une pièce en un acte de Feydeau. Justin, domestique, hypnotise monsieur Boriquet, son maitre, pour le faire travailler à sa place.

Les pièces en un acte sont courtes, la compagnie Saynète et sans bavure a pris le parti de l’allonger en ajoutant des chansons. Pourquoi pas. Mais il fallait interpréter ces chansons, et non les mimer en play back pendant 40 % du temps du spectacle.

Ajoutez à ça un jeu brouillon, un volume sonore non maitrisé, des costumes cheap, des mimiques surjouées et répétitives. À l’arrivée, une débauche d’énergie qui se dissipe dans un guignol désordonné qui fera surtout rire les amis des membres de la troupe. Et les enfants jusqu’à la sortie du primaire, Baroudeur a adoré.

Je sauverais l’actrice qui jouait Francine, au dessus du lot.

Au Théo Théâtre.

Tant qu’il y aura des coquelicots dans les champs de blé – Tremplin Théâtre

Un homme est assis confortablement, il lit goulument. Il va nous ramener à ses dix ans, au moment où Mademoiselle Mansart, institutrice remplaçante, va lui apprendre la lecture, celle où on s’interroge, celle où les mots nous entrainent sur le toboggan des émotions. C’est au Tremplin Théâtre que j’ai vu cette pièce positive, savoureuse. Une pièce naturelle, pour tous, pour tous ceux qui ont l’esprit ouvert, pour ceux qui ont juste besoin d’un instant positif.

coquelicots

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Cendrillon et autres contes – Théo Théâtre

Au Théo Théâtre, la compagnie Oghma vous invite à un voyage dans le temps, entendre quatre contes de Perrault tels qu’ils se disaient à l’époque. Le texte de l’époque, la langue de l’époque, l’éclairage de l’époque. Un voyage qui vaut le coup, mis en scène par Charles Di Meglio, avec un grand bravo au jeu d’Elsa Dupuy.

cendrillon

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Mademoiselle – Théâtre du Marais

Mademoiselle sort de scène, c’est sa dernière représentation, elle nous raconte sa vie, son histoire, ses espoirs. Sans pathos, elle nous transmet sa leçon de vie, l’essentiel, ce n’est ni la gloire ni l’argent, c’est le respect et l’amour des autres. Un beau spectacle, généreux et tendre, qui m’a réchauffé le cœur

mademoiselle

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Cyrano de Bergerac – Comédie Saint Michel

Cyrano de Bergerac joué par 6 clowns, c’est un pari, un pari superbement réussi de la compagnie Parpadou qui le donne à la Comédie Saint Michel, je suis sorti scotché et ému. Ils ont osé ce parti pris, osez aller les applaudir, ils méritent un triple bravo.

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L’Opéra Panique – Théâtre Darius Milhaud

Pourquoi Panique ? En l’honneur du dieu Pan, le dieu de l’amour, de l’humour, et de la confusion. Avec la touche de Non Sense qu’y ajoute l’Ours à Plumes, je me suis laissé emporter dans une succession de rêves, chaotiques et démesurés, avec une touche de brutalité amoureuse.

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Le texte est d’Alejandro Jodorowsky, oui, le scénariste de BD (les Meta Barons, les Technopères…), le porteur d’une adaptation onirique mais avortée de Dune au cinéma, un texte surréaliste, quinze petites scènes, quinze situations, quinze histoires, dans chacune les personnages sont placés face à une mécanique implacable à laquelle ils ne peuvent échapper.

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Légende d’une vie – Théo Théâtre

Un ange passe au Théo Théâtre, et vous avez sacrément intérêt à aller le voir, dans 10 ans vous pourrez dire « Vous savez, je l’ai vu quand il avait 25 ans ».

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Légende d’une Vie est une des rares pièces de Stefan Zweig, je l’ai découverte hier. Je reste souvent froid devant les textes de Zweig, que je trouve surannés, pourtant je suis rentré immédiatement dans ce texte, qui dépeint les pratiques d’une époque révolue, quand les mariages se faisaient pour allier position sociale, fortune et nom, quand les vieilles douairières tenaient avec une force violente l’image de la perfection familiale, au prix de la dissimulation de nombreux secrets. J’ai aimé la façon dont Légende d’une Vie aborde le sujet, la pression sociale sur le fils d’un poète célèbre (je ne peux m’empêcher de penser au sort du fils de Rudyard Kipling, pour qui avait été écrit Tu Seras Un Homme Mon Fils) à qui a été imposée une première lecture publique de ses poèmes, la découverte progressive de sa passion pour une cousette, la découverte progressive des pans cachés de la vie de son père, jusqu’à ce passé ressurgisse, jusqu’à ce que la vérité apparaisse, jusqu’à ce que l’image du père s’humanise, jusqu’à ce que chacun puisse enfin assumer son destin.

En voix off, un Patrick Poivre d’Arvor joue son rôle de journaliste pompeux qui sait surtout s’écouter parler, c’est précieux pour l’image de la pièce, ça lui donne de la visibilité.

Légende d’une Vie est produit par la Compagnie Thylen, sur scène, c’est Lennie Coindeaux, et Caroline Rainette. Elle a traduit et adapté le texte (c’est donc elle que je dois remercier pour avoir peigné la langue et la rendre actuelle !), ils signent la mise en scène, ils jouent. Ils jouent bien. Vraiment bien.

J’ai été bluffé par le jeux de Lennie Coindeaux. Retenez bien ce nom. Il a 26 ans, il joue de façon magistrale. J’ai eu l’impression, hier soir, de voir un comédien mûr, mature, expérimenté. Il est encore tout jeune, il joue comme si il avait l’expérience d’un Francis Huster à 40 ans, au sommet de sa carrière. Il est dans le rôle dès le premier instant, ne le quitte pas un instant, il joue bien, juste. C’est pour recevoir ce genre de cadeaux que je vais dans les petites salles, pour sortir de la salle le souffle coupé par ce que je viens de voir, de recevoir, et là… juste waow.

J’ai bien sûr apprécié la mise en scène, son adaptation à l’espace particulier du Théo Théâtre. Et le travail sur les lumières, qui vient soutenir chacun des moments de la pièce.

Hier soir, c’était leur sixième représentation. Il jouent jusqu’au 17 février, les jeudi et vendredi à 21h00. Il vous reste 8 chances d’aller les voir. Ne les laissez pas passer.

A la fin de la pièce, applaudissez. Et applaudissez encore. En sortant, félicitez les, ils sont professionnels jusqu’au bout, le temps que vous remontiez, ils sont là pour vous saluer, vous remercier.

Lennie, Caroline, vous méritez un triple bravo, vous méritez une grande carrière.

Le site du Théâtre

Le site de la compagnie

Le spectacle est éligible aux P’tits Molières.

Hobobo – Ciné 13 Théâtre

Hobobo, quatrième fois ? Oui, et je ne regrette pas de l’avoir revu, avec une salle différente des précédentes.

Tout est venu de Fléchette, à qui Baroudeur a raconté le spectacle dans tous les sens, lui l’a vu deux fois, et qui m’a demandé de l’emmener, pour une fois aller voir un spectacle adulte juste elle et moi.

Je l’avais vu au tout début, avec une pèche fantastique, une deuxième fois avec une petite salle un peu endormie, une troisième fois avec une moyenne salle regroupée et énergique. Ce soir, c’était une salle de dimanche en fin d’après midi, presque comble, et pleine d’enfants. Ca m’a fait plaisir de voir qu’autant de parents emmènent leurs jeunes enfants voir cette pièce, qui ne leur est pas a priori destinée.

Un enfant a cette caractéristique de tout prendre au pied de la lettre, quand Patrick de Valette pose une question rhétorique, les enfants répondent, quand il évoque l’Homo Sapiens, une petite voix précise qu’il s’agit de l’Homo Sapiens Sapiens, mais la petite voix ne réagira pas au nom d’Adam Smith. Parfois, après l’intervention d’un enfant, il faut arriver à reprendre le fil, et quand c’est fait avec humour, c’est savoureux.

La salle riait, répondait, renvoyait. Et moi j’ai revu avec un plaisir non dissimulé la bactérie en pleine descente d’acide, la danse moderne, la séquence CroMagnon, toutes les séquences, en fait, j’avais beau savoir qu’elles arrivaient, elles me prenaient encore par surprise, et je riais, comme Fléchette riait, elle attendait quelques moments précis racontés par son frère, qu’elle s’est empressée de lui raconter dès qu’on est rentrés.

Le fil conducteur ? Hubert O’Taquet répond aux questions existentielles, d’où venons-nous, où allons-nous. Il y répond d’une façon totalement barrée, qui ferait passer les maîtres du non sense pour des étrangers égarés sur la dalle Montparnasse un soir de pluie verglaçante, je suis à nouveau ressorti de la salle plein d’optimisme et de joie, comme si le monde avait, malgré tout, un peu changé.

Si vous vous posez encore la question d’aller voir le spectacle, je ne peux que vous recommander de vous dépêcher, parce qu’il vous restera peu de temps pour aller le revoir, et que tous ceux qui sont allés le voir sur ma recommandation en éprouvent aussi l’envie.

Le site du théâtre

Hobobo est éligible aux P’tits Molières.

Laura Elko Enfin Vieille – BO Saint Martin

C’est du bon gros humour, un peu graveleux et efficace, c’est pas trop mon genre de beauté, mais il faut reconnaître que ça marche, la salle est pleine, et elle pétille d’éclats de rire.

De la naissance à la vieillesse, la vie (à venir) de Laura Elko, avec au passage l’impersonation d’une conseillère d’orientation plus vraie que nature, ou un touchant numéro de ventriloque avec un doudou.

Laura Elko a l’énergie généreuse, elle chante (bien et juste, elle a une belle voix), elle occupe son espace, prend des accents, joue avec son public (là c’est limite Maîtresse Laura, dominatrice en son donjon), se fait pardonner avec un morceau de gâteau réservé au premier rang (je l’ai trouvé bon, à 23h00, le morceau était un peu gros, générosité, vous dis-je).

A nouveau, je ne suis pas rentré dans le truc, mais si vous aimez le genre, ne vous en privez pas, c’est bien fait, ça marche, ça remplit la salle, ça la réjouit, et finalement c’est ça le plus important.

Le site du théâtre

La page FB de la comédienne ( il parait qu’on y trouve la recette du gateau, je ne l’ai pas trouvée)