Dormez je le veux – Théo Théâtre

Dormez je le veux est une pièce en un acte de Feydeau. Justin, domestique, hypnotise monsieur Boriquet, son maitre, pour le faire travailler à sa place.

Les pièces en un acte sont courtes, la compagnie Saynète et sans bavure a pris le parti de l’allonger en ajoutant des chansons. Pourquoi pas. Mais il fallait interpréter ces chansons, et non les mimer en play back pendant 40 % du temps du spectacle.

Ajoutez à ça un jeu brouillon, un volume sonore non maitrisé, des costumes cheap, des mimiques surjouées et répétitives. À l’arrivée, une débauche d’énergie qui se dissipe dans un guignol désordonné qui fera surtout rire les amis des membres de la troupe. Et les enfants jusqu’à la sortie du primaire, Baroudeur a adoré.

Je sauverais l’actrice qui jouait Francine, au dessus du lot.

Au Théo Théâtre.

Antonio le Magicien – Apollo Théâtre

Je cherchais un bon spectacle de magie à aller voir en famille, je n’ai pas trouvé ce que je cherchais dans le spectacle d’Antonio le Magicien à l’Apollo Théâtre.

A sa décharge, c’était la première du spectacle, il semble que c’était sa toute première prestation dans une salle de spectacle avec des spectateurs payants, lui qui depuis 25 ans anime des séminaires d’entreprise, fait des passages sur des chaines de télévision, a – parait-il – été L’Incroyable Talent français il y a peu. Il l’a dit en arrivant, je ressentais sa nervosité, il échangeait avec son (producteur ? metteur en scène ?) pour savoir où il en était du temps.

A l’entendre, je ne doute pas qu’il fait merveille dans un séminaire de commerciaux, à détendre l’atmosphère entre chaque présentation, avec des blagues adaptées à l’auditoire, en se moquant de cet auditoire.

Un spectacle, c’est différent. Ce ne sont pas des individus qui sont payés pour écouter et à qui on offre quelques blagues, moqueries et tours pour les détendre, ce sont des couples, des amis, des familles, qui ont payé leur place et qui attendent un spectacle de qualité.

Au delà du rythme (le spectacle se trainait, les tours ne s’enchainaient pas), ce sont les blagues, l’interaction d’Antonio avec la salle, son comportement avec les jeunes femmes qu’il a fait monter sur scène qui m’ont gêné.

En séminaire face à un groupe essentiellement masculin, je ne doute pas que de mentionner la blague qu’on peut faire avec le prénom Véronique génère des éclats de rire, devoir répondre à la question de Fléchette « Papa, j’ai pas compris », c’est autre chose. Je ne parle pas du fait de se moquer du prénom de telle spectatrice, des autres blagues lourdingues et sexistes, ou de frôler d’un air explicite les jeunes femmes qui ont accepté de monter sur scène.

Et la magie dans tout ça ? Des tours déjà vus ici et là, souvent bien exécutés, c’est vrai.

De la magie un vendredi à 20h00, j’avais emmené OliveOyl, Baroudeur et Fléchette, je le regrette vraiment. Et, pour la première fois de la saison, je regrette l’achat de ces billets. Parce que dans ce spectacle, il n’y avait aucun moment de grâce.

A l’Apollo Théâtre jusqu’à fin juillet.

Le site d’Antonio le Magicien