Alexis Michalik le magicien de la mise en scène et des émotions a encore frappé, et il a frappé fort et juste avec Intra Muros au Théâtre 13.

Alexis Michalik le magicien de la mise en scène et des émotions a encore frappé, et il a frappé fort et juste avec Intra Muros au Théâtre 13.

12 projecteurs à la lumière caustique, 12 coups de pinceaux aux couleurs tendres, voilà les 12 pièces très très courtes données par la compagnie Sevane à la Comédie Nation.

Mademoiselle sort de scène, c’est sa dernière représentation, elle nous raconte sa vie, son histoire, ses espoirs. Sans pathos, elle nous transmet sa leçon de vie, l’essentiel, ce n’est ni la gloire ni l’argent, c’est le respect et l’amour des autres. Un beau spectacle, généreux et tendre, qui m’a réchauffé le cœur

Un univers qui chancelle, un entourage qu’on ne comprend plus, une vraie raison d’angoisser, mais la vie est généreuse, à la fin elle vous récompense, en tout cas c’est la leçon que j’ai tirée en assistant à cette représentation de La Récompense au théâtre Edouard VII.

Quatre femmes, cinq hommes, neuf personnes désignées par le sort pour être jurés du procès de Karim Bourdon entrent en délibération. Voilà ce que nous fait vivre la pièce de Stéphane Guérin au Théâtre 13, jouée par Le Petit Théâtre de Pain.

J’ai pris un vrai plaisir à rire du début à la fin de Folies Mania à la Comédie Nation. Du bon rire qui fait du bien, du rire de bon goût, mélange de cabaret et de music-hall. Une sorte de Flying Circus à la française, l’enfant bonhomme des Monty Python pour l’univers burlesque et saccadé, de Raymond Devos pour l’absurdité des mots.

Un voyage dans le temps. La compagnie Oghma m’a fait faire un voyage dans le temps, hier soir, au Théo Théâtre, avec cette représentation étrange d’Amphitryon.

Cyrano de Bergerac joué par 6 clowns, c’est un pari, un pari superbement réussi de la compagnie Parpadou qui le donne à la Comédie Saint Michel, je suis sorti scotché et ému. Ils ont osé ce parti pris, osez aller les applaudir, ils méritent un triple bravo.

Julie Duchaussoy a pris le parti, pour la mise en scène du Roi se meurt, d’un roi jeune, encore en pleine forme, ça donne une version énergique, dynamique de la pièce, quand la mort frappe un homme, un univers, qui devraient encore avoir la vie devant lui, et dont l’univers va se glacer, se lézarder, s’effondrer en 90 minutes.

Histoires d’hommes, en fait, ce sont des histoires de femmes, une femme qui raconte des histoires de femmes, des émotions de femmes, amour, peur, colère, et les hommes ne sont jamais bien loin.

Emmanuel Chaunu, le dessinateur de Ouest France et de l’Union de Reims, vient chaque mardi croquer l’actualité au Théâtre Montmartre-Galabru dans un show pétillant et savoureux.

Sentiment mitigé à la sortie de ce Passage en Revue qui mêle le chant, la danse pas classique et le texte, pour donner les confidences d’Estelle Danière, ancienne meneuse de revue des Folies Bergères, de l’Alcazar.
Un spectacle onirique qui rêverait la façon dont Alice (celle du livre) est née de l’imagination de Charles Dodgson (alias Lewis Caroll) et de ses lettres à Alice (la fille du Doyen ) ? Le voilà, il est à la Comédie Nation.

Irma rit Rose, c’est d’abord un spectacle truculent, qui enchaine les caricatures et les bons mots sur un rythme échevelé, on suit la vie de Stéphanie, célibataire, celle de son amie Noémie, surtout… voilà Melchior et Balthazar, les enfants, Paul, le mari, Simone, la tante, tout un petit monde qui va converger pour un réveillon fédérateur, avec le pote slameur, la fiancée décérébrée…

Tout commence dans un appartement, Juliette sonne à la porte, réveille Ludo et Pedro, qui émergent d’une soirée bien arrosée. Pedro part s’installer avec Juliette, Ludo son colocataire va tenter de s’y opposer.

Hier, j’ai vu Fabrice Luchini sur scène. Enfin, j’ai vu Olivier Sauton être Fabrice Luchini, et c’était une superbe mise en abîme.

Pourquoi Panique ? En l’honneur du dieu Pan, le dieu de l’amour, de l’humour, et de la confusion. Avec la touche de Non Sense qu’y ajoute l’Ours à Plumes, je me suis laissé emporter dans une succession de rêves, chaotiques et démesurés, avec une touche de brutalité amoureuse.

Le texte est d’Alejandro Jodorowsky, oui, le scénariste de BD (les Meta Barons, les Technopères…), le porteur d’une adaptation onirique mais avortée de Dune au cinéma, un texte surréaliste, quinze petites scènes, quinze situations, quinze histoires, dans chacune les personnages sont placés face à une mécanique implacable à laquelle ils ne peuvent échapper.
Lire la suiteNoces de sang, c’est l’histoire d’une mère que le sort a privé de son mari, de son fils ainé, qui vit pétrifiée à l’idée de perdre son second fils. C’est l’histoire d’une jeune femme, que son père veut marier pour gagner des terres et des bras. Une jeune femme qui n’a pas oublié son premier amour, mais il n’apportait pas de terres.
C’est une époque, quand des générations successives mères décharnées prévenaient leurs filles des brulures de l’amour. Et, génération après génération, elles se brulaient.
Noces de sang, c’est la vie, la vie c’est l’amour, la violence, la mort. Vida, pasion y muerte.

Jessica Gabrielle a réveillé le Bus Palladium, samedi soir, et elle y a mis le feu.

Il faut avouer que ça ronronnait un peu, deux sets soporifiques indignes d’un festival folk de sous préfecture avaient endormi la salle, l’ingénieur lumière, jusqu’au diable rouge qui animait la soirée et s’inquiétait d’un éventuel abus de tranquillisants dans les boissons.
Quand Jessica Gabrielle est arrivée, avec un set très pro, parfaitement réglé, elle a envoyé du lourd, et ça faisait du bien à tout le monde, on bougeait, les lumières se sont animées, la vie a repris dès les premières mesures de l’impro. Enfin elle est entrée sur scène, sa voix a pris son ampleur, ses teintures soul, c’est devenu magique.
Elle s’appuie toujours sur la rythmique et les voix de Leo Anabia à la batterie, et Alexeï Derevitsky à la basse, et sur le clavier enchanté de Pierre Van De Walle. Mathias Di Giusto a rejoint le groupe, il lui apporte son jeu teinté rock et ses superbes solos de guitare.
Dans le set, il y avait tout Jessica Gabrielle, des titres figurant sur les EP Now you know (2014) et Run (2016), des titres plus anciens, et quelques titres de son album à venir le 17 avril prochain, réservez-le déjà 😉
Avec l’arrivée de Mathias Di Giusto, le son a évolué, il a pris une énergie revigorante, j’ai vraiment beaucoup aimé, c’est plus rock, toujours pop, sans avoir oublié les teintures soul, en particulier quand la voix de Leo Anabia vient renforcer celle de Jessica.
Samedi soir, Jessica Gabrielle était une rock star, pour un public enflammé qui en voulait encore.
Le site de Jessica Gabrielle et sa page Facebook
Merci à Charles Combarel de Colligence qui m’a transmis cette superbe photo de Ellison Photography. Rock star ? Rock star !
Laura est de Mauléon, Maëlys est de Saint Palais, et Manon est d’Hendaye. La Soule, la Basse-Navarre, le Labourd, les trois provinces françaises du Pays Basque sourient quand elles chantent, au Pays Basque on chante en harmonie, elles chantent bien, et en souriant.

Les Copines revendiquent un répertoire qui fait le grand écart, entre chansons Trad et chansons Crade, qui se rejoignent dans le souvenir plus ou moins nostalgique des bons moments de la vie.
Les chansons Trad, ce sont des chants du Pays Basque, qui chantent la montagne, l’amour, le vent qui passe. Elles chantent en Souletin (pour le plaisir des oreilles des connaisseurs) entonnent les grands moments du répertoire. Elles ont également importé et traduit des airs folkloriques venant d’ailleurs, entendez le Béarn voisin, et les donnent avec entrain.
Un entrain contagieux, d’ailleurs, au Pays Basque, on chante, on boit, on fait la fête, on est heureux, généreux, on célèbre, et si la célébration prend le pas sur l’occasion, on le fêtera aussi.
Les chansons Crade, c’est le répertoire paillard qu’on s’attend plus à trouver dans les salles de garde, celles des médecins ou des casernes, qu’on est presque surpris d’entendre dans la bouche de jeunes femmes souriantes. Forcément, c’est un peu plus clivant que les chansons Trad… mais reprendre un air fortement misogyne en le rendant mélodieux, c’est s’en moquer, se moquer de ceux qui le prennent trop au sens propre, non ?
Dans un bar de Montmartre, Les Copines avaient réuni quelques amis le temps d’un shooting, elles avaient besoin de photos pour leur promotion, d’un public à l’accent qui chante pour donner à ce petit coin de Paris des airs de Sud Ouest, évidemment ça a divergé, bien sûr le moment s’est transformé en un vrai concert impromptu, en une vraie fête.
Trois voix, trois tessitures, naturellement accordées, même quand elles soupirent c’est mélodieux. Laura, par ailleurs membre de Achille’s Family, est la plus grave, quand elles s’accordent, complices, la magie prend, l’harmonie polyphonique s’envole, et je me suis régalé.