Le journal d’une femme de chambre – La Folie Théâtre

Putain de belle pièce, et putain d’actrice. Pourtant j’en ai vues, mais des comme ça, jamais. Karine Ventalon m’a chopé par les tripes dès son entrée en scène, sans même prononcer un mot, et ne m’a pas laché avant que n’éclatent les salves d’applaudissement, elle aurait mérité qu’elles continuent.

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Mise en scène par William Malatrat, Karine Ventalon donne une Célestine différente de celles que j’avais pu voir. On n’est pas dans la manichéisme de la pauvre jeune fille exploitée par une classe possédante. Sa Célestine est délurée, elle a découvert qu’elle aime le sexe, et le pouvoir que cela lui donne. Les hommes abusent de sa Célestine, sa Célestine use des hommes, elle est manipulatrice, avec un zeste de perversité.

Il y a le parti pris de la pièce, et puis le jeu de Karine Ventalon.

Dans la petite salle de La Folie Théâtre, à deux mètres des spectateurs du premier rang, Karine Ventalon se met en danger, ose, s’expose. Elle multiplie les impersonations, les mimiques, les postures et les voix. Célestine est délurée, son jeu cru et sensuel la montre ainsi, le spectateur ressent plus qu’il ne comprend comment les hommes qui croisaient cette Célestine impitoyable n’avaient, au fond, aucune chance, si eux croyaient jouer un jeu, elle maîtrisait ce jeu. Si les mots couverts évoquent, le jeu montre sans équivoque, les actes sont mimés sans ambiguïté, appuyés sur une valise essentielle, la malle qui contient sa vie, la malle qu’elle est prête à faire à tout instant.

Le jeu et la mise en scène explorent un registre que j’ai rarement vu exposé, surfant sur la limite de la sensualité, sans franchir celles de l’érotisme ou du mauvais goût, un grand bravo pour avoir osé, un double bravo pour l’avoir fait, un triple bravo pour avoir réussi.

J’ai passé un excellent moment, la salle aussi, qui a applaudi à tout rompre dès le noir revenu.

La pièce se donne jusqu’à début mars, si vous n’avez pas une pudeur de chaisière, allez la voir. Si vous en avez une aussi, d’ailleurs.

Le site du théâtre

La page FB de la pièce

MessieuDames – La Folie Théâtre

Un tiers de vaudeville, un tiers d’angélisme, un tiers d’incitation à l’acceptation de l’autre pour ce qu’il est, un tiers de jeu maladroit, voilà ce que j’ai ressenti hier soir devant MessieuDames.

C’est l’histoire d’un secret de famille qui va se dévoiler, et tout finira bien. Si ce n’est que le secret, c’est que Joël est devenu Joëlle, le tout avec l’amour et les compromis de sa femme et de sa fille.

J’ai été touché par le sujet, les larmes des acteurs à la fin de la pièce. J’ai trouvé le texte un peu court, les situations parfois un peu rentre dedans.

Mais surtout la représentation s’est manifestement mal passée, les acteurs ne jouaient pas d’une façon fluide, se trompaient souvent dans le texte, dans les placements, il y avait du bruit dans la coulisse, c’était très bizarre, le quatrième tiers ne passait pas.

Bref je n’ai pas été convaincu

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Sara Baras – Théâtre des Champs Elysées

2017, année impaire, Sara Baras commence l’année à Paris, et le 03/01 je la commence avec elle, on a notre tradition maintenant. Elle est revenue avec Voces, le spectacle d’il y a 2 ans, amélioré, transcendé.

J’avais trouvé que Voces était un peu trop cérébral, un peu trop léché/beau, Sara Baras a convoqué les muses, qui ont compris en 15 secondes que toute résistance serait futile, et le spectacle a basculé du côté de la sensualité torride.

C’est pour ça que j’aime le Flamenco, et les spectacles de Sara Baras, c’est le sommet de cet art de la séduction, la face sévère, avant toute chose montre-moi que tu es digne de moi, que ta force égale la mienne, que je ne t’écraserai pas, et si tel est le cas, alors aime moi jusqu’au bout de la nuit, puisse cette nuit durer une vie, allons au bout de nos corps, allons au bout de la sensualité.

Dans Voces Sara Baras a convoqué les grands maitres (qui ont compris en 15 secondes que toute résistance serait futile), elle livre ses sensations, ses inspirations. Elle transcende, elle danse. Carmen ? en un tableau. Tim Ries au saxophone ? C’est parti pour quelques citations, détours, vers le monde des caveaux de Jazz, vers les tangos équivoques, 15 secondes, woaow, toute résistance etc…

Morceau de bravoure, Sara Baras en costume d’homme, seule dans le pinceau blanc de la poursuite, qui danse, et danse, pour nous. C’est beau, c’est sensuel, outrageusement sensuel, et quand la salle est digne d’elle, Sara Baras communie avec le public, oserai-je dire qu’elle seule sait faire l’amour avec une salle de 2.000 personnes sans que personne n’y trouve à redire ?

Le théâtre frémit, il n’est pas habitué aux applaudissements durant les morceaux, aux standing ovations entre les tableaux, mais au fond il aime ça, le théâtre, ça le change de la bonne éducation de son public habituel.

Bien sûr les robes tournent, virevoltent. Bien sûr la troupe danse, chante. Bien sûr ils s’amusent. Du coup le spectacle dure près de deux heures, quelle santé, et pourtant quand le rideau est finalement tombé, j’en aurais voulu encore.

Un mot sur la lumière, partie intégrante du spectacle, qui la suit au millimètre et à la milliseconde, quand on est loin, la pénombre est un peu forte (mais j’ai vraiment pris l’habitude du premier rang). C’était juste pour trouver un petit truc pour démontrer mon impartialité.

Quand Sara Baras est à Paris le 3 janvier, je ne tente même pas la futilité d’une résistance de 15 secondes, elle est sur scène, je suis heureux.

See you le 03/01/19, Sara. Hasta Luego.

Le site du théâtre

Le site de la compagnie Sara Baras

 

Bilan 2016

C’est l’heure des bilans ? Allons-y. Je viens de repasser la liste des spectacles vus cette année, il y en a 155. Avec forcément des mauvais souvenirs, et malheureusement des absences totales de souvenirs, des pièces que j’ai vues, et même en faisant un effort, je ne me souviens de rien.

En haut du podium, hors catégorie, Le Conte d’Hiver, vu au Théâtre 13. Avec Baroudeur, on l’a vu 3 fois en 15 jours, et on regrette de ne pas l’avoir vue encore. Je crois que je suis tombé amoureux, amoureux d’une pièce de théâtre, du coup j’ai compris que l’amour impossible pouvait exister, compris comment un cœur perdu pouvait aller acheter son pain à l’autre bout de la ville pour simplement sentir le parfum de celle qu’il aime et qui ne l’aimera jamais. Evidemment, je n’irai pas à Andrézieux-Bouthéon (oui, la ville de L’Echo de la Fouillouse), mais à Pontault-Combault, à Chevilly-Larue… c’est là, si vous voulez venir.

Maintenant que j’ai triché… passons au podium.

Sur mon podium, je voudrais mettre 3 salles, parce qu’une salle c’est une ligne éditoriale, le choix forcément subjectif de faire venir une pièce ou pas, et que je fais une confiance aveugle à certaines salles de ce point. Il y a le Théâtre 13, La Folie Théâtre, et le Ciné 13 Théâtre, trois salles dans lesquelles je vais les yeux fermés, en confiance, voir les pièces qui y sont programmées simplement parce qu’elles y sont programmées, trois salles dans lesquelles j’ai eu de très belles surprises.

Je voudrais, sur le deuxième marche de mon podium, mettre de ces belles surprises… je voudrais juste citer Transsibérien si je suis, Hobobo, Mademoiselle Frankenstein et Bigre, les pièces qu’on a vues, voire revues, de vrais moments de magie théâtrale.

Evidemment, Le Cirque Invisible est passé au Rond Point, et évidemment on l’a vu, encore.

Une catégorie à part, les pièces bonbon, mes pastilles Valda, ces pièces sans prétention que j’ai vues et après lesquelles je me suis senti tellement bien, des pièces de troupe, entrainantes. Cette saison, il y a eu Comédiens, et La Vie est Une Chienne, Jordan.

Une catégorie rien que pour eux, parce que je me demande comment ils vont évoluer, parce que j’aime ce qu’ils font : la Compagnie du Homard Bleu, qui ose s’attaquer au Monstre Sacré, qui le fait avec talent. Leur Bourgeois Gentilhomme partait un peu dans tous les sens, avec Le Mariage Forcé de Georges Dandin, ils se sont canalisés, affutés, le message est devenu clair, je les attends de pied ferme l’an prochain.

Allez, bonne année à tous !

Merlin – Théâtre des Variétés

Joli pêle-mêle que ce Merlin au théâtre des Variétés, un peu de chant, un peu de magie, un peu de poésie, beaucoup de deuxième degré pour que les parents prennent aussi plaisir à être là.

L’histoire ? Le roi Pendragon meurt en laissant Excalibur enchâssée dans un rocher, Arthur la sortira. Entre temps le roi Ectorius tentera, avec la complicité de Morgane, de faire de son fils Kay le roi d’Angleterre. Oui, OliveOyl a trouvé qu’ils ne respectaient pas l’histoire, c’est pas si grave que ça. Bien sûr la magie de Merlin opérera, et Vivianne reviendra (Viviane ?).

On a vraiment passé un bon moment, la pièce marche, la magie aussi. Oui, il y a deux magie, celle d’un tour d’illusionnistes, et celle de Merlin, à coup de paillettes, de bave de crapaud, de fumées, de bulles de savon.

Je suis totalement rentré dans la poésie des lumières qui volent, comme l’amour, ici, là, un, deux, ok, j’ai un cœur d’enfant et un cœur d’artichaut. Comme j’ai aimé les jeux de mots au second degré pour les parents, ou le personnage de Kay, qui prend tout au pied de la lettre.

Bref un bon moment en famille, Baroudeur a trouvé ça « très bien », Fléchette « super méga bien ».

Le site du théâtre

Laura Elko Enfin Vieille – BO Saint Martin

C’est du bon gros humour, un peu graveleux et efficace, c’est pas trop mon genre de beauté, mais il faut reconnaître que ça marche, la salle est pleine, et elle pétille d’éclats de rire.

De la naissance à la vieillesse, la vie (à venir) de Laura Elko, avec au passage l’impersonation d’une conseillère d’orientation plus vraie que nature, ou un touchant numéro de ventriloque avec un doudou.

Laura Elko a l’énergie généreuse, elle chante (bien et juste, elle a une belle voix), elle occupe son espace, prend des accents, joue avec son public (là c’est limite Maîtresse Laura, dominatrice en son donjon), se fait pardonner avec un morceau de gâteau réservé au premier rang (je l’ai trouvé bon, à 23h00, le morceau était un peu gros, générosité, vous dis-je).

A nouveau, je ne suis pas rentré dans le truc, mais si vous aimez le genre, ne vous en privez pas, c’est bien fait, ça marche, ça remplit la salle, ça la réjouit, et finalement c’est ça le plus important.

Le site du théâtre

La page FB de la comédienne ( il parait qu’on y trouve la recette du gateau, je ne l’ai pas trouvée)

 

Révisions au Ciné 13 Théâtre (Le Mariage Forcé de Georges Dandin / Hobobo)

Baroudeur révise ses fiches de lecture, en cette dernière semaine de l’année, plutôt que d’aller découvrir une pièce improbable, on a choisi de revoir un combo de pièces qu’on avait aimées, Le Mariage Forcé de Georges Dandin, et Hobobo, l’une à la suite de l’autre au Ciné 13. J’ai vraiment aimé revoir ces pièces.

Ma première vision du Mariage Forcé de Georges Dandin m’avait emmené du côté du rôle titre, le malheureux Georges. Là, j’ai eu le temps d’empathir les autres personnages, Angélique, sa femme, est-elle plus victime que manipulatrice, je me suis souvenu le temps de leur mariage de la face de XY et XX, mariés « de force » au sortir de l’adolescence parce que le ventre de XX s’arrondissait (mais « on n’avorte pas »), tout le monde pleurait sous les yeux d’un prêtre impassible, ce jour là dans l’église (pour la petite histoire, ils sont maintenant mariés depuis 30 ans, se détestent toujours, mais « on ne divorce pas »). Et puis Madame, Madame de Sottenville, la marionnettiste qui tire les fils de la volonté et du destin, j’ai retrouvé… les sœurs XX, ou tante XX, ou… une succession de générations où les mères faisaient le malheur de leurs enfants à coups de destins imposés, adoucis par les amours ancillaires. Autre temps, autres mœurs. Quoique…

Paradoxalement, Baroudeur a compris chacun des moments forts de la pièce, sans arriver à assembler tout ça en une histoire complète, il lui manque parfois quelques références !

En tout cas j’ai aimé ma seconde lecture du Mariage Force de Georges Dandin, et vais continuer à suivre les productions décalées de la troupe du Homard Bleu.

Et puis Hobobo. En vrai, je l’avais déjà revu, petite salle, petite énergie, petite forme. Hier soir, la salle était au tiers remplie, mais sur les premiers rangs (message aux spectateurs : n’allez pas vous planquer au fond de la salle, l’acteur joue pour vous, pas pour un siège vide au premier rang), et riait aux éclats, ça a marché dès les premières secondes, les éclats de rire ont fusés, l’alchimie a fonctionné, la magie a prise, et ça a été une superbe représentation, tout le monde en profitait, ça partait dans tous les sens, j’ai revu… c’est indescriptible, inracontable, comment partager le mime de la première bactérie (Maman) en pleine descente d’acide, le spectacle est à voir, à écouter, à ressentir, il se donne encore en janvier, on sait avec Baroudeur qu’on y retournera, c’est un des spectacles les plus barrés qui soient, à voir et à revoir. Bon, on ira à 19:00, pour emmener Fléchette.

Commentaire de Baroudeur : « C’était très bien ».

Merci à toute l’équipe du Ciné 13, merci à la compagnie du Homard Bleu, merci à Patrick de Valette pour cette superbe soirée. On a A.DO.RE.

Chanson Plus Bifluorée – Théâtre La Bruyère

Ca devait arriver un jour, c’est fait, je me suis fait chier à un spectacle de Chanson Plus Bifluorée. Pour Le Grand Casting, leur précédent spectacle mal né, je m’étais ennuyé, vraiment là… je me suis fait chier, il n’y a pas d’autre mot.

Pourtant je les aime, ces trois là, Sylvain, Michel, Xavier. J’ai vu tous leurs spectacles, depuis 1990, oui, ça fait du chemin. Mes enfants on entonné les CD dans la voiture. A Paris, en province.

Le spectacle ronronnait dans ses pantoufles, pour un public conquis d’amateurs qui reviennent tous les ans chantonner les airs connus. Des nouveautés ? si peu. Oui, des évolutions, citer Nolwenn Leroy au lieu de Patrick Bruel, bel effort.

Et se tromper dans les paroles de chansons qu’on fait depuis 10 ans ? vraiment ?

Un peu de chanson engagée ? pourquoi pas, mais alors faut y aller vraiment. De la parodie ? oui, c’est pour ça que je vous aime, mais pas pour voir éternellement une parodie des Trois Cloches (Edith Piaf, décédée en 1963, les Compagnons de la Chanson, terminés en 1985).

C’est vrai, on est le bon public. Là, j’avais emmené 8 personnes. 18/12/2014 : 12 personnes; 29/12/2015 : 6 personnes. L’an prochain, je reviendrai. Seul. Pour voir.

Au premier rang, au milieu du premier rang, il y avait un vrai fan, qui a demandé, attendu, réclamé Le Moteur à Explosion. On parle juste d’un titre qui était déjà dans leur spectacle de 1990. Mais non, c’était compliqué de sortir de ses pantoufles, de le lui faire en rappel supplémentaire.

Je crois que pour ça je leur en veux vraiment.

Baroudeur et Fléchette étaient là, venus voir des titres du catalogue qui remuent et dont ils avaient vus les vidéos, ils attendent encore. OliveOyl s’est ennuyée, elle n’aime pas trop le genre.

A tout hasard : le site du théâtre.

SOEM – 108 Café

SOEM, c’est un univers, un bel univers, un univers qui tient chaud au coeur.

C’est d’abord une voix, une belle voix, une voix qu’on remarque de loin. On s’approche, on entend la musique, un rythme de ballades, on se laisse entrainer. Et là, on écoute les textes, on n’est plus entrainé, on est emmené.

Dans ses chansons, SOEM nous prend par la main, elle nous emmène sur un chemin pavé d’émotions qu’on éprouve, de sentiments qu’on partage. Tout n’y est pas rose, mais la vie gagne, quand on prend un coup, on repart. Est-ce qu’on mène sa vie, ou est-ce la vie qui nous emmène ? Alors elle chante. La vie, la jubilation, le désir, la mélancolie, la colère, la paix, l’espièglerie, la séduction. Les petits moment qui font les grand souvenirs. Les rêves démesurés, à quoi servirait de rêver petit !

À la fin de la strophe, elle touche. Elle émeut, fait sourire, fait se confier, parce qu’elle parle d’elle, et elle c’est nous. Parfois les yeux s’humidifient, quand on l’écoute, des larmes qui touchent, qui réchauffent, des larmes qui viennent du fait que quelqu’un comprend ce qu’on ressent.

Pour multiplier l’effet, Soem jouait ce soir là au 108 café, un lieu qui a un coeur, une âme, un endroit qui est un restaurant, une librairie.

Une belle artiste qui chante les tréfonds du coeur, sur fond des rayons d’une librairie, une bière qui s’appelle LoveCraft à la main, que demander de plus au bonheur ?

Hier soir, j’ai vraiment passé une belle soirée.

Le Conte d’Hiver – Théâtre 13 Seine

J’ai vécu un de mes plus grands moments de théâtre. Mais que c’est douloureux, la descente de Contediverite.

Une troisième fois ? Baroudeur et moi avons vu Le Conte d’Hiver pour la troisième fois en 15 jours ? Oui.

Je voudrais vous dire que c’était pour voir Lucie Botiveau prendre la suite de la belle Susanna Martini (que nous avons eu le plaisir de croiser en retirant nos places), mais non, c’est juste qu’on est addicts.

J’ai déjà vu des pièces de multiples fois (Le songe d’une nuit d’été, la nuit des rois) dans des versions très différentes, le même spectacle à chaque passage (le cirque invisible), je suis retourné voir un spectacle particulièrement apprécié (Bigre, Hobobo). Trois fois la même pièce en 15 jours, c’était la première fois.

La première fois, j’avais découvert, avec plaisir. La deuxième, j’attendais, c’est presque l’oeil technique. La troisième ? j’anticipais, et la magie était exponentielle. Attendre une réplique, l’anticiper, la savourer, en déguster l’effet, sur moi, sur la salle, le partager d’un sourire avec Baroudeur.

J’ai vécu un de mes plus beaux moments de théâtre, hier soir.

Ensuite, le cabaret. Les entendre chanter, leur générosité. Discuter, comprendre qu’on est loin d’être les seuls à être revenus, la dame à droite, la jeune femme en face, aussi, sont là pour la troisième fois. C’est un hasard, qui a réuni là trois addicts, trois addicts qui se racontent.

J’avais, un jour, théorisé la troisième fois, son importance. Première fois, appréhension de la découverte. Deuxième fois, application et performance. Troisième fois, savourer un chemin connu. Poursuivre et s’installer, ou décider d’arrêter et rester sur cette saveur.

Je viens de le vivre.

J’étais bien, pendant cette représentation, les répliques coulaient de mes lèvres, je savais où poser le regard, où guetter un sourire. J’avais aimé voir la pièce, j’ai adoré la vivre, la ressentir. J’étais dans l’envie, dans l’empathie. Ça s’est poursuivi pendant le cabaret.

Baroudeur a ressenti la fatigue, on s’est éclipsé, saluant d’un signe de tête. En franchissant la porte, j’ai réalisé que je ne les reverrai sans doute pas, en tout cas pas dans un horizon prévisible (oui, si je vois Agence des Voyages Imaginaires sur une affiche, je ne réfléchirai pas, je prendrai un billet). J’ai basculé dans la tristesse, malheureux. Le manque.

Le Conte d’Hiver par l’Agence des Voyages Imaginaires, quand on en a eu, on en veut encore, et quand on en a eu encore plus, on en voudrair encore encore plus. Sauf que je n’en aurai plus, il n’y en a plus. Alors je suis en manque. Je suis en pleine descente de Contediverite, c’est… pas facile.

Surtout que je suis addict. Si j’ai l’occasion d’en reprendre…

Le Conte d’Hiver – Théâtre 13 Seine

Revoir le Conte d’Hiver de l’Agence de Voyages Imaginaires au Théâtre 13 Seine ? Quand Baroudeur a émis l’idée, dans le métro qui nous ramenait, j’ai tout de suite été partant, réservé les places.

À la revoir en connaissant la mise en scène, la pièce gagne de la profondeur, j’ai été encore plus sensible aux petits détails, au jeu de chacun, aux surprises, aux jeux de mots. Oui, cette pièce est magique, l’Agence de Voyages Imaginaires nous a emporté une seconde fois dans son univers, généreux, énergique, serein. On les imagine au temps de Shakespeare, allant de ville en ville, posant leur scène, jouant, donnant de l’amour du texte et du jeu pour un soir, et repartant le lendemain pour un autre soir.

On était juste tous les deux, on est restés pour le Cabaret Shakespeare, après avoir joué la pièce, près de deux heures sur scène, il leur reste de l’énergie, de l’envie, de la générosité pour jouer pour nous, une nouvelle heure de musique, l’histoire de Shakespeare, du théâtre. Avec Riders on the storm, Love me tender, tant d’autres reprises, sur leurs instruments qui connaissent le vent plus que l’électricité. Et une version accordéon / cornemuse de London Calling qui m’a fait se dresser les poils sur les bras.

Baroudeur était fatigué, les reprises s’enchainaient, on s’est éclipsé.

Dans le métro, il s’est approché, m’a demandé « Papa, on peut revoir la pièce ? ». J’avais la même envie. On vous y croisera peut-être ?

Black Bazar – Théâtre Falguière

Touchant et attachant, ce spectacle de Modeste Nzapassara, ce n’était pas gagné d’avance, à la lecture du pitch je m’attendais à un spectacle ciblé.

Il nous raconte son histoire d’immigré congolais, le regard de son voisin (petit) français, le bar des halles où il rejoint ses amis, sa relation… chaloupée avec Couleur d’Origine et son cousin musicien, pour finir sur une note d’incorrigible optimisme métamorphe.

Un jeu un peu maladroit qui mériterait d’être canalisé, une palette d’accents sympathiquement variés (évidemment, l’Africain existe autant que l’Européen, et on parle le français avec l’accent anglais, allemand, camerounais, ivoirien…), ce n’est pas une grande pièce, c’est une pièce touchante, qui au fond en fait beaucoup pour faire connaitre, pour faire de l’étranger un prochain.

Avec des tableaux très inégaux, le Fessologue et sa psychologie des fesses est un bijou, la litanie des costumes par contre…

Je m’attendais à une salle monochrome, c’était le cas… je me trompais de couleur, salle très clairsemée mais conquise qui a donné un rappel complémentaire auquel Modeste Nzapassara ne s’attendait pas, son plaisir était visible.

Spectacle éligible aux P’tits Molières
Le site du théâtre

M’man – Théâtre du Petit Saint Martin

Sentiment mitigé sur cette pièce vue dans l’écrin du Petit Saint Martin. Cinq tableaux, cinq moment de la vie d’une mère plutôt envahissante, voire castratrice, et de son fils toujours là, de l’anniversaire de ses 30 ans à celui de ses 40 ans (le fils, unique). Un peu Mamma italienne, un peu mère juive, je croyais voir la mère de mon ami Patrick B.

Sentiment mitigé parce que la pièce a commencé assez en retard, sans réelles excuses ni explications, on sentait la tension dans les équipes qui passaient et repassaient, cette tension a du se reporter sur les acteurs, ils n’étaient pas dedans durant les deux premiers tableaux, pas dans le rythme, du coup c’était un peu ennuyeux, et puis au troisième tableau ils sont partis, Cristina Reali surtout, ça s’est mis à fuser, à pétiller, c’était un régal. Une vraie Mamma, bien italienne, un vrai fils à maman, à qui elle ne laissait aucune chance. Mais ils s’aiment, seuls dans leur monde, et c’est le plus important, non ?

Sentiment mitigé, surtout, à cause du dispositif scénique. La scène du Petit Saint Martin est belle, elle est grande, ils n’en occupent qu’une petite partie, pourquoi pas, après tout « ton père est parti et il ne m’a laissé que ma cuisine », l’appartement est petit. Mais pourquoi ces barres de bois qui coupent la vue, j’étais au deuxième rang, assez central, et pendant un bon tiers de la pièce il y avait au moins un des acteurs masqué par les poteaux du décor.

La salle était très clairsemée, un public qui manifestement connaissait la pièce, ou avait des références culturelles que je n’ai pas, il démarrait au quart de tour, riait dès les premiers sons des bons mots qui égayent la pièce. On était en famille, en fait, ça allait bien avec le thème de la pièce.

A ne pas manquer : la version française de Felicita, à l’occasion d’un des changements de tableau, par Robin Causse.

Le site du tableau

Venise n’est pas en Italie – Théâtre des Béliers Parisiens

Etonnante performance d’acteur, superbe mise en scène, vus hier au théâtre des Béliers Parisiens. Un mois de la vie d’Emile, 15 ans, à qui sa mère teint les cheveux, le mois le plus important, celui où, pour la première fois, on est amoureux. Sauf qu’il vit dans une caravane à Montargis, qu’elle est violoniste et l’invite à un concert à la Fenice, et que si il finira par être à Venise à l’heure, la suite sera moins optimiste… jusqu’aux rebondissements final (c’est comme ça que j’ai envie de l’écrire).

Sur scène, Thomas Solivérès. Magistral. Il incarne une dizaine de personnages, passe de l’un à l’autre en une mimique, en une attitude, il est Emile, Pauline, le père de l’un, la mère de l’une.

C’est l’adaptation par Ivan Calbérac de son livre, il fait aussi la mise en scène, il parait que c’est autobiographique. Je suis venu sur le souvenir de l’Etudiante et Monsieur Henri, petit bijou que j’avais vu au Petit Théâtre de Paris. J’ai eu un peu de mal les 10 premières minutes, le temps que les choses se mettent en place, je me suis un peu demandé où tout ça allait aller. Et puis c’est parti, ça s’est mis à fuser, de façon très concentrée, très pertinente.

Les situations s’enchainent, j’ai été touché par Emile, par la façon dont il aborde et franchit les obstacles qui sont sur sa route. Quand je riais, il restait de l’empathie, ce n’était pas se moquer, ni de la pitié, juste de l’émotion, dans ces situations où on peut pleurer et s’arrêter, ou se remonter en riant et repartir.

Un très bon spectacle, donc, la salle était conquise à la fin, réchauffée.

Il y a les spectacles que vous devriez aller voir, et ceux que vous devez aller voir. Venise n’est pas en Italie est de ceux-là.

En ressortant dans la rue, il faisait nuit, froid. J’avais toujours le cœur de 15 ans que je venais de partager. Alors j’ai frissonné, remonté mon col, et vite marché vers le métro.

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Cérémonie P’tits Molières 

Beau moment, hier soir, que la cérémonie de remise des P’tits Molières 2015. Il y avait de l’animation, de l’émotion. Sous la double houlette de Pierre Boiteux, Président de l’association, de Ladislas Cholas, digne parrain. Avec les intermèdes de Benjamin et Hadrien (penser à aller voir leur spectacle).

Il y avait les lauréats pour qui j’avais voté, ceux pour qui j’aurais pu voter, ceux à côté de qui j’étais passé ce soir là. Déception pour Huis Clos, qui (mais ce n’est que mon avis) méritait plus. Fierté pour Arnaud Lechien, excellent comédien dans une pièce rapidement oubliée. Vous trouverez les autres lauréats sur le site des P’tits Molières quand il sera à jour.

Tous touchants, tous pleins d’émotion. C’était étrange de sentir la tension qui saississait les troupes quand l’un d’entre eux était nommé, leur fierté quand l’une d’entre eux gagnait. On parle de troupes de théâtre, c’est vraiment un travail d’équipe, une équipe.

Jusqu’au point d’orgue de la cérémonie, le P’tit Molière d’Honneur, celui qui est donné par les salles, le bureau et le CA de l’association. Celui que je comprends comme leur position institutionnelle, leur vision de l’étalon Qualité, la direction dans laquelle ils veulent emmener la ligne éditoriale de leurs salles. Alzimmer.

Ici, je suis chez moi, je dis ce que je pense. Quand le comédien est entré en rampant sur la scène, je me suis demandé ce que je faisais là (en clair, c’est le moment où on se dit « Et merde… »), rien n’est venu sauver ce spectacle, rangé en sortant dans la catégorie des ÇaC’estFait. Sur une échelle de 1 à 5 ? 0.

Ce choix est, comme tout choix, respectable. Je ne le juge pas. Mais je ne le partage pas. Et je me demande ce que je fais dans ce jury.

Parce que si c’est Alzimmer qui est l’étalon de qualité des P’tits Molières, je me sens dans l’aventure comme un poisson dans une volière, comme un végétarien chez Hippopotamus.

Être juré des P’tits Molières, c’est aussi aller voir des pièces improbables dans des salles désertes et froides, parfois ne pas aimer du tout, parfois être surpris par la pépite qui vient de se jouer sous vos yeux, séduit par l’âme et le courage des acteurs.

L’étalon institutionnel de la qualité c’est Alzimmer ? Je vais acheter une télé et regarder H…..a, au moins je serai confortablement assis au chaud et je pourrai lire un bouquin devant l’écran silencieux

À nous deux – La Croisée des Chemins

Plutôt à destination des professeurs de collège qui en feront le départ d’une discussion, cette pièce traite du racisme (de la xénophobie, plutôt), de ses sources (pré-juger, généraliser), de l’acceptation de l’autre et de ses différences… et de l’inéluctabilité de la chose, l’essence de l’autre est d’être étranger avant de devenir notre prochain.

Ça m’a rappelé le temps où, à Marseille, j’ai entendu un immigré (de longue date) arménien et un fils d’immigrés italiens tenir la position qu' »il faut foutre les bougnoules à la mer », en l’occurence les comoriens.

Je reste dubitatif sur la capacité de la pièce à trouver un public hors des collèges et autres associations luttant contre le racisme.

Le site du théâtre

Le conte d’hiver – Théâtre 13 Seine

L’Agence de Voyages Imaginaires. À lui seul leur nom est une invitation, une promesse, la promesse d’être pris par la main, emmené dans un monde où tout est possible, où rien n’est ce qu’il parait.

Le Conte d’Hiver est une des dernières pièces de Shakespeare, on y trouve un roi rendu fou par la jalousie, un bébé abandonné, une reine exécutée, un prince qui incarne un berger pour le coeur d’une bergère, un roi qui se déguise en musicien, un voleur… et une statue pour nous réchauffer le coeur.

L’Agence de Voyages Imaginaires en donne une version magnifique, onirique, énergique, épique, vibrante, circassienne. Une version généreuse, qui m’a réchauffé le coeur et l’esprit.

Le monde entier est un théâtre (William S.) ? Ils prennent la phrase au pied de la lettre. Les loges sont installées dans le hall du théâtre, ils commencent 10 minutes avant l’horaire en déambulant leur musique dans les couloirs. Et quand les applaudissements se sont tus, ils regagnent leurs loges, se démaquillent, et reprennent leurs instruments pour jouer un Cabaret Shakespeare, il n’y a plus de frontière entre le monde et le théâtre. Énergie ? Générosité ?

Au centre de la scène, un cercle, comme dans un cirque, dans lequel la pièce va se jouer (pour les premiers tableaux), autour, un espace dans lequels les comédiens changent de personnage, jouent de la musique, ils sont des artistes complets, ils se servent d’une galerie d’instruments pour la musique de la pièce qu’ils jouent en direct.

Ils remplissent la grande scène du Théâtre 13 (Seine), ils pourraient remplir la piste d’un cirque, jouer dans une carrière… l’espace ne leur fait pas peur, ils le font leur.

Je suis rentré dans la pièce dès l’arrivée de Léontès, le roi jaloux, sur la scène, et je crois que je n’en suis pas sorti. J’ai amié le jeu, la mise en scène, la scénographie, les costumes. C’est onirique, truculent.

Avec une mention spéciale pour la poésie avec laquelle ils nous font passer le temps entre les différents tableaux, Baroudeur et Fléchette me font le temps qui fuit en continu depuis.

Oui, OliveOyl, Baroudeur et Fléchette étaient là, Fléchette luttant pour ne pas s’endormir, fascinée par le sepctacle qui se déroulait sous ses yeux.

Ils sont là jusqu’au 18 décembre. Ne vous faites pas remplacer pour y aller.

La salle était comble et comblée, applaudissant debout à la fin du spectacle, criant des bravos et des compliments depuis le haut des gradins.

Un voyage imaginaire ? Un voyage extraordinaire dans l’imagination !

Le site du théâtre

Un conte du Chat Perché – Ciné XIII Théâtre

Sympathique et intéressante, une version opéra pour les petits d’un des Contes du Chat Perché, de Marcel Aymé.

J’avoue, quand Baroudeur a pris le flyer en disant qu’il voulait aller voir ce spectacle… je me suis souvenu que je trouvais Delphine et Marinette bien nian-nian à l’époque où on me les lisait (le bon mot était suranné, mais je ne le connaissais pas alors). Pour une fois qu’il voulait aller voir une pièce pour sa classe d’âge 😉

Je me suis laissé prendre par le spectacle, par son parti pris original, on ne voit PAS les deux nunuches sur scène, par les nombreux petits airs d’opéra qui donnent vie au spectacle.

J’ai apprécié la mise en scène, elle est inventive, elle donne vie aux perspectives de l’histoire. Pas facile d’incarner une paire de cornes, seule trace visible d’une paire de boeufs blancs vexés de ne pouvoir être peints sur une toile blanche, pas facile d’incarner une petite espiègle de 7 ans quand on est un homme de 45+ ans portant barbe et bedaine, ils y arrivent, en tout cas j’y ai cru, j’ai marché, emmené par les voix de Marie Blanc et Philippe Scagni.

La salle était aux trois quart pleine d’enfants attentifs, découvrant que la palette des voix peut aussi servir à raconter des histoires.

Premier commentaire de Baroudeur : « c’était bien », et il a voulu acheter le disque, c’est plutôt bon signe.

Le site du théâtre, plus je vais au Ciné XIII plus je fais confiance à leur ligne éditoriale.
Le site de la compagnie In-Sense
Le spectacle est éligible aux P’tits Molières

Le mariage forcé de Georges Dandin – Ciné XIII Théâtre

En une phrase : pari réussi que de mélanger et transposer deux pièces de Molière pour construire le malheur de Georges Dandin, propriétaire terrien, qui veut échapper aux griffes de ses (futurs) beaux parents, nobles désargentés.

Je crois – ce qui répulse certains – qu’on peut toucher les textes appris à l’école, les modifier, les transposer, en gardant l’intention. On le fait pour Shakespeare, le Homard Bleu l’a fait pour Molière, et c’est une réussite.

Sur fond de crise de 29, et dans le Middle West, Georges Dandin va d’abord essayer d’échapper au mariage qu’il a rêvé avec Angélique (ça c’est pour la partie Mariage Forcé), puis d’y mettre fin devant l’infidélité d’Angélique (voilà Georges de la Dandinière)… mais les parents d’Angélique, nobles désargentés, veillent au grain, ce grain qui doit redorer leur blason. C’est l’histoire.

C’est l’histoire de Georges et Angélique, qui ne veulent de ce mariage ni l’un ni l’autre, et qui ne trouvent pas la force ou le courage de dire non, c’est pour mon empathie, j’ai souffert avec Georges, au lieu d’en rire comme on le fait habituellement.

C’est surtout un petit bijou de mise en scène, de jeu d’acteurs et d’éclairage. Là, j’applaudis des deux mains.

Une scène vide, 6 acteurs, les costumes de 20 personnages, un éclairage.

Avec ça, ils m’ont emmené dans une fête foraine, j’y ai croisé un homme tronc, un trapéziste, un nain psychopathe, deux soeurs siamoises voyantes. Une ambiance The Twilight Zone (ne touchez pas à votre téléviseur) glaçante où des personnage maléfiques travaillent de concert pour imposer un destin fatal à un innocent choisi par le hasard.

Vient le mariage (soyez attentif au baiser qui scelle le destin des époux), et sa suite que l’on voudrait plus légère, quand Clitandre revient prendre le coeur d’Angélique, avec la complicité de tous, mais la dépression le guette, à tous points de vue, on sent son épuisement, physique, nerveux, moral, qui conduit inéluctablement au retournement final, un grand « Mamour » venu des coulisses exprimera la frustration terminale.

Je les avais vu au début de l’année dans Le Bourgeois Gentilhomme, sur cette même scène du Ciné XIII que j’adore, j’avais trouvé qu’il y avait des idées et de la folie qui partaient un peu trop dans tous les sens. Idées et folie canalisées et amplifiées, le résultat est superbe, dire que la troupe est jeune !

Et puis ça faisait plaisir de les revoir si vite, Bertrand Mounier qui était une Madame Jourdain magistrale est toujours aussi bon, aussi élastique, il y a du Robert Hirsch dans cet homme là. Dans le rôle titre, Benjamin Duc, impressionnant. Léa Dauvergne est Angélique, j’adore sa voix, je me demande ce que ça donne quand (si) elle chante. Et puis Anne-Sophie Liban, Ivan Herbez, Matthias Fortune Droulez, aussi.

Un bravo spécial à Tamara Herbaud, dont la lumière crée une bonne part de la magie de la pièce, de son ambiance, allant jusqu’à reconstituer une séquence en mode cinéma muet.

La salle était un peu clairsemée pour un vendredi soir, et c’est dommage, ils méritent des salles pleines pour les applaudir, allez-les voir, vous ne le regretterez pas.

La page FaceBook de la compagnie

La pièce est éligible aux P’tits Molières

Le site du théâtre, ce bel écrin qu’est le Ciné XIII

Lazzy Bird – Nouveau Casino

Un moment magique, hier soir, au Nouveau Casino. Lazzy Bird prenait l’occasion de la sortie de Better – superbe single – pour dévoiler son nouveau show. C’est du grand, du très grand. Du lourd, du très lourd.


Lazzy Bird, c’est de l’électropop, ou de la pop teintée d’électro, à vous de voir.

Hélène Bondaz au chant, avec une voix à couper le souffle, Clément Caritg aux claviers et arrangements, Thomas Le Cosne à la guitare, Maxence Mattioli à la batterie. Avec toute une bande derrière eux, Juliette pour les chorégraphies, Jeremy pour les vidéos, Adrien au son.

Quand un projet fédère autant de bonnes volontés, focalise autant d’énergies, ce n’est pas par hasard !

Depuis le GAF GIG de janvier dernier, le projet a grandi, mûri, pris de l’ampleur, c’est du bon, du très bon. C’est de la classe de London Grammar, au moins.

Ils ont composé de nouveaux titres, revu les arrangements de certains anciens (je ne me remets toujours pas de la version de Your Grave qu’ils ont donné hier soir). Ils ont travaillé la lumière, la scénographie, les chorégraphies. Dans l’ensemble, et dans les détails.

Lazzy Bird, c’est de la très bonne musique, c’est un groupe, une équipe qui marche, qui fonctionne ensemble. Ils ne s’aditionnent pas, ils se multiplient les uns les autres.

Alors leur musique percute, touche, entraîne. Leur énergie est contagieuse, hier elle transportait d’une façon magique.

Oui, je suis partial, totalement partial, je les aime, et j’aime ce qu’ils font, c’est vrai.

Si vous voyez leur nom sur une affiche, si vous apercevez à l’horizon la silhouette pataude du Lazzy Bird, prenez un billet, vous passerez un moment qui vous remuera, qui vous transportera, qui vous mettra bien.

Better est en vente et en écoute sur les principaux sites de musique dématérialisée, et Sefish, leur album sorti fin 2015, aussi.

Le site de Lazzy Bird