Folies Mania – Comédie Nation

J’ai pris un vrai plaisir à rire du début à la fin de Folies Mania à la Comédie Nation. Du bon rire qui fait du bien, du rire de bon goût, mélange de cabaret et de music-hall. Une sorte de Flying Circus à la française, l’enfant bonhomme des Monty Python pour l’univers burlesque et saccadé, de Raymond Devos pour l’absurdité des mots.

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Cyrano de Bergerac – Comédie Saint Michel

Cyrano de Bergerac joué par 6 clowns, c’est un pari, un pari superbement réussi de la compagnie Parpadou qui le donne à la Comédie Saint Michel, je suis sorti scotché et ému. Ils ont osé ce parti pris, osez aller les applaudir, ils méritent un triple bravo.

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Le Roi se meurt – Ciné XIII Théâtre

Julie Duchaussoy a pris le parti, pour la mise en scène du Roi se meurt, d’un roi jeune, encore en pleine forme, ça donne une version énergique, dynamique de la pièce, quand la mort frappe un homme, un univers, qui devraient encore avoir la vie devant lui, et dont l’univers va se glacer, se lézarder, s’effondrer en 90 minutes.

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L’Opéra Panique – Théâtre Darius Milhaud

Pourquoi Panique ? En l’honneur du dieu Pan, le dieu de l’amour, de l’humour, et de la confusion. Avec la touche de Non Sense qu’y ajoute l’Ours à Plumes, je me suis laissé emporter dans une succession de rêves, chaotiques et démesurés, avec une touche de brutalité amoureuse.

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Le texte est d’Alejandro Jodorowsky, oui, le scénariste de BD (les Meta Barons, les Technopères…), le porteur d’une adaptation onirique mais avortée de Dune au cinéma, un texte surréaliste, quinze petites scènes, quinze situations, quinze histoires, dans chacune les personnages sont placés face à une mécanique implacable à laquelle ils ne peuvent échapper.

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Noémie et la prisonnière des enfers – Ciné XIII Théâtre

Dois-je, ou non, vous parler de cette pièce que nous avons vue au Ciné 13 Théâtre. Baroudeur et Fléchette ont beaucoup aimé suivre les aventures de Noémie, et au fond, c’est l’essentiel, non ? En deux mots, la mère de Noémie est morte, elle lui manque, et ses amies se moquent d’elles. Noémie s’endort, rêve que son doudou (il s’appelle Calin) s’anime et l’accompagne aux enfers retrouver sa mère, la raccompagner au paradis, avant de trouver, à son réveil, le coquillage qu’elle lui a donné, et qui chante sa berceuse préférée.

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Quand je suis entré dans la salle, j’ai eu le souvenir de mes années de primaire, un pupitre, des voix d’enfants qui disent des poésies pour la fête des mères, c’était un bon moment, poétique et nostalgique. Quand Jennifer Rihouey s’est animée, je me suis calé dans mon fauteuil, prêt à passer un bon moment.

Le sujet est intéressant, le texte, à l’exception de la séquence un peu longue des mots déformés, est globalement enlevé et humoristique, avec beaucoup de références à la mythologie greco-romaine, le Styx, Charon, Cerbère, les Parques, espérons que les parents sauront répondre aux questions des têtes blondes.

La mise en scène est malheureusement absente, à l’exception notable de Jennifer Rihouey dont le jeu (ou la situation ?) m’a vraiment touché, les acteurs jouent sans contrôle, et certaines fautes sont si visibles qu’un enfant de 4 ans hurlera « Elle est partie de l’autre côté » quand deux acteurs sortiront à jardin pour suivre Noémie, sortie à cour.

http://www.cine13-theatre.com/

http://compagniequiportequoi.com/index.php

Les Caprices de Marianne – Ciné XIII

Très beau moment de théâtre hier soir au Ciné 13, avec Les Caprices de Marianne. C’est pour avoir de belles surprises que je hante les salles, et quand j’en trouve, je dis BRAVO.

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Je ne vous raconte pas l’argument de la pièce, Marianne, Claudio, Celio, Octave, ils sont tous là, Marianne fait sa mijaurée, Claudio tente d’éviter le destin qu’il s’est choisi, Celio souffre mollement, et Octave meurt en bad boy.

Les Chaises de Jardin donne une version actualisée de la pièce de Musset, en gardant le texte, en transposant l’action dans un univers à La Fureur de Vivre d’Octave, et d’une touche de Godard, pour la mijaurissime  Marianne.

Je ne suis pas le plus grand des romantiques, Les Caprices renvoient à bien des épisodes de ma vie, j’en ai croisé des Claudio qui souffraient des écarts de leur trophée, des Marianne desséchées de n’avoir pas cédé ou épanouies de l’avoir fait, quand à Octave, dans la vraie vie, il saute sur l’occasion, enfin je crois, et puis quand on peut rendre service…

J’ai vu bien des versions ennuyeuses et morales des Caprices, là j’ai vraiment adoré la mise en scène de Patrick Alluin et Simon Coutret, la façon actuelle dont ils font dire le texte, la magie avec laquelle les longues tirades sont expédiées, on est là pour éprouver de l’empathie pour le rôle, pour enchainer l’action, pas pour entendre un acteur qui s’écoute déclamer une longue envolée.

J’ai apprécié la scénographie, ce plateau tournant qui transforme en un instant la porte de la maison d’Octave en chambre de Marianne, j’ai ri aux intermèdes chantés (vous n’entendrez plus Hélène de Roch Voisine sans éclater de rire). J’ai beaucoup aimé Simon Coutret en Octave Dean, Justine Thibaudat en Marianne Javal. J’ai une certaine admiration pour la façon dont Constantin Balsan est Celio, qui lancine mollement.

J’ai surtout admiré le travail de troupe, l’un sort de scène et va immédiatement changer un rideau, l’autre pousse le plateau tournant pendant que l’action se poursuit, surtout, à la fin de la pièce, après des applaudissements nourris et mérités, ils s’y mettent tous, il faut démonter le décor, une pièce se donne dans une demi heure, pas le temps d’attendre que les spectateurs aient quitté la salle.

OliveOyl a beaucoup aimé le parti pris de la mise en scène et le jeu d’Octave, Baroudeur a trouvé la pièce « très bien ».

Je laisse le mot de la fin à Fléchette : « Un peu compliqué à suivre mais j’ai suivi. En fait ça raconte les caprices des hommes pour Marianne. C’était beau et bien joué. J’ai eu un peu peur à un moment. »

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Ala-e-Din – Ciné XIII

La compagnie Acte II donne Ala-e-Din au Ciné 13 dans une version bourrée d’énergie et de rythme.

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L’histoire est connue, un jeune homme du peuple et une princesse rebelle tombent amoureux, avec en arrière plan un vizir qui veut devenir calife, un génie dans une lampe, un peuple oppressé, et une mère malade.

Quand Matthieu Brugot entre en scène, le vizir manipulateur au regard perçant saisit l’attention des petits et des grands. Edward Wolf donne un Aladin bondissant, Jonathan Dos Santos est le calife dépassé et un génie déjanté, Morgane Quiguer une Jasmine rebelle et combative.

Un décor très simple, 5 colonnes triangulaires et 3 cubes, une belle lumière, des scènes jouées, chantées, chorégraphiées. Des combats bien réglés, je me suis pris à craindre que les cimeterres ne passent un peu près, mais non. À nouveau, Edward Wolf, Matthieu Brugot, Jonathan Dos Santos et Morgane Quiguer déploient une énergie féroce et contagieuse, ils entrainent le public dans leur vision des aventures d’Aladin.

Un vrai regret, les scènes chantées le sont sans micro, leurs voix sont perdues dans la musique. C’est une belle pièce un peu chantée, pas un musical, mais ça serait une très belle pièce avec des séquences Musical si ils utilisaient des micros et un peu de réverb pour soutenir les voix dans ces séquences (sans tomber dans le travers de les utiliser aussi pour les scènes jouées, ils ont de belles voix qui portent, qu’ils contrôlent, que  j’ai aimé apprécier au naturel)

Baroudeur et Fléchette étaient là, leur commentaire rejoint celui de tous les enfants qui sortaient de la salle les yeux pleins d’étoiles : « SUPER !!! » (avec, pour Fléchette, l’exégèse des différences avec le dessin animé :-).

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Les fables de La Fontaine – La Folie Théâtre

On a pris un bol d’énergie enthousiaste avec les fables de La Fontaine, et ça fait du bien.

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Le texte est bien celui de Jean de La Fontaine, les parents sourcilleux ne sont pas dépaysés. Les fables sont racontées, dansées, chantées et non point déclamées sur un ton moralisateur, les enfants apprécient.

Sans tout dévoiler, je revois le corbeau danser, quand il ne se sent plus de joie, sa joie est communicative; l’air apeuré du lièvre, celui qui songe en son gite, et se découvrira guerrier; la gambade de l’agneau insouciant, avant qu’il ne vienne se désaltérer dans le courant de l’onde pure; le travail d’une cigogne bien outillée, pour retirer l’os demeuré bien avant au gosier du loup; oh… et la grenouille, qui enfle, enfle…

Le spectacle est rythmé, et plein de fantaisie, bravo Joyce Brunet pour cette mise en scène. Les acteurs de la compagnie d’Eos expriment le sentiment des animaux, on est dans le registre d’expression du clown, ils peuvent prendre des airs, tenir des mines, ils sont pleins d’une énergie communicative, d’un entrain roboratif, ils s’amusent, nous amusent.

J’ai adoré les costumes et l’imagination qui les a conçus, on sourit en reconnaissant chaque animal, j’ai aimé la musique, bien actuelle, on échappe au clavecin du dix-septième siècle.

L’avis de Baroudeur (« Archi bien »), celui de Fléchette (« Très bien ») conforte l’opinion de la salle, qui faisait la queue pour obtenir de La Fourmi (restée dans son costume de femme fatale) qui une affiche, qui une photo, qui un bisou.

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Hobobo – Ciné 13 Théâtre

Hobobo, quatrième fois ? Oui, et je ne regrette pas de l’avoir revu, avec une salle différente des précédentes.

Tout est venu de Fléchette, à qui Baroudeur a raconté le spectacle dans tous les sens, lui l’a vu deux fois, et qui m’a demandé de l’emmener, pour une fois aller voir un spectacle adulte juste elle et moi.

Je l’avais vu au tout début, avec une pèche fantastique, une deuxième fois avec une petite salle un peu endormie, une troisième fois avec une moyenne salle regroupée et énergique. Ce soir, c’était une salle de dimanche en fin d’après midi, presque comble, et pleine d’enfants. Ca m’a fait plaisir de voir qu’autant de parents emmènent leurs jeunes enfants voir cette pièce, qui ne leur est pas a priori destinée.

Un enfant a cette caractéristique de tout prendre au pied de la lettre, quand Patrick de Valette pose une question rhétorique, les enfants répondent, quand il évoque l’Homo Sapiens, une petite voix précise qu’il s’agit de l’Homo Sapiens Sapiens, mais la petite voix ne réagira pas au nom d’Adam Smith. Parfois, après l’intervention d’un enfant, il faut arriver à reprendre le fil, et quand c’est fait avec humour, c’est savoureux.

La salle riait, répondait, renvoyait. Et moi j’ai revu avec un plaisir non dissimulé la bactérie en pleine descente d’acide, la danse moderne, la séquence CroMagnon, toutes les séquences, en fait, j’avais beau savoir qu’elles arrivaient, elles me prenaient encore par surprise, et je riais, comme Fléchette riait, elle attendait quelques moments précis racontés par son frère, qu’elle s’est empressée de lui raconter dès qu’on est rentrés.

Le fil conducteur ? Hubert O’Taquet répond aux questions existentielles, d’où venons-nous, où allons-nous. Il y répond d’une façon totalement barrée, qui ferait passer les maîtres du non sense pour des étrangers égarés sur la dalle Montparnasse un soir de pluie verglaçante, je suis à nouveau ressorti de la salle plein d’optimisme et de joie, comme si le monde avait, malgré tout, un peu changé.

Si vous vous posez encore la question d’aller voir le spectacle, je ne peux que vous recommander de vous dépêcher, parce qu’il vous restera peu de temps pour aller le revoir, et que tous ceux qui sont allés le voir sur ma recommandation en éprouvent aussi l’envie.

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Hobobo est éligible aux P’tits Molières.

La revanche du capitaine Crochet – Théâtre des Variétés

Mauvais choix d’être allé voir ce pseudo Musical aux Variétés. Pourtant j’aimais bien le pitch, le capitaine Crochet revient et se venge, avec des effets spéciaux, de la magie, des cascades, des combats. Par effet spécial, il faut entendre ombre chinoise, j’ai du m’endormir et rater la magie etc…

Le décor est ringard, les acteurs sont mal dirigés, du coup leur jeu est surjoué et caricatural. Au moins leurs voix ne risquent rien, ils ne les poussent pas.

Le pire pour un spectacle destiné aux enfants ? Ca ne tient pas leur attention, ils bougeaient, s’ennuyaient. Je ne parle pas de Fléchette et Baroudeur, mais de toute la salle, à ma droite il y avait une petite fille qui soupirait en regardant son père les yeux implorant, et un brouhaha incessant que ce soit à l’orchestre ou en corbeille.

Quand le capitaine Crochet s’est transformé en crooner pour séduire Wendy j’ai espéré que le comble du ridicule était atteint.  J’ai ensuite regretté que mon espoir soit déçu.

C’est long. Très long. Annoncé pour 85 minutes, ça a duré 100 minutes, 100 minutes qui passaient très lentement.

Le mot d’OliveOyl qui était là ? Catastrophique.

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Le Fauteuil – La Folie Théâtre

Le fauteuil est à cour, sur le devant de la scène, et dans le fauteuil il y a le maître du temps, qui va tenir le rythme de l’histoire, lancer, relancer. Pour travailler le temps, il s’appuie sur trois acteurs, une musicienne, et le public, qui va, par ses suggestions élucubrantes, décider du destin des personnages, des personnages aussi, d’ailleurs.

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Hier soir, ça a fait une histoire insolite, amusante, touchante, ça ne sert à rien de vous la raconter, la Honte de Caroline n’a eu qu’une soirée d’existence, vous ne la reverrez sans doute jamais. Mais nous on l’a vue, et on a passé une soirée trop courte à rire plus ou moins jaune, à rire tout le temps.

Ca n’est pas un match d’improvisation, qui peut s’enliser. C’est du vrai théâtre, du vrai théâtre improvisé, où chacun reçoit, prend et relance la balle de l’autre, quand parfois ils ne sont pas dans le même plan, ça ajoute du sel à la chose. C’est du théâtre maîtrisé, si l’un a construit un mur, l’autre attendra qu’il y ait une porte pour le franchir. C’est du théâtre rythmé, la maitresse du temps est là, relance, oriente, ajoute une épice quand il en est besoin. C’est une vraie maîtresse, l’œil sur la montre, « ça on le verra pas il va falloir conclure », quoi ? déjà ? c’est tellement prenant que je n’avais pas vu passer le temps. C’est du vrai théâtre, avec une histoire qui se tient, qui fait des tours et des détours au hasard des instant, avec des personnages tranchés et touchants, avec un destin qui nous implique.

Baroudeur et Fléchette étaient là, Fléchette qui n’a peur de rien a ajouté son grain de sel, quand on pose une question, elle répond. C’est donc elle qui a remué la clochette, choisi la posture de départ, que la salle a pimenté en « Ca se passe dans un mariage, l’une a envie de faire pipi, l’autre tient un cactus ».

Si vous doutez qu’on peut passer un excellent moment avec ce point de départ, allez vérifier. La seule chose que je peux vous dire, c’est qu’on a tous les trois passé un moment mémorable. Vous doutez encore ? La seule façon que vous avez de savoir, c’est d’aller voir.

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Merlin – Théâtre des Variétés

Joli pêle-mêle que ce Merlin au théâtre des Variétés, un peu de chant, un peu de magie, un peu de poésie, beaucoup de deuxième degré pour que les parents prennent aussi plaisir à être là.

L’histoire ? Le roi Pendragon meurt en laissant Excalibur enchâssée dans un rocher, Arthur la sortira. Entre temps le roi Ectorius tentera, avec la complicité de Morgane, de faire de son fils Kay le roi d’Angleterre. Oui, OliveOyl a trouvé qu’ils ne respectaient pas l’histoire, c’est pas si grave que ça. Bien sûr la magie de Merlin opérera, et Vivianne reviendra (Viviane ?).

On a vraiment passé un bon moment, la pièce marche, la magie aussi. Oui, il y a deux magie, celle d’un tour d’illusionnistes, et celle de Merlin, à coup de paillettes, de bave de crapaud, de fumées, de bulles de savon.

Je suis totalement rentré dans la poésie des lumières qui volent, comme l’amour, ici, là, un, deux, ok, j’ai un cœur d’enfant et un cœur d’artichaut. Comme j’ai aimé les jeux de mots au second degré pour les parents, ou le personnage de Kay, qui prend tout au pied de la lettre.

Bref un bon moment en famille, Baroudeur a trouvé ça « très bien », Fléchette « super méga bien ».

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Révisions au Ciné 13 Théâtre (Le Mariage Forcé de Georges Dandin / Hobobo)

Baroudeur révise ses fiches de lecture, en cette dernière semaine de l’année, plutôt que d’aller découvrir une pièce improbable, on a choisi de revoir un combo de pièces qu’on avait aimées, Le Mariage Forcé de Georges Dandin, et Hobobo, l’une à la suite de l’autre au Ciné 13. J’ai vraiment aimé revoir ces pièces.

Ma première vision du Mariage Forcé de Georges Dandin m’avait emmené du côté du rôle titre, le malheureux Georges. Là, j’ai eu le temps d’empathir les autres personnages, Angélique, sa femme, est-elle plus victime que manipulatrice, je me suis souvenu le temps de leur mariage de la face de XY et XX, mariés « de force » au sortir de l’adolescence parce que le ventre de XX s’arrondissait (mais « on n’avorte pas »), tout le monde pleurait sous les yeux d’un prêtre impassible, ce jour là dans l’église (pour la petite histoire, ils sont maintenant mariés depuis 30 ans, se détestent toujours, mais « on ne divorce pas »). Et puis Madame, Madame de Sottenville, la marionnettiste qui tire les fils de la volonté et du destin, j’ai retrouvé… les sœurs XX, ou tante XX, ou… une succession de générations où les mères faisaient le malheur de leurs enfants à coups de destins imposés, adoucis par les amours ancillaires. Autre temps, autres mœurs. Quoique…

Paradoxalement, Baroudeur a compris chacun des moments forts de la pièce, sans arriver à assembler tout ça en une histoire complète, il lui manque parfois quelques références !

En tout cas j’ai aimé ma seconde lecture du Mariage Force de Georges Dandin, et vais continuer à suivre les productions décalées de la troupe du Homard Bleu.

Et puis Hobobo. En vrai, je l’avais déjà revu, petite salle, petite énergie, petite forme. Hier soir, la salle était au tiers remplie, mais sur les premiers rangs (message aux spectateurs : n’allez pas vous planquer au fond de la salle, l’acteur joue pour vous, pas pour un siège vide au premier rang), et riait aux éclats, ça a marché dès les premières secondes, les éclats de rire ont fusés, l’alchimie a fonctionné, la magie a prise, et ça a été une superbe représentation, tout le monde en profitait, ça partait dans tous les sens, j’ai revu… c’est indescriptible, inracontable, comment partager le mime de la première bactérie (Maman) en pleine descente d’acide, le spectacle est à voir, à écouter, à ressentir, il se donne encore en janvier, on sait avec Baroudeur qu’on y retournera, c’est un des spectacles les plus barrés qui soient, à voir et à revoir. Bon, on ira à 19:00, pour emmener Fléchette.

Commentaire de Baroudeur : « C’était très bien ».

Merci à toute l’équipe du Ciné 13, merci à la compagnie du Homard Bleu, merci à Patrick de Valette pour cette superbe soirée. On a A.DO.RE.

Chanson Plus Bifluorée – Théâtre La Bruyère

Ca devait arriver un jour, c’est fait, je me suis fait chier à un spectacle de Chanson Plus Bifluorée. Pour Le Grand Casting, leur précédent spectacle mal né, je m’étais ennuyé, vraiment là… je me suis fait chier, il n’y a pas d’autre mot.

Pourtant je les aime, ces trois là, Sylvain, Michel, Xavier. J’ai vu tous leurs spectacles, depuis 1990, oui, ça fait du chemin. Mes enfants on entonné les CD dans la voiture. A Paris, en province.

Le spectacle ronronnait dans ses pantoufles, pour un public conquis d’amateurs qui reviennent tous les ans chantonner les airs connus. Des nouveautés ? si peu. Oui, des évolutions, citer Nolwenn Leroy au lieu de Patrick Bruel, bel effort.

Et se tromper dans les paroles de chansons qu’on fait depuis 10 ans ? vraiment ?

Un peu de chanson engagée ? pourquoi pas, mais alors faut y aller vraiment. De la parodie ? oui, c’est pour ça que je vous aime, mais pas pour voir éternellement une parodie des Trois Cloches (Edith Piaf, décédée en 1963, les Compagnons de la Chanson, terminés en 1985).

C’est vrai, on est le bon public. Là, j’avais emmené 8 personnes. 18/12/2014 : 12 personnes; 29/12/2015 : 6 personnes. L’an prochain, je reviendrai. Seul. Pour voir.

Au premier rang, au milieu du premier rang, il y avait un vrai fan, qui a demandé, attendu, réclamé Le Moteur à Explosion. On parle juste d’un titre qui était déjà dans leur spectacle de 1990. Mais non, c’était compliqué de sortir de ses pantoufles, de le lui faire en rappel supplémentaire.

Je crois que pour ça je leur en veux vraiment.

Baroudeur et Fléchette étaient là, venus voir des titres du catalogue qui remuent et dont ils avaient vus les vidéos, ils attendent encore. OliveOyl s’est ennuyée, elle n’aime pas trop le genre.

A tout hasard : le site du théâtre.

Le Conte d’Hiver – Théâtre 13 Seine

J’ai vécu un de mes plus grands moments de théâtre. Mais que c’est douloureux, la descente de Contediverite.

Une troisième fois ? Baroudeur et moi avons vu Le Conte d’Hiver pour la troisième fois en 15 jours ? Oui.

Je voudrais vous dire que c’était pour voir Lucie Botiveau prendre la suite de la belle Susanna Martini (que nous avons eu le plaisir de croiser en retirant nos places), mais non, c’est juste qu’on est addicts.

J’ai déjà vu des pièces de multiples fois (Le songe d’une nuit d’été, la nuit des rois) dans des versions très différentes, le même spectacle à chaque passage (le cirque invisible), je suis retourné voir un spectacle particulièrement apprécié (Bigre, Hobobo). Trois fois la même pièce en 15 jours, c’était la première fois.

La première fois, j’avais découvert, avec plaisir. La deuxième, j’attendais, c’est presque l’oeil technique. La troisième ? j’anticipais, et la magie était exponentielle. Attendre une réplique, l’anticiper, la savourer, en déguster l’effet, sur moi, sur la salle, le partager d’un sourire avec Baroudeur.

J’ai vécu un de mes plus beaux moments de théâtre, hier soir.

Ensuite, le cabaret. Les entendre chanter, leur générosité. Discuter, comprendre qu’on est loin d’être les seuls à être revenus, la dame à droite, la jeune femme en face, aussi, sont là pour la troisième fois. C’est un hasard, qui a réuni là trois addicts, trois addicts qui se racontent.

J’avais, un jour, théorisé la troisième fois, son importance. Première fois, appréhension de la découverte. Deuxième fois, application et performance. Troisième fois, savourer un chemin connu. Poursuivre et s’installer, ou décider d’arrêter et rester sur cette saveur.

Je viens de le vivre.

J’étais bien, pendant cette représentation, les répliques coulaient de mes lèvres, je savais où poser le regard, où guetter un sourire. J’avais aimé voir la pièce, j’ai adoré la vivre, la ressentir. J’étais dans l’envie, dans l’empathie. Ça s’est poursuivi pendant le cabaret.

Baroudeur a ressenti la fatigue, on s’est éclipsé, saluant d’un signe de tête. En franchissant la porte, j’ai réalisé que je ne les reverrai sans doute pas, en tout cas pas dans un horizon prévisible (oui, si je vois Agence des Voyages Imaginaires sur une affiche, je ne réfléchirai pas, je prendrai un billet). J’ai basculé dans la tristesse, malheureux. Le manque.

Le Conte d’Hiver par l’Agence des Voyages Imaginaires, quand on en a eu, on en veut encore, et quand on en a eu encore plus, on en voudrair encore encore plus. Sauf que je n’en aurai plus, il n’y en a plus. Alors je suis en manque. Je suis en pleine descente de Contediverite, c’est… pas facile.

Surtout que je suis addict. Si j’ai l’occasion d’en reprendre…

Le Conte d’Hiver – Théâtre 13 Seine

Revoir le Conte d’Hiver de l’Agence de Voyages Imaginaires au Théâtre 13 Seine ? Quand Baroudeur a émis l’idée, dans le métro qui nous ramenait, j’ai tout de suite été partant, réservé les places.

À la revoir en connaissant la mise en scène, la pièce gagne de la profondeur, j’ai été encore plus sensible aux petits détails, au jeu de chacun, aux surprises, aux jeux de mots. Oui, cette pièce est magique, l’Agence de Voyages Imaginaires nous a emporté une seconde fois dans son univers, généreux, énergique, serein. On les imagine au temps de Shakespeare, allant de ville en ville, posant leur scène, jouant, donnant de l’amour du texte et du jeu pour un soir, et repartant le lendemain pour un autre soir.

On était juste tous les deux, on est restés pour le Cabaret Shakespeare, après avoir joué la pièce, près de deux heures sur scène, il leur reste de l’énergie, de l’envie, de la générosité pour jouer pour nous, une nouvelle heure de musique, l’histoire de Shakespeare, du théâtre. Avec Riders on the storm, Love me tender, tant d’autres reprises, sur leurs instruments qui connaissent le vent plus que l’électricité. Et une version accordéon / cornemuse de London Calling qui m’a fait se dresser les poils sur les bras.

Baroudeur était fatigué, les reprises s’enchainaient, on s’est éclipsé.

Dans le métro, il s’est approché, m’a demandé « Papa, on peut revoir la pièce ? ». J’avais la même envie. On vous y croisera peut-être ?

Le conte d’hiver – Théâtre 13 Seine

L’Agence de Voyages Imaginaires. À lui seul leur nom est une invitation, une promesse, la promesse d’être pris par la main, emmené dans un monde où tout est possible, où rien n’est ce qu’il parait.

Le Conte d’Hiver est une des dernières pièces de Shakespeare, on y trouve un roi rendu fou par la jalousie, un bébé abandonné, une reine exécutée, un prince qui incarne un berger pour le coeur d’une bergère, un roi qui se déguise en musicien, un voleur… et une statue pour nous réchauffer le coeur.

L’Agence de Voyages Imaginaires en donne une version magnifique, onirique, énergique, épique, vibrante, circassienne. Une version généreuse, qui m’a réchauffé le coeur et l’esprit.

Le monde entier est un théâtre (William S.) ? Ils prennent la phrase au pied de la lettre. Les loges sont installées dans le hall du théâtre, ils commencent 10 minutes avant l’horaire en déambulant leur musique dans les couloirs. Et quand les applaudissements se sont tus, ils regagnent leurs loges, se démaquillent, et reprennent leurs instruments pour jouer un Cabaret Shakespeare, il n’y a plus de frontière entre le monde et le théâtre. Énergie ? Générosité ?

Au centre de la scène, un cercle, comme dans un cirque, dans lequel la pièce va se jouer (pour les premiers tableaux), autour, un espace dans lequels les comédiens changent de personnage, jouent de la musique, ils sont des artistes complets, ils se servent d’une galerie d’instruments pour la musique de la pièce qu’ils jouent en direct.

Ils remplissent la grande scène du Théâtre 13 (Seine), ils pourraient remplir la piste d’un cirque, jouer dans une carrière… l’espace ne leur fait pas peur, ils le font leur.

Je suis rentré dans la pièce dès l’arrivée de Léontès, le roi jaloux, sur la scène, et je crois que je n’en suis pas sorti. J’ai amié le jeu, la mise en scène, la scénographie, les costumes. C’est onirique, truculent.

Avec une mention spéciale pour la poésie avec laquelle ils nous font passer le temps entre les différents tableaux, Baroudeur et Fléchette me font le temps qui fuit en continu depuis.

Oui, OliveOyl, Baroudeur et Fléchette étaient là, Fléchette luttant pour ne pas s’endormir, fascinée par le sepctacle qui se déroulait sous ses yeux.

Ils sont là jusqu’au 18 décembre. Ne vous faites pas remplacer pour y aller.

La salle était comble et comblée, applaudissant debout à la fin du spectacle, criant des bravos et des compliments depuis le haut des gradins.

Un voyage imaginaire ? Un voyage extraordinaire dans l’imagination !

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