J’ai vécu une expérience rare et intense en assistant à Doll is Mine joué par Azuki au théâtre de Nesle. Arrivé avec la curiosité de découvrir un spectacle inclassable, j’en suis ressorti rempli de ce qu’on peut ressentir au cœur des ténèbres.

J’ai vécu une expérience rare et intense en assistant à Doll is Mine joué par Azuki au théâtre de Nesle. Arrivé avec la curiosité de découvrir un spectacle inclassable, j’en suis ressorti rempli de ce qu’on peut ressentir au cœur des ténèbres.

Au Théo Théâtre, la compagnie Oghma vous invite à un voyage dans le temps, entendre quatre contes de Perrault tels qu’ils se disaient à l’époque. Le texte de l’époque, la langue de l’époque, l’éclairage de l’époque. Un voyage qui vaut le coup, mis en scène par Charles Di Meglio, avec un grand bravo au jeu d’Elsa Dupuy.

Mes a priori ont pris une gifle en assistant au Tartuffe magistral qu’a imaginé Michel Fau au Théâtre de la Porte Saint Martin, et ça leur fait du bien.
Mademoiselle Frankenstein est devenue mon amie. Une pièce de théâtre ? Oui, et ses interprètes. Parce que ce n’est pas seulement une belle pièce, c’est une grande pièce.

C’était la cinquième fois que je voyais la pièce, la quatrième année. Il y a des pièces que j’ai vues trois, quatre, cinq fois pour des raisons très différentes, je finissais toujours par les connaitre par coeur, ne plus devenir attentif qu’aux détails pendant que le texte ronronnait.
Hier soir, j’ai encore, à nouveau, été pris, été saisi. Bien sûr Frédéric Gray était assis quand nous sommes entrés dans la salle, bien sûr le rideau frémissait comme s’il était vivant, bien sûr Christelle Maldague est apparue. Bien sûr nous sommes rentrés dans la compréhension de l’âme de Mary Shelley, de la naissance de Lazarro Spallanzani. Bien sûr j’ai écouté les aphorismes de l’anglaise désinvolte, vu tourner les yeux de l’italien démoniaque.
J’ai écrit un jour que Mademoiselle Frankenstein est comme un film de M Night Shyamalan, à voir deux fois. Je me suis trompé. Un film de MNS se voit deux fois, et on en a fait le tour. Mademoiselle Frankenstein, comme un vrai ami, a quelque chose de plus à dire à chaque rencontre.
J’ai revu la pièce, et je l’ai découverte, savourée, comme si c’était la première fois. Je me suis laissé emporter, surprendre. J’ai été emporté, surpris, étonné, séduit. J’ai savouré le jeu des acteurs, admiré le jeu des lumières (un coup de chapeau, au passage, au travail du régisseur). J’ai relu ces genèses imbriquées, j’ai marché.
L’an dernier c’était la dernière saison à La Folie Théâtre, la représentation d’hier soir l’ultime représentation de la pièce dans l’écrin qui l’a vue naitre. La pièce continue, elle vit, tourne, en région parisienne, en province. Dans des salles de toutes tailles.
Je suis serein, je la reverrai. C’est une amie, on revoit toujours ses amis.
Smoking jouait au Marcounet le 31 octobre, à l’occasion de la sortie de Train Bleu, le premier album du groupe. Un beau moment de jazz et d’amitié. La bonne nouvelle ? Ils reviennent le 23 novembre !
En sortant de Au Départ, j’ai eu l’impression d’être passé à côté de la pièce. J’ai eu l’impression que la pièce s’adressait aux mères, que pour la comprendre il fallait avoir accouché. Désolé, je ne suis qu’un père.

Un très grand spectacle dans une toute petite salle, voilà la surprise que j’ai eue à La Croisée des Chemins avec Ludwig, une belle pièce écrite et mise en scène par Olivier Schmidt, superbement interprétée par Julien Hammer et Charlotte Moineau.
Lire la suite
Une journée d’une famille en Tchécoslovaquie en 1984, Elle est la fille d’un écrivain dissident, Lui est ancien directeur des films, renvoyé aux archives, leur Fils étudie la médecine. Une journée particulière, celle de son anniversaire à Elle, l’occasion de faire tomber les masques et dévoiler les vérités.

Depuis décembre 2011, quand j’avais vu pour la première fois Les Franglaises à La Pépinière, rien n’a changé, et pourtant tout a changé, ce ne sont plus les Franglaises, ce sont les Franglaisissimes, qui méritent standing ovation et superlatifs.

Petite déception avec le Fantôme de Canterville, adaptation pour 5-10 ans de la nouvelle d’Oscar Wilde, qui passe un peu à côté de cette langue si vive et acérée.

Arrivé dubitatif à la Folie Théâtre pour cette représentation de l’Ingénu, j’en suis reparti convaincu et séduit, oui, on peut faire d’un roman philosophique une pièce de théâtre passionnante.

Dimanche 24 septembre, Gabor Rassov sera à La Folie Théâtre pour débattre autour de sa pièce Les Amis du Placard, et je vais regretter, maintenant que j’ai vu la pièce, de ne pas pouvoir assister à ce débat.
En sortant de la représentation, j’étais perturbé, perplexe, je n’avais pas vu ce que je croyais aller voir. Une nuit passée dessus, je suis toujours perturbé, perplexe. Perturbé par ce que j’ai vu. Perplexe devant mes propres réactions.

« Dans la société imaginée par Gabor Rassov, et qui nous rappelle étrangement la nôtre, il est possible de s’acheter des amis. Une fois achetés, ces amis se doivent contractuellement d’assouvir vos envies et vos désirs. Bref, de vous plaire, sous peine d’être renvoyés au fournisseur. En toute amitié, bien sûr. » Je m’attendais à rire, et, j’avoue, à rire gras. J’ai ri. Jaune. Noir. Pour évacuer.
Le propos des Amis du Placard est clair, il se dévoile petit à petit. Le texte de Gabor Rassov a une direction précise, il sait où il va, et emmène le public sans aucun détour, sans brouiller aucune piste. La mise en scène de Cédric Weber est tout aussi précise, elle soutient efficacement le propos.
Deux couples d’acteurs, les possédants et les possédés. La encore, le jeu est précis, contrôlé. J’ai d’abord été gêné par le jeu d’Alexandra Causse et de Johan Coste, je ne ressentais rien quand celui d’Hélène Phénix et Morad Tacherifet me touchait, me prenait aux tripes. J’ai aimé les uns au premier instant, détesté les autres au fil de la pièce. Comment faire différemment ? N’est-ce pas ce que veut l’auteur ?
Le propos de la pièce est perturbant, sommes-nous proche de cette société là ? Si la réponse est oui, c’est terrifiant. Je me rassure en me disant que pour l’instant, ce n’est que sur les réseaux sociaux qu’on peut s’acheter des amis.
Oui, vous pouvez aller voir la pièce. Mais n’y allez pas seul, allez-y avec une compagnie avec qui vous pourrez échanger en sortant. J’y suis allé avec Baroudeur, il a vu et compris beaucoup de choses, là je suis content que le sens de la pièce lui ait échappé, quand on est sortis, il n’a pas, pour une fois, réclamé de dîner au Cent Kilos, il voulait rentrer.
A La Folie Théâtre jusqu’au 12 novembre 2017 – vendredi et samedi à 20h00; dimanche à 18h30
PS : je me souvenais d’avoir déjà apprécié le jeu de trois des acteurs, je les avais vus sur cette même scène l’été 2016 dans Cuisine et dépendances / Un air de Famille, une belle compagnie que l’heur du T
En une phrase : Mary Shelley, 15 ans après avoir écrit Frankenstein, face à sa création. Un petit bijou de pièce, actuellement en tournée, à voir si vous avez la chance qu’elle passe près de chez vous.

J’ai passé un excellent moment devant Un Piano Nommé Désir, un voyage initiatique politiquement incorrect dont on sort en se disant que sa crise de la tantaine a finalement été une promenade de santé. Un texte de Franck Cappi, superbement servi par Agnès Godey et Eric Beslay, au Théâtre Montmartre Galabru.

S’il ne fallait qu’une seule raison de voir la pièce, ce serait la performance d’Anne Benoit dont le rôle est presque muet et que j’ai regardée avec fascination pendant toute la pièce.

La vraie vie s’annonce comme un vaudeville contemporain écrit par Fabrice Roger-Lacan et mis en scène par Bernard Murat où contretemps et quiproquos sont les révélateurs des névroses en quête d’une vérité qui se paye leur tête. Je n’ai pas vraiment ressenti ça en assistant à la représentation. Un vaudeville, des quiproquos, des contretemps, j’attends du rythme, une pièce qui pétille, des rebondissements qui partent dans tous les sens.
J’ai vu une pièce plutôt amusante, qui vaut plus par le jeu des acteurs que par la force de son texte.
Guillaume de Tonquédec fait le job, il fait du Guillaume de Tonquédec en s’amusant, ça se sent, ça lui va bien. Le jeu de Léa Drucker, tout en finesse et en retenue, va parfaitement avec son personnage.
Surtout, surtout, j’ai apprécié le jeu d’Anne Benoit (que j’avais vue sur cette même scène dans Couple il y a quelques mois). Son rôle est presque muet, son jeu fait de gestes, de mines m’a impressionné, il y a eu des moments où j’ai cessé de suivre l’action pour la voir tellement elle était lumineuse. Bref je l’ai trouvée magique, je pourrais retourner voir la pièce pour ne plus regarder qu’elle.
Une pièce intéressante, à voir, vous l’avez compris, pour le jeu d’Anne Benoit.
Théâtre Edouard VII du mardi au samedi à 21h00, samedi 17h00, dimanche 15h30
C’est une superbe version décapée de la pièce décapante de Feydeau que donnent Les Sans Chapiteau Fixe au Théâtre 13. Une version énergique, chantée, dansée, au cordeau, à aller voir absolument.

Des Papilles dans le Ventre, c’est plus qu’un spectacle, c’est un tableau sensoriel et émotionnel, c’est un hommage à la vie, une envie de vivre féroce et contagieuse.

Merlin apparaît sur la scène intimiste de la Petite Folie, il vient nous conter comment il a remis en ordre le Pays Enchanté où vivent les fées, des petites fées attachantes, chacune dotée d’un sacré caractère, sous la baguette de leur reine, le jour où devait avoir lieu le grand bal des fées.

Je cherchais un bon spectacle de magie à aller voir en famille, je n’ai pas trouvé ce que je cherchais dans le spectacle d’Antonio le Magicien à l’Apollo Théâtre.
A sa décharge, c’était la première du spectacle, il semble que c’était sa toute première prestation dans une salle de spectacle avec des spectateurs payants, lui qui depuis 25 ans anime des séminaires d’entreprise, fait des passages sur des chaines de télévision, a – parait-il – été L’Incroyable Talent français il y a peu. Il l’a dit en arrivant, je ressentais sa nervosité, il échangeait avec son (producteur ? metteur en scène ?) pour savoir où il en était du temps.
A l’entendre, je ne doute pas qu’il fait merveille dans un séminaire de commerciaux, à détendre l’atmosphère entre chaque présentation, avec des blagues adaptées à l’auditoire, en se moquant de cet auditoire.
Un spectacle, c’est différent. Ce ne sont pas des individus qui sont payés pour écouter et à qui on offre quelques blagues, moqueries et tours pour les détendre, ce sont des couples, des amis, des familles, qui ont payé leur place et qui attendent un spectacle de qualité.
Au delà du rythme (le spectacle se trainait, les tours ne s’enchainaient pas), ce sont les blagues, l’interaction d’Antonio avec la salle, son comportement avec les jeunes femmes qu’il a fait monter sur scène qui m’ont gêné.
En séminaire face à un groupe essentiellement masculin, je ne doute pas que de mentionner la blague qu’on peut faire avec le prénom Véronique génère des éclats de rire, devoir répondre à la question de Fléchette « Papa, j’ai pas compris », c’est autre chose. Je ne parle pas du fait de se moquer du prénom de telle spectatrice, des autres blagues lourdingues et sexistes, ou de frôler d’un air explicite les jeunes femmes qui ont accepté de monter sur scène.
Et la magie dans tout ça ? Des tours déjà vus ici et là, souvent bien exécutés, c’est vrai.
De la magie un vendredi à 20h00, j’avais emmené OliveOyl, Baroudeur et Fléchette, je le regrette vraiment. Et, pour la première fois de la saison, je regrette l’achat de ces billets. Parce que dans ce spectacle, il n’y avait aucun moment de grâce.
A l’Apollo Théâtre jusqu’à fin juillet.
Le site d’Antonio le Magicien
Une fois encore, James Thiérrée et la Compagnie du Hanneton m’ont fait rêver, avec La grenouille avait raison, leur nouveau spectacle. Une fois encore, j’ai assisté à un spectacle onirique, je suis entré dans la salle, j’ai ouvert les yeux, et j’ai rêvé, rêvé d’un monde où les lois de la mécanique ne s’applique pas, où seule la gravité du destin existe.