A La Folie Théâtre, une pièce sympathique aux effluves d’Italie qui, malgré son sujet un peu lourd, rebooste et donne envie de vivre joyeusement.

A La Folie Théâtre, une pièce sympathique aux effluves d’Italie qui, malgré son sujet un peu lourd, rebooste et donne envie de vivre joyeusement.

Mina Ségui revisite ses Histoires d’Hommes dans une nouvelle mise en scène, les femmes sont plus sensuelles, plus actrices de leur destin, à (re)découvrir à La Folie Théâtre

Laetitia Lebacq donne une Lettre d’une Inconnue bluffante, impressionnante d’engagement, à La Folie Théâtre. A voir si vous avez un cœur.

Des couples qui se bouffent le nez avec les mots pleins de l’humour moqueur de Jean-Michel Ribes, c’est la promesse tenue d’une bonne soirée dont on sort avec le moral au beau fixe, parce que ce n’est pas nous qui étions dans ces situations biscornues.

Arc en sexe – Prostitutions parle avec humanité de prostitué.e.s, de leur vie, de leur destin, parce que derrière chaque moment vendu d’un corps, il y a une personne, avec toute son humanité.

Simon Bensa donne à La Folie Théâtre sa vision personnelle du Conte d’Andersen. Avec sa vision imaginative et poétique, il emmène les enfants dans un voyage au pays d’oiseaux au comportement presque humains. Une mise en scène de Thierry Jahn.

La Petite Folie, à La Folie Théâtre, est un bel écrin pour le beau texte de Danièle Mahaut, un moment clé dans la vie de deux femmes qui auraient du se détester et qui vont être chacune pour l’autre la clé d’un futur épanoui. Merci d’être passée, un texte plein d’émotions, d’humour, d’impudeur pudique et de légèreté malicieuse, justement récompensé par le P’tit Molière 2017 du Meilleur Auteur Vivant.

Hoc ou le nez, histoire très simple et très improbable d’un major qui perd son nez, un beau texte dans une mise en scène très imaginative de la compagnie Firmin Poivre à la Folie Théâtre

Je suis sorti nostalgique et souriant de Persée (la palpitante épopée pipée perpétuelle), à La Folie Théâtre. A voir si vous avez envie l’esprit ouvert et l’envie de rire d’une épopée brouillonne, pas si vous êtes un exégète de la mythologie grecque.

Parfois, il faut oser pour faire avancer les choses. Une femme Extraordinaire qui se joue à La Folie Théâtre est une pièce qui ose sacrément, qui défend un point de vue et l’assume. Anna Stern et Daniel Hederich, les acteurs, ont l’impudeur de jouer le texte d’Arthur Vernon, c’est déjà, en soi, une sacrée performance. A réserver aux yeux qui ne se choquent pas facilement.

Mademoiselle Frankenstein est devenue mon amie. Une pièce de théâtre ? Oui, et ses interprètes. Parce que ce n’est pas seulement une belle pièce, c’est une grande pièce.

C’était la cinquième fois que je voyais la pièce, la quatrième année. Il y a des pièces que j’ai vues trois, quatre, cinq fois pour des raisons très différentes, je finissais toujours par les connaitre par coeur, ne plus devenir attentif qu’aux détails pendant que le texte ronronnait.
Hier soir, j’ai encore, à nouveau, été pris, été saisi. Bien sûr Frédéric Gray était assis quand nous sommes entrés dans la salle, bien sûr le rideau frémissait comme s’il était vivant, bien sûr Christelle Maldague est apparue. Bien sûr nous sommes rentrés dans la compréhension de l’âme de Mary Shelley, de la naissance de Lazarro Spallanzani. Bien sûr j’ai écouté les aphorismes de l’anglaise désinvolte, vu tourner les yeux de l’italien démoniaque.
J’ai écrit un jour que Mademoiselle Frankenstein est comme un film de M Night Shyamalan, à voir deux fois. Je me suis trompé. Un film de MNS se voit deux fois, et on en a fait le tour. Mademoiselle Frankenstein, comme un vrai ami, a quelque chose de plus à dire à chaque rencontre.
J’ai revu la pièce, et je l’ai découverte, savourée, comme si c’était la première fois. Je me suis laissé emporter, surprendre. J’ai été emporté, surpris, étonné, séduit. J’ai savouré le jeu des acteurs, admiré le jeu des lumières (un coup de chapeau, au passage, au travail du régisseur). J’ai relu ces genèses imbriquées, j’ai marché.
L’an dernier c’était la dernière saison à La Folie Théâtre, la représentation d’hier soir l’ultime représentation de la pièce dans l’écrin qui l’a vue naitre. La pièce continue, elle vit, tourne, en région parisienne, en province. Dans des salles de toutes tailles.
Je suis serein, je la reverrai. C’est une amie, on revoit toujours ses amis.
Petite déception avec le Fantôme de Canterville, adaptation pour 5-10 ans de la nouvelle d’Oscar Wilde, qui passe un peu à côté de cette langue si vive et acérée.

Arrivé dubitatif à la Folie Théâtre pour cette représentation de l’Ingénu, j’en suis reparti convaincu et séduit, oui, on peut faire d’un roman philosophique une pièce de théâtre passionnante.

Dimanche 24 septembre, Gabor Rassov sera à La Folie Théâtre pour débattre autour de sa pièce Les Amis du Placard, et je vais regretter, maintenant que j’ai vu la pièce, de ne pas pouvoir assister à ce débat.
En sortant de la représentation, j’étais perturbé, perplexe, je n’avais pas vu ce que je croyais aller voir. Une nuit passée dessus, je suis toujours perturbé, perplexe. Perturbé par ce que j’ai vu. Perplexe devant mes propres réactions.

« Dans la société imaginée par Gabor Rassov, et qui nous rappelle étrangement la nôtre, il est possible de s’acheter des amis. Une fois achetés, ces amis se doivent contractuellement d’assouvir vos envies et vos désirs. Bref, de vous plaire, sous peine d’être renvoyés au fournisseur. En toute amitié, bien sûr. » Je m’attendais à rire, et, j’avoue, à rire gras. J’ai ri. Jaune. Noir. Pour évacuer.
Le propos des Amis du Placard est clair, il se dévoile petit à petit. Le texte de Gabor Rassov a une direction précise, il sait où il va, et emmène le public sans aucun détour, sans brouiller aucune piste. La mise en scène de Cédric Weber est tout aussi précise, elle soutient efficacement le propos.
Deux couples d’acteurs, les possédants et les possédés. La encore, le jeu est précis, contrôlé. J’ai d’abord été gêné par le jeu d’Alexandra Causse et de Johan Coste, je ne ressentais rien quand celui d’Hélène Phénix et Morad Tacherifet me touchait, me prenait aux tripes. J’ai aimé les uns au premier instant, détesté les autres au fil de la pièce. Comment faire différemment ? N’est-ce pas ce que veut l’auteur ?
Le propos de la pièce est perturbant, sommes-nous proche de cette société là ? Si la réponse est oui, c’est terrifiant. Je me rassure en me disant que pour l’instant, ce n’est que sur les réseaux sociaux qu’on peut s’acheter des amis.
Oui, vous pouvez aller voir la pièce. Mais n’y allez pas seul, allez-y avec une compagnie avec qui vous pourrez échanger en sortant. J’y suis allé avec Baroudeur, il a vu et compris beaucoup de choses, là je suis content que le sens de la pièce lui ait échappé, quand on est sortis, il n’a pas, pour une fois, réclamé de dîner au Cent Kilos, il voulait rentrer.
A La Folie Théâtre jusqu’au 12 novembre 2017 – vendredi et samedi à 20h00; dimanche à 18h30
PS : je me souvenais d’avoir déjà apprécié le jeu de trois des acteurs, je les avais vus sur cette même scène l’été 2016 dans Cuisine et dépendances / Un air de Famille, une belle compagnie que l’heur du T
Merlin apparaît sur la scène intimiste de la Petite Folie, il vient nous conter comment il a remis en ordre le Pays Enchanté où vivent les fées, des petites fées attachantes, chacune dotée d’un sacré caractère, sous la baguette de leur reine, le jour où devait avoir lieu le grand bal des fées.

Un très très grand bravo pour La Mécanique du Coeur, à La Folie Théâtre, un des meilleurs spectacles que j’ai vus cette saison, j’ai vibré pour ce Jack au cœur gelé, au cœur d’horloge.

Certaines pièces (La Femme du Boulanger par exemple) valent le coup pour leur scène finale, et c’est le cas de Deux âmes en noir sur un toit blanc, que donne la troupe Les Serges à La Folie Théâtre, qui vous amène petit à petit à un moment d’émotion vraie que le public a pris le temps d’avaler à coup de longs applaudissements.

J’ai vu une superbe pièce, hier soir, Ouragan Cat 5 à La Folie Théâtre, mais surtout j’ai été subjugué par le jeu de Candice Méchaly, tout en pudeur et en retenue, la colonne vertébrale de la pièce écrite et mise en scène par Nicolas Rocq.

Un hymne aux femmes douées qui se mettent en retrait pour soutenir leur mari, les angoisses de l’auteur et la façon dont son succès peut bloquer sa création, voilà le bijou que m’a conté avec autant de doigté que de finesse la compagnie Intersignes à La Folie Théâtre.

Histoires d’hommes, en fait, ce sont des histoires de femmes, une femme qui raconte des histoires de femmes, des émotions de femmes, amour, peur, colère, et les hommes ne sont jamais bien loin.
