Lettre d’une inconnue

Laetitia Lebacq donne une Lettre d’une Inconnue bluffante, impressionnante d’engagement, à La Folie Théâtre. A voir si vous avez un cœur.

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J’ai revu Lettre d’une inconnue. Je me suis totalement laissé embarquer, à nouveau, par le jeu de Laetitia Lebacq, par son engagement. Et cette fois par l’histoire. L’histoire de cette adolescente, jeune fille, femme, qui va par trois fois croiser la route de R., écrivain connu et séducteur reconnu, qui va l’aimer follement, sans jamais qu’il se souvienne d’elle. Qui va porter son enfant, mourir pour lui.

La mise en scène fluide de Denis Lefrancois tire profit de tout l’espace de la Grande Folie, la scène, bien sûr, la salle, aussi. Il l’explore avec des scènes dansées, joue de la lumière pour isoler les espaces.

L’homme en moi était forcément sensible à la sensualité du jeu, sensualité équivoque de l’adolescente, sensualité naissante de la jeune fille, sensualité assurée de la femme, mais toujours sensualité assumée. Sensible, aussi, au point de vue de R., qui ne voit pas cet amour, qui saisit les opportunités qui lui sont offertes, qui restera, après la pièce, le seul à s’interroger, ou pas. Si je reste persuadé que Stefan Zweig écrit pour les âmes féminines, hier soir il a touché les deux parts de la mienne, la masculine, la féminine.

Il y a de l’urgence dans le texte, cette lettre doit être finie d’écrire avant que la mort ne vienne, une urgence rendue par une diction très rapide, Laetitia Lebacq dit le texte à toute vitesse, et même quand elle accélère encore, elle reste compréhensible. Son jeu démontre qu’au delà de la justesse, au delà de la maitrise, au delà de la virtuosité, il y a encore quelque chose. Quelque chose qu’elle a atteint ce soir.

Fléchette avait voulu venir, Baroudeur avait suivi. Le propos de la pièce n’est pourtant pas facile, une pièce qui commence par la mort d’un enfant, qui se termine quand la mère a mis fin à ses jours. Tous les deux ont écouté très sérieusement le propos de la pièce, chacun serrant parfois ma main. On s’est assis, après la pièce, ils voulaient que je note, c’était important pour eux. Ils savent que j’écris ces chroniques, que peut-être vous déciderez si vous pouvez emmener vos enfants au filtre de leurs réactions.

Fléchette : La pièce est triste, mais il y a beaucoup d’amour dans la pièce. On sentait vraiment qu’elle y croyait. L’actrice s’est donnée à fond. Vraiment, elle ne fait pas ça pour l’argent, mais parce qu’elle y croit.

Baroudeur : Il y a beaucoup de sentiments dans la pièce. On sent vraiment qu’elle est amoureuse de quelqu’un. Elle a bien joué les trois rôles, la pièce est bien organisée. On sent vraiment qu’elle est dans son rôle.

La salle était de cet avis, qui a remercié l’engagement de Laetitia Lebacq de nombreux Bravos et d’une standing ovation.

A La Folie Théâtre jusqu’au 8 avril 2018 – jeudi 19h30 – samedi 18h00 – dimanche 16h30

Une pièce éligible aux P’tits Molières 2018

 

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