85 B

A La Folie Théâtre, une pièce sympathique aux effluves d’Italie qui, malgré son sujet un peu lourd,  rebooste et donne envie de vivre joyeusement.

85B

Chloé, en pleine forme, nous accueille en souriant dans sa cuisine à notre entrée dans la salle, elle prépare un minestrone, qui sent diablement bon, c’est la fête ce soir. Et puis on repart un petit peu en arrière, 5-7 ans en arrière. Chloé nous parle d’elle, de ses petits seins. De son rendez-vous de routine chez le médecin, qui n’a pas été de routine, de la suite des examens, des soins. Surtout, de son environnement, son compagnon, son père, sa mère, de leurs réactions.

Plutôt que raconter, elle fait vivre ces moments, une louche devient le généraliste, un choux-fleur le grand spécialiste. Elle mime, anime les objets, joue des ombres. Plus que son combat, elle raconte les réactions des gens, ceux qui l’entourent, ceux qui la croisent. La gêne du médecin, l’incompréhension des clientes chez le coiffeur – oui, ses cheveux sont tombés. Son compagnon, enfermé dans sa bulle. Son père, chef d’entreprise, désarmé de ne pas pouvoir agir. Sa mère, qu’il faut protéger, qui veut bien faire en courant les herboristeries.

Chloé s’évoque peu, presque techniquement, factuellement. Elle parle des autres, beaucoup, de leurs réactions, si humaines.

J’ai trouvé le tableau très vrai, très humain. J’ai trouvé, dans la théière qui figure le père, dans le torchon qui figure le compagnon sportif, dans le moule a brioche qui figure la mère, des représentations empathiques, de vrais sentiments.

Je suis un homme, je me suis laissé amuser par le côté sympathique de la pièce, je guettais du coin de l’œil la partie féminine du public, j’ai perçu deux catégories, certaines souriaient, amusées, d’autres étaient concentrées, concernées, elles observaient avec attention, approuvaient d’un hochement de tête certains moments, en réfutaient d’autres avec un air très négatif, comme si elles revivaient leur propre histoire. Peut-être l’histoire de leur sein, cette « masse graisseuse » si particulière (jamais je n’ai pensé à un sein comme une « masse graisseuse »).

Pendant toute la représentation, Chloé prépare son minestrone, celui qui sent si bon, épluche des légumes, prépare des toast tomates-mozzarella-basilic (et l’huile d’olive ?). C’est très malin, on pourrait ressortir de la salle en embarquant une part de pathos, « quand même, la pauvre », on ressort en ayant faim. Une bonne faim, bien positive. De celles qu’on a envie de combler immédiatement. On va la combler, ça fait du bien. On va mieux, on a le sourire, on est plein d’énergie, de son énergie positive et contagieuse.

Voilà, c’est l’effet que m’a fait 85 B : donner le sourire, booster mon énergie et mon envie de vivre. De vivre joyeusement.

A La Folie Théâtre jusqu’au 31 mai 2018 – jeudi 20h30

Avec : Alexandra David
Texte et mise en scène : Delphine Bernard
Compagnie Le théâtre des Ricochets

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