
37 Heures à La Flèche : Elsa Adroguer dit comment l’emprise s’installe, comment Camille a été abusée sexuellement, comment elle remonté le fil de sa mémoire. Un spectacle noir, glaçant, bouleversant. Un spectacle dur, fort, nécessaire. Du grand art.

37 Heures à La Flèche : Elsa Adroguer dit comment l’emprise s’installe, comment Camille a été abusée sexuellement, comment elle remonté le fil de sa mémoire. Un spectacle noir, glaçant, bouleversant. Un spectacle dur, fort, nécessaire. Du grand art.

Lettres non écrites au Rond Point : David Geselson, accompagné de Servane Ducorps et de Jérémie Arcache, lit des lettres inspirées de messages non envoyés confiés par des inconnus. Dans ce spectacle savoureux, il est le chef de l’orchestre des émotions de son public.

Exil Intérieur à La Reine Blanche : Lise Meitner a décrit le mécanisme de la fission nucléaire, nous en dépendons au quotidien. Elisabeth Bouchaud raconte avec talent comment son rôle a été minimisé, comment le prix Nobel ne lui a pas été attribué, comment elle était une belle personne. Une pièce de la série Les Fabuleuses.

La Forme des Choses à La Flèche : superbe histoire noire de Neil Labute, une artiste border line rencontre un homme insignifiant, le transforme en un séducteur sûr de lui, au prix de ses amitiés passées. Mila Michael et Eliot Vincent sont excellents dans cette pièce à découvrir d’urgence.

Les Jeux à La Flèche : Il fait de la solitude un statut, il pose son regard sur le monde, joue à en prendre le contrôle. Coup de Coeur pour l’excellent seul en scène d’Adrien Madinier. Mélange bien dosé de surréalisme, de fantaisie et de poésie au texte fin et intelligent

Pan et Syrinx à La Flèche : poursuivie par le désir de Pan, la nymphe Syrinx trouve le salut dans sa disparition au milieu des roseaux. Matthias Deau transpose le mythe dans un environnement urbain. Une bonne idée dont le fil mériterait d’être mieux tiré.

PUNK.E.S à La Scala Paris : Rachel Arditi et Justine Heynemann racontent l’histoire des Slits, de leur rencontre à Cut, leur premier album. Mêlant histoire du groupe, playlist de l’époque et les titres des Slits, la bombe d’énergie et de vie emmenée par Charlotte Avias emporte un public bigarré socialement… et générationnellement.

Prix NO’Bell à La Reine Blanche : la vie et la philosophie de Jocelyn Bell, qui identifie le signal émis par un Pulsar, une découverte qu’Antony Hewish s’attribuera et qui lui vaudra le prix Nobel. Un texte d’Elisabeth Bouchaud, une mise en scène chorégraphique et douce de Marie Steen, où Clémentine Lebocey incarne Jocelyn Bell avec talent et irradiation.

Tant qu’on vit à la Comédie Nation : finement dirigé par Anne de Peufeilhoux, Eric Pujol, tendre et pudique, confronte la lâcheté de son père à deux moments un peu tabous, coming out et fin de vie. Un spectacle apaisant qui vous fera réfléchir.

Rimbaud, Cavalcades à l’Essaïon Théâtre : écrit par Romain Puyuelo et Nicolas Vallée. Un spectacle rythmé, un jeu illustratif entre rire et respect, pour découvrir la vie et les mots de Rimbaud.

Lumières, Lumières, Lumières à La Croisée des Chemins : Virginie Bourguet et Stéphanie Pomeau, intéressantes Madame Ramsey et Lily, le cheminement de leurs réflexions parallèles crée un malaise croissant, jusqu’à un échappatoire inéluctable.

Darius au Lucernaire : Jean-Benoît Patricot, maître des émotions pudiques. Le dialogue épistolaire entre les talentueux Catherine Aymerie et François Cognard leur fera, malgré les épreuves, trouver la sérénité au bout d’un chemin d’envies, de défis et de volontés.

Choisis la vie et tu vivras à l’Essaïon Théâtre : les mots qui font du bien de Christiane Singer, portés avec délicatesse et respect par Laurent Brouazin. Une réflexion sur le monde conclue par le conseil essentiel de ne pas rester seul avec ses blessures.

Holyshit! à La Reine Blanche : Sarah Marcuse, dynamique et bienveillante, raconte l’inceste dont elle a été victime, la force qui l’a portée pour reconstruire son monde, les magiciennes qui l’ont aidée à s’en libérer. Un spectacle précieux, un voyage initiatique généreux qui m’a profondément touché.

Nom au Rond Point : Victoria Quesnel, mise en scène par Hugues Jourdain, est impressionnante. Son cri tripal, viscéral, donne du corps, du sens et de l’émotion à la colère de Constance Debré. On ira savourer avec plaisir son interprétation jubilatoire.

Second Souffle au Funambule Montmartre : Morgane Raoux raconte comment elle s’est construite dans le monde de la musique, où la masculinité toxique règne en maîtresse graveleuse. Comment elle s’est relevée quand ses poumons l’ont lâchée.

Le Papier Peint Jaune : sur des mots de Charlotte Perkins Gilman, Lætitia Poulalion explore avec délicatesse et talent la plongée obsessionnelle d’une jeune femme, une jeune mère, enfermée par son mari médecin dans une vieille demeure. Un spectacle bluffant et impressionnant. Un coup de cœur

Araberlin à la Comédie Nation : comment la xénophobie fait exploser l’univers d’Aïda, une allemande née au Liban à la vie banale, et l’envoie sur les sentiers de la violence. Un beau texte de Jalila Baccar sur ce sentiment atavique dont on accepte pas les conséquences.

Le Malade Imaginaire aux Bouffes du Nord : Tigran Mekhitarian signe une belle mise en scène qui donne aux mots de Molière le phrasé des banlieues et des collégiens et les couleurs du goût du jour. Un Molière fédérateur qui plaira à tous, qui va chercher ceux qui ne vont jamais au théâtre.

L’Aquoiboniste à la Scène Libre : Bertrand Skol, impressionnant sur le texte de Jean-Benoît Patricot. Un homme déclaré mort remonte par amour les traces d’un passé qui semble l’avoir oublié. Un homme face à deux peurs primales : la mort, la mer. Magnifique.