CLIO – Home gig

CLIO, c’est une artiste majuscule. Elle est encore toute jeune, toute fine, toute timide. Elle détourne les yeux, comme si elle allait se bruler. Mais quand chante… c’est magique. Je la sens comme le résultat de la fusion de Barbara et de Françoise Hardy.


Accompagnée à la guitare par Gilles Clément, rassurée par sa présence, elle nous accueille dans son univers intimiste, à la fois léger et profond, elle nous régale de petits bonbons acidulés.

Ses textes sont beaux, poétiques. Sur l’album (ah oui, elle a sorti le 01/04/16 son premier album), on trouve Les équilibristes, sur les enfants qui apprennent à faire du vélo, ou Eric Rhomer est mort (deux versions, dont une avec Fabrice Luchini, pas mal pour un premier album, non ?). En concert, elle donne Amoureuse, il faut ne pas avoir de coeur pour ne pas fondre à l’écoute d’Amoureuse.

Le site web de CLIO

Transsibérien si je suis – Théâtre 13

En une phrase : coincé dans les arcanes d’une administration Kafkaïenne, un auteur écrit l’histoire d’un chanteur dépassé que les vapeurs de l’alcool vont amener à imaginer qu’il fait une tournée Brest Vladivostok.

Une bombe émotionnelle, à bien des égards.

D’abord, la preuve qu’il faut faire confiance. Je vais au Théâtre 13 depuis… 2002, je suis (du verbe être) bien dans leur programmation. Transsibérien était étrangement annoncé, la création d’une pièce, un dimanche après midi, au milieu des vacances scolaires, la confiance est devenue aveugle.

Ensuite la pièce, superbe, une plongée dans un univers Kafkaïen dont on s’évade en inventant un héros comme seuls les Russes savent les inventer, qui rêvent leur vie dans les brumes de l’alcool, qui fuient leurs cauchemars en se laissant absorber par la vie qu’ils ont rêvée. Était-ce un seul en scène imagé, ou un spectacle onirique à la Savary ? En tout cas c’était magique, unique, beau.

Trois niveaux d’action intriqués, un œuvre magistrale.

Enfin… Baroudeur, c’est sa première pièce de « théâtre pour grand, j’en ai marre du théâtre pour petits », rentré dedans, subjugué, qui suivait tout, à sa façon, assis au milieu du premier rang. Je me souviens du regard intrigué de l’auteur-metteur en scène-acteur au moment des saluts.

Jouer juste – Akteon

En une phrase : autant une performance d’artiste contemporain qu’une pièce de théâtre, à voir pour son esthétique.

Certainement la surprise de ma saison, la pièce à laquelle je suis allé à reculons et dont je suis sorti bluffé.

Parce que… ce que peut dire l’entraineur d’une équipe de foot dans les vestiaires à la mi-temps d’un match mal engagé…

… est devenu une oeuvre d’art moderne, le souvenir de sa relation avec …

Il y a des vidéos au MacVal devant lesquelles je suis resté de longues minutes, scotché par l’esthétisme. La mise en scène, le jeu, sont de ce niveau, le fait d’être là, de sentir le jeu de l’acteur ajoute un niveau à la transcendance de l’instant (putain, j’vais finir à Télérama avec des phrases pareilles).

En résumé : c’est BEAU !

La pirate écologique – La Contrescarpe

Là, on est dans le théâtre pour enfants. Je n’en parlerai que pour dire du bien de pièces qui traitent les enfants autrement que comme des bébés à qui on ne peut montrer que du guignol.

Un beau décor, un jeu convaincu. Mais surtout un message, passé aux enfants, une prise de conscience. Ah oui, quand on est entrés, la salle était … beurk, comme l’a raconté Alix à sa maitresse. Bon, le message n’a pas passé la porte de sa chambre, qui reste beurk.

Quelque part au milieu de la nuit – Pixel

En une phrase : l’histoire d’une fille, qui ramène chez elle sa mère, qui perd la mémoire, la tête.

Elle m’a pris aux tripes, cette pièce. Elle est un peu courte (45 minutes), on se retrouve sur le trottoir sans avoir vu le temps passer.

C’est plein de bonté.

Deux jours après, il n’en restait rien d’autre que le souvenir que la mère jouait bien mieux que la fille.

Et, étrangement, plus le temps passe, plus la pièce redevient présente, surtout le rôle de la mère.

C’est un objet étrange, cette pièce.

Le tricheur – BO Saint Martin

Un mélange de One Man Show et de Close Up ? J’achète. Racontant la vie d’un tricheur dans les casinos, ça rajoutera du suspens.

A l’arrivée, c’est juste raté. Pas assez rythmé pour du close up, trop statique pour un one man show. Je suis bon public, mais quand même moi je vois comment sont fait les tours, c’est qu’il y a vraiment un problème.

Aïe.

Le jouet abandonné – La Boussole

Il faut bien un premier spectacle pour initier ce blog. Je pourrais encore remonter le temps, de quelques mois (Vénus à la Fourrure, Trois Hommes dans un Bateau…) ou années, seules certaines pièces passent le filtre de la mémoire sur des années, là, tout de suite, me revient La Nuit des Rois, par La Troupe du Phénix, au Théâtre 13.

Mais non, ça sera Le Jouet Abandonné.

On était… 5 dans la salle, en sous sol, près de la Gare du Nord. Un dimanche soir, en plein mois d’août.

On est 75 minutes avant la fin du monde, une heure et quart, la durée de la pièce. Un homme et une femme, les deux derniers survivants d’une terre en perdition, un seul sera sauvé, à eux de déterminer lequel. Une confrontation, un huis-clos avant l’heure.

Je me souviens que chacun va d’abord lutter pour sa survie, puis qu’en se découvrant mutuellement, chacun va lutter pour la survie de l’autre, au prix, donc, de sa propre fin. Je ne me souviens pas de la fin.

Je me souviens des acteurs, qui ont tout donné, ça se sentait, comme si la salle était pleine. Dans la même salle, la veille, j’avais vu Couple Mode d’Emploi, des acteurs désabusés en roue libre devant une salle de 15 personnes.

Je me souviens des applaudissements, nourris, du merci des acteurs, du merci des spectateurs qui les a surpris.

Parfois on se sent balloté par le destin, parfois on se sent le jouet abandonné du destin. Et puis on reprend son destin en main, et le ciel se dégage.