Jeunesse

Un bijou, un vrai bijou. Jeunesse, le voyage initiatique de Joseph Conrad, mise en scène par Guillaume Clayssen, est un superbe spectacle à ne pas rater.

Jeunesse
(c) Victor Clayssen

Marlow entre en scène, souriant, découvre l’espace, c’est encore un assemblage de barres de métal. Il porte une veste blanche. L’équipage arrive, manteaux bleus. La salle s’éteint. Dans un recoin de la scène, le narrateur commence à parler. C’est Marlow. Marlow, 42 ans, qui raconte le premier voyage vers l’orient de Marlow, 20 ans. D’une voix posée, calme.

Il raconte l’épopée de la Judée, un trois mats emportant du charbon vers l’orient, ses départs avortés, son voyage, ses épreuves, voie d’eau, tempête, feu, naufrage. Jusqu’à la découverte du peuple d’Orient.

Marlow 42 ans raconte, Marlow 20 ans vit sous nos yeux. L’équipage vit. L’équipage du bateau, l’équipage du spectacle, artistes, acrobates, techniciens, ensemble, ils vivent. Ils sont au delà de jouer.

C’est l’immense qualité de ce spectacle, l’immense qualité de la mise en scène de Guillaume Clayssen. Un narrateur, il bouge, il joue, il occupe notre cerveau, il le sature d’informations, on ne peut pas le lâcher. Un équipage, ils alimentent notre imaginaire, des images, leurs émotions. La voix raconte, les corps ressentent.

Marlow 42 ans (Frédéric Gustaedt) racontait d’une voix quasi hypnotique, il capturait mon attention consciente. Libérant tous les accès à mon imaginaire, mon inconscient, mes tripes, mon cœur, ils recevaient ce qu’envoyait l’équipage, ces images, ces émotions.

Les émotions de Marlow 20 ans, c’est son voyage, il ressort de chaque épisode plus convaincu encore, plus joyeux, plus vivant. Ce qu’il ressent quand la lumière se lève sur la jetée… est encore là dans Marlow 42 ans qui raconte.

Je suis rentré dans la salle avec les images de Au Coeur des Ténèbres, la nouvelle sœur de Jeunesse. Devenue, sous la caméra de Francis Ford Coppola, Apocalypse Now. Marlow capitaine part à la recherche du Colonel Kurtz. Chaque Kurtz a son Marlow, chaque Marlow a son Kurtz. Même univers, même nécessité d’un voyage initiatique. Réponse opposée, Marlow n’a pas besoin d’un Kurtz pour devenir lui même.

Le spectacle est indiqué à partir de 13 ans. Au premier rang était assis une brochette de jeunes enfants, dont le plus jeune devait avoir 7 ans. Ils ont savouré, ça faisait plaisir de les voir radieux.

Fléchette en était. Elle a rit, sourit, pendant tout le spectacle. Elle a perçu tout ce qui arrivait à Marlow Elle a adoré les acrobates.

Baroudeur : « J’ai aimé, c’était un très beau spectacle »

Au Théâtre de l’Echangeur (Bagnolet) et en tournée.

Texte : Joseph Conrad
Traduction : Guillaume Clayssen
Mise en scène : Guillaume Clayssen
Collaboration artistique : Claire Marx
Avec : Johan Caussin, Frédéric Gustaedt, Julien Crépin, Raphaël Milland, Samuel Mazzotti
Création lumière : Julien Crépin
Création et régie son : Samuel Mazzotti
Scénographie : Delphine Brouard
Costumes : Séverine Thiébault

Compagnie : Les Attentifs

 

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