La machine de Turing

Derrière Turing l’histoire, il y a Turing l’homme. L’homme que Benoit Solès nous fait découvrir, avec une intense sensibilité et un grand talent.

Turing

Turing ? Evidemment. Le savant qui a brisé Enigma. L’homme condamné pour son homosexualité. La machine issue d’une bande de papier, celle dont sont issus nos ordinateurs. Le test qui permet de déterminer quand une machine pensera comme un être humain. C’est l’histoire, la culture générale. Imitation Game.

Qui était l’homme Turing ? Était-ce un homme, ou s’était-il blindé au point de devenir une machine, et pourquoi ?

La Machine de Turing, c’est l’histoire de cet homme, c’est l’histoire d’un homme qui court. Un homme pris dans son époque, enferré dans les secrets, les siens, ceux qui se sont imposés. Un homme qui vient nous raconter son histoire. Un homme qui vient habiter Benoit Solès pour nous raconter son histoire.

Il y a Turing le conteur, il s’exprime clairement. Il y a Turing l’homme, bègue, bourré de tics, habillé sans taille ni forme. Face à Benoit Solès, Amaury de Crayencour, tour à tour sergent, sergent ambigu, amant, supérieur de Turing. L’un est tellement humain, l’autre dans un registre plus distant, parfois mécanique. Ils vont nous emmener d’un commissariat à Canal Street, de l’appartement de Turing à Bletchley Park, parcourant l’espace et le temps, remontant jusqu’au Christopher fondateur. Montrant Turing enfermé dans des mécaniques infernales, dans une gangue de secrets. Turing persuadé qu’une machine peut penser. Turing contraint au silence, par les services secrets, par la loi anglaise. Enfermé une dernière fois dans la mécanique judiciaire, il choisit son destin, la condamnation, la mort.

Tout le talent de Benoit Solès est, au delà de l’histoire, de nous montrer l’homme, de nous le rendre attachant, tellement humain et pourtant tellement persuadé que la perfection est dans une machine. Turing court après la logique et le sens du monde, les trouve-t-il ? Allez voir la pièce, personnellement, j’ai lu la réponse dans son regard au moment du procès.

Un grand bravo à La Machine de Turing, un coup de cœur pour la mise en scène, l’utilisation agile de la vidéo dans la scénographie.

La salle était conquise, qui a salué la représentation de longs applaudissements.

Au Théâtre Michel jusqu’au 30 novembre 2018 – du mardi au samedi : 21h00 / dimanche 16h00

Texte : Benoit Soles
Mise en scène : Tristan Petitgirard
Avec : Benoit Soles, Amaury de Crayencour

PS : les machines ont-elles passé en 2017 le test de Turing ?.

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