Point Cardinal

Point Cardinal au Théâtre de Belleville. Une pièce ciselée qui passe un message fort et universel : l’autre est comme il est, tu peux l’accepter, ou pas, tu as le choix, pas lui.

(c) Pauline Le Goff

Sur la scène, un tabouret. En fond de scène, un rideau pend, qui ne touche pas le sol. Des battements de cœur, deux pieds dans des chaussures de femme. Matilda est dans sa voiture, sur un parking de supermarché, elle se démaquille lentement, rentre chez elle. Là, elle est Laurent, marié à Solange, ils ont deux enfants, Claire et Thomas.

Point Cardinal, c’est l’histoire de Laurent qui se sent femme, pas homme. Qui se sent père, aussi. Qui aime Solange, toujours. Matilda, c’est Laurent quand il se travestit pour aller danser. Lauren, plus tard, qui sera Laurent enfin femme, sous le regard qui juge, ou qui ne juge pas, de sa femme, de ses enfants, de ses collègues de travail.

Je suis admiratif du travail de Sébastien Desjours, de son jeu précis, de sa capacité à ciseler ses personnages, l’évolution de son personnage, le rythme de sa mise en scène. Certains instants, le psy par exemple, sont croqués avec une justesse…

J’ai reçu Point Cardinal de façon très cérébrale, mon attention ne s’est jamais égarée pendant que je découvrais l’histoire de Laurent, de son évolution. J’ai regretté de ne pas plus percevoir sa vie, celle de ceux qui l’entourent, Solange, sa femme qui est là, qu’il aime, mériterait une place plus importante.

Je suis ressorti avec un message clair, l’optimisme fataliste de Laurent du début à la fin. Il doute, il sait ce qu’il est, il sait où il va, il n’y a pas d’autre choix, pour lui comme pour les autres, que d’accepter ce qu’il est. Ou pas, mais c’est leur choix, pas le sien. Ce message est au delà de la loupe sur l’histoire de Laurent, il est universel.

On peut voir Point Cardinal comme un documentaire sur le processus qui va conduire une personne née homme vers un corps de femme, sur la réaction de son entourage. On peut voir Point Cardinal comme un manifeste de soutien à la cause trans. On peut voir le message universel. J’ai vu les trois.

Au théâtre de Belleville jusqu’au 30 décembre 2020 – mis à jour en fonction du couvre feu
Du mercredi au samedi : 19h00
Octobre : dimanche 15h00 // Novembre : dimanche 14h30

Texte : Léonor de Récondo
Adaptation et jeu : Sébastien Desjours

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