Roses roses. Et rose !

Roses roses. Et rose ! au théâtre de Nesle est un spectacle rare, à voir par tous ceux qui, de 7 à 77 ans, ont conservé leur capacité d’émerveillement. C’est votre cas ? Allez ouvrir le cahier épais de Souvenirs avec Akihiro Nishida.

Sur la scène, une petite chaise, bleu acidulé. Et un bureau d’école. De derrière le rideau, une voix appelle « Eh oh ? Eh Oh ? Il y a quelqu’un ? C’est à qui ? ». Un homme entre en scène, grand pardessus kaki, nez rouge, il tient une serviette en cuir, la propose à quelques spectateurs. Il l’ouvre. Dedans ? Un doudou, rouge. L’imagier Ratatam. Et un cahier épais, sur la page de titre : Souvenirs. L’homme va feuilleter l’imagier Ratatam, le cahier. Les images vont s’animer, les souvenirs apparaitre, et la poésie s’écrire.

Akihiro Nishida a attrapé mon attention dès la première seconde, il m’a embarqué dans son univers dès la suivante. Son âme d’enfant a immédiatement parlé à mon âme d’enfant, sa capacité d’émerveillement a pris la mienne par la main, lui a dit « regarde ». J’ai passé une heure merveilleuse. J’étais un enfant perdu ramené par Peter Pan sur l’île des pirates. Avec lui, mon âme était sans défense, en confiance. Prête à explorer son univers emplein de tendresse.

Avec son nez rouge, c’est un clown qui est sur la scène. Un vrai clown, qui découvre, s’étonne, s’émerveille, invente, et son invention est de la poésie brute. Pour nous, il fait apparaitre une voute étoilée. Avec lui, on reparcourt l’imagier Ratatam (scandé Ra-ta-tant à la japonaise, et pas susurré Ra-ta-tame), on y trouve le sens qui nous avait échappé quand on s’en servait.

Roses roses. Et rose ! est un spectacle rare, un spectacle qu’on peut voir à tout âge, en famille. L’enfant de six ans aura sa lecture, l’adolescent le souvenir des miettes de son enfance, le parent retrouvera la joie de s’émerveiller. Chacun sera sensible à sa façon à la poésie des gestes, des mots. Et l’adulte blasé ? il sortira en soupirant, mais lui sort toujours en soupirant.

J’avais apprécié Akihiro Nishida quand il était Kiki, japonais découvrant la France, j’ai savouré la galerie sortie du cahier de souvenirs. Avec son accent saccadé, son étonnement, son empathie. Son flyer ne lui rend pas justice, il est cryptique. Allez au delà. Roses roses. Et rose ! est mon meilleur moment de la rentrée, j’en ai encore les yeux qui pétillent d’étoiles améthyste.

Au fait, le nom du doudou, c’est Mimi.

Au Théâtre de Nesle dans le cadre du Festival 7.8.9

De : Akihiro Nishida
Avec : Akihiro Nishida

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