Diane Self Portrait

Diane Arbus revoit sa vie défiler devant ses yeux. Un beau duo d’actrices, une vie qui mérite d’être connue, une ode à l’acceptation de l’autre tel qu’il est.

Sur la scène, une baignoire, une femme est allongée dedans. Il y a un projecteur allumé, un appareil photo sur son trépied. À jardin, un guitariste attend. À cour, une chaise vide, un divan, une femme blonde assise sur une chaise haute. « Je m’appelle Diane Arbus ». La femme dans la baignoire a pris la parole. Elle s’est suicidée. C’est peut-être sa vie qui défile devant ses yeux, avant de les fermer.

Comme vous, je connais Diane Arbus par ses photos, celle des deux jumelles en particulier. J’étais curieux de savoir ce que j’allais voir. La pièce parle de Diane Arbus, elle raconte ses blessures, ses sensibilités, ses rencontres essentielles. Avec Pollock et Janis, elle compose la trilogie américaine proposée par Paul Delveaux à Fabrice Melquiot. Plus qu’une biographie, c’est un portrait, un portrait impressionniste.

Je suis d’abord rentré dans la pièce par les éléments biographiques, ce qui me restait d’une plaquette rapidement lue à l’occasion d’une exposition. Le contexte est posé, familial, historique, qui va emmener celle qui aurait dû rester une jeune femme bien élevée vers l’exploration de ce qui sort des normes, qu’il s’agisse de Jack Dracula, son ami tatoué, ou de Vicky, son amie travesti.

De Diane Self Portrait, je retiens des moments hypnotiques, des scènes d’ensemble sous l’influence de la guitare live de Michael Felberbaum.

Je retiens surtout l’opposition entre le jeu d’Anne Azoulay, excellente Diane Arbus, et celui de Catherine Ferran, qui est Gertrud et Lisette Model, la mère et la professeure de Diane. La voix de l’une est renforcée, la voix de l’autre est sans filtre. L’une bouge, cherche, l’autre est un socle, solide. Je pourrais retourner aux Plateaux Sauvages juste pour revoir leurs scènes.

Et puis bien sûr il y a Jack Dracula, il y a Vicky. Putain d’ode à l’acceptation de l’autre tel qu’il est, quand notre époque sombre dans un normalisme qui fait peur. Diane Arbus a sans doute ramené des photos sublimes de ses voyages au delà des normes, elle donne surtout une leçon de vie, cet autre, quel qu’il soit, est digne d’être son ami.

Aux Plateaux Sauvages jusqu’au 9 octobre 2020
Du lundi au vendredi : 20h00

Texte : Fabrice Melquiot 
Avec : Anne Azoulay, Michael Felberbaum (guitariste), Catherine Ferran (sociétaire honoraire de la Comédie-Française), Paul Jeanson, Marie-Colette Newman et Jean-Luc Verna
Mise en scène et scénographie : Paul Desveaux

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