Qui arrosera les plantes quand je ne serai plus là ?

La mort est inéluctable ? Pourquoi ne pas aller rire avec elle, en jouant avec les mots d’Anne de Peufeilhoux à la Comédie Nation.

Sur la scène, une chaise, une porte. Odette Lafleur arrive du fond de la salle, elle tire une poussette, le modèle courses. Elle va parler au nom de l’ADEM, l’Association pour assister ceux qui angoissent à l’idée de la mort. Parce qu’elle sait qu’on va tous mourir, que mourir lui fait peur, et que plus elle vit, plus elle a peur de mourir, moins elle vit. Alors elle a suivi une thérapie par immersion. Une thérapie dont elle nous fait bénéficier.

Elle nous raconte comment la vie et la mort sont liées, comment c’est parce que des cellules sont mortes que nous avons des doigts, un coeur. Comment nous mourrons plus vite quand certaines de nos cellules cessent de mourir. Quel est le traitement le plus écologique en France (le cercueil en pleine terre) et celui qui génère le plus de CO2 (le cercueil dans un caveau, la crémation est pile au milieu) ? Quel sont les avantages comparés des cercueils en carton (plus de CO2, mais on peut le décorer) et en bois, de l’urne-terreau et es solutions alternatives autorisées à l’étranger (si, il y en a d’autres) ? Et ceux qui meurent dans la rue, que deviennent-ils ? Meure-t-on quand on pousse son dernier soupir, ou quand notre nom est prononcé pour la dernière fois ?

Son texte est jouissif, savoureux, Anne de Peufeilhoux est sensible, elle joue avec les mots, elle crée des mots valise, des petits poèmes qui viennent chatouiller nos neurones. Mine de rien, elle nous rappelle des tas de choses sur ce qu’est la vie, sur ce que nous sommes, elle présente, presque subversive, des choses que nous ne sommes pas encore près à accepter. Je suis moins convaincu par la mise en scène, parfois inutilement exubérante, et le rythme des phrases mériterait plus de variations.

Dehors, l’ambiance est morose, les écoles vont fermer, les vieux rester chez eux. Dans la salle, on rit avec la mort, au moins on a moins peur, ça fait du bien, comme l’écume des vagues rend de bonne humeur un jour de tempête.

A la Comédie Nation jusqu’au 4 avril 2020
Jeudi et samedi – 19h00

De et avec : Anne de Peufeilhoux

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