La belle insomniaque – Théâtre Pixel

En une phrase : si la Belle au bois dormant n’arrive pas à trouver le sommeil, le conte trouvera-t-il sa fin ?

Au grand dam de ses parents (bloqués en thalasso) et des fées, Aurore, maintenant 137 ans, ne trouve pas le sommeil ni l’amour, et son baiser volontariste à Charmant, qui traîne ses jours dans un bar Pagnolesque, n’aura pas de résultat. Dans un conte, les péripéties finiraient par rétablir la situation. Là…

Le flyer assume un conte très très con…te, j’ai finalement été agréablement surpris. Ça pourrait facilement dérailler, et ça ne déraille pas. J’ai ri de bon cœur, la pièce est enlevée, les acteurs convaincants, ils arrivent à forcer les traits sans en faire des tonnes. La pièce surfe sur les limites, sans les franchir, et du coup amuse un public de 7 à 77 ans.

Cécile Vigne – la princesse – joue vraiment très bien une princesse délurée, David Dever – Charmant – traîne un faux air de Marc Lavoine 1980.

On a bien ri, passé un bon moment. Sans prise de tête. C’est l’essentiel !

Matthieu(x) – Ciné 13 Théâtre

En une phrase : dans leurs cuisines, 3 couples très différents s’interrogent au sujet de leur fils, toujours un Matthieu plus artiste que conformiste.

Une pièce à message. Il semblerait que l’éducation et l’atmosphère parento-familiale n’ait qu’un impact limité sur le devenir d’un enfant. Trois familles, trois Matthieu(x). Ou un seul. Qui sait.

Bon, la mise en scène à 3 acteurs est imaginative, le décor amusant. Un des acteurs (Pierre Carbonnier) sort du lot.

Sinon la note d’intention prend la tête, et l’auteur prend un verre de vin rouge avant la représentation.

Je descends souvent dans ton coeur – Ciné 13 Théâtre

En une phrase : une femme vient de perdre sa mère, décédée d’un cancer, et revit les grandes étapes de sa vie, de leur vie.

Entre  « ma mère est morte d’un cancer » et « regardez comme je suis bien conservée, pourtant adolescente j’étais plutôt pataude », ce n’est plus du pathos, c’est la psychothérapie de l’auteur. Bref, c’est lourd.

Et pourtant, j’ai passé un bon moment. Non, pas le pathos. Le jeu de la jeune actrice, Lou Chauvain. Elle a tenu la pièce ce soir. C’est un diamant brut, cette « gamine ». Qu’elle prenne grande confiance en son potentiel. qu’elle se dégage des influences qui minent sa confiance en elle (ça, c’est l’avantage de prendre un verre sans comparse, on peut avoir les oreilles qui trainent).

IETO – L’instinct du déséquilibre – Villette en cirques

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Une scène immense et vide, 3 hommes, une femme. Une planche, et puis des balais. La planche est presque verticale, tout est dans le presque, poussée par le balai elle reste en l’air.

Le résultat – forcément – d’un travail forcené : de l’étonnement, de la poésie. Une simplicité qui force l’admiration.

Rien n’est jamais en équilibre, un peu d’attention, un peu d’effort, et tout tient. N’est-ce pas la leçon de la vie ?

Kurt Demey – Evidences Inconnues -Villette en cirques

Un voyage à 300 personnes, entrées ensemble sur un plateau intrigant, 2 photos choisies au hasard à la main.

Kurt Demey ne touche à rien, strictement à rien. Chaque action relève du hasard (le lancer d’un dé), ou du choix d’une personne elle même choisie au hasard (le choix d’une clé), qui peut même ne pas être dans la salle (non, je ne spoilerai pas).

Le résultat ? Surprenant, bluffant, étonnant. Qui vous convaincra, au choix, que le hasard n’existe pas, ou que nous sommes tous facilement influençables, voire manipulables.

Et les photos ? Bon. Après les avoir déchirées en deux, mélangé les morceaux, échangé certains morceaux avec des inconnus, mélangé à nouveau, échangé à nouveau, mélangé encore… j’avais entre les mains les deux morceaux de ce qui est maintenant ma photo fétiche. Nous avions, en fait, presque tous.

Alors ma photo fétiche… je la garde.

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Le Songe d’une Nuit d’Été – Le Proscénium

En une phrase : quand la magie se mèle de contrarier les amours, quand le destin s’emmèle.

Habituellement, on a droit à une longue représentation, 25 acteurs au milieu d’un décor pompeux qui rendent l’histoire cryptique.
Là, non. 8 acteurs, un plateau vide. Une heure et 5 minutes.

La magie a pris, j’ai adoré. L’intrigue était là, limpide, claire. Les acteurs virevoltaient, passant d’un rôle à l’autre au fil des accessoires sortis des caisses qui délimitent le fond de la scène.

Tous égaux, tous bons.

Baroudeur, pas encore 7 ans, a adoré aussi.