Quand Victor rencontre Lili – Théâtre La Boussole

En une phrase : un me too maladroit de Bigre, un geek, une lunaire, sous les toits de Paris.

La pièce est comme le décor, elle part en morceaux. Décor, texte, mise en scène de Vanessa Luna Nahoum, également sur scène, au bout d’un certain temps, à tout vouloir faire…

Il y a quelques rares moments qui font sourire. A signaler, un beau travail sur la lumière.

Je laisse la conclusion à Baroudeur, en sortant : « Celle-là, on pouvait l’éviter ».

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Le Grand Déballage – Théâtre La Boussole

En une phrase : une Barbara Cartland en errance est obligée d’écrire sa propre histoire. Mais pour l’écrire, il faut la vivre.

Vous vous souvenez des boules coco que vous avaliez à l’école primaire ? vous allez les revoir. Je me demande encore si la pièce est totalement écrite comme ça, ou si ils ont brodé ce soir là, en nouveaux Poiret-Serrault.

En trois mots : ils sont dingues, mais d’une dinguerie qui fait du bien, d’une dinguerie qui rend fou. C’est caustique et corrosif, avec une dose de séduction bien tassée, bref c’est alcalin.

Linda Prévot Chaïb est pétillante et touchante, Pascal Zelder a adopté un Prince de Galle chatoyant qui renvoie l’image de l’éditeur à celle d’un proxénète manipulateur.

Ca part dans tous les sens, sans qu’on s’y attende, il faut aimer le genre. Ca manque un peu de flegme britannique, j’avoue avoir trouvé la mise en scène parfois fatigante, à me demander comment une anglaise flegmatique et néanmoins indigne et tranchante aurait abordé la même situation.

A voir entre amis pas sérieux.

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Le petit prince – Théâtre La Boussole

En une phrase : un aviateur qui a gardé son âme d’enfant, en panne dans un désert…


Très belle mise en scène de la compagnie Les Rêverbères du texte de Saint Exupéry.

Un décor très simple, un accompagnement musical qui crée le rêve.

Alexandre Risso donne un St Ex parfaitement dans le ton, il joue juste, il crée l’atmosphère dès les premières minutes.

Gisèle Worthington est la rose, elle est séduisante, séductrice, mais n’est-ce pas le lot des roses en ce bas monde.

Framboise d’Ortoli est magique, serpent, roi, allumeur de réverbère, et surtout, surtout renard.

J’ai eu beaucoup de mal avec Nathan Métral, un Petit Prince qui trimbale du début à la fin de la pièce l’air ahuri d’un néerlandais à qui un harmonica aurait servi une passoire à huitre en guise de pousse café. Pour moi, le petit Prince a l’air concentré de l’enfant qui observe et apprend.

À l’arrivée, un bon moment auquel il manque peu pour être parfait.

Don Quichotte, ou presque – La Boussole

En une phrase : Le Don Quichotte de Cervantes, les moulins, les moutons, le tout à la sauce Benny Hill


Une lecture déjantée de Don Quichotte, qui surajoute du burlesque à une pièce qui n’en manque pas.

Les grands moments de Cervantes sont là, les moulins, l’armée des moutons, Dulcinée. Tout est prétexte à jeu de mot, et les acteurs s’en donnent à coeur joie pour en ajouter d’imprévus. Ils jouent autant avec les spectateurs que pour les spectateurs.

Les acteurs « secondaires » multiplient les rôles, mimiques et accents à l’appui.

Tout le monde s’amuse, eux les premiers.

Raphaël, 7 ans, bien visible au second rang, est allé d’éclat de rire en éclat de rire.

Bref une bonne pièce qui ne se prend pas au sérieux pour rire entre gens qui ne se prennent pas au sérieux.

Le jouet abandonné – La Boussole

Il faut bien un premier spectacle pour initier ce blog. Je pourrais encore remonter le temps, de quelques mois (Vénus à la Fourrure, Trois Hommes dans un Bateau…) ou années, seules certaines pièces passent le filtre de la mémoire sur des années, là, tout de suite, me revient La Nuit des Rois, par La Troupe du Phénix, au Théâtre 13.

Mais non, ça sera Le Jouet Abandonné.

On était… 5 dans la salle, en sous sol, près de la Gare du Nord. Un dimanche soir, en plein mois d’août.

On est 75 minutes avant la fin du monde, une heure et quart, la durée de la pièce. Un homme et une femme, les deux derniers survivants d’une terre en perdition, un seul sera sauvé, à eux de déterminer lequel. Une confrontation, un huis-clos avant l’heure.

Je me souviens que chacun va d’abord lutter pour sa survie, puis qu’en se découvrant mutuellement, chacun va lutter pour la survie de l’autre, au prix, donc, de sa propre fin. Je ne me souviens pas de la fin.

Je me souviens des acteurs, qui ont tout donné, ça se sentait, comme si la salle était pleine. Dans la même salle, la veille, j’avais vu Couple Mode d’Emploi, des acteurs désabusés en roue libre devant une salle de 15 personnes.

Je me souviens des applaudissements, nourris, du merci des acteurs, du merci des spectateurs qui les a surpris.

Parfois on se sent balloté par le destin, parfois on se sent le jouet abandonné du destin. Et puis on reprend son destin en main, et le ciel se dégage.