Fushigi !

Peut-on improviser un spectacle dans l’esprit de Myazaki ? La troupe d’Again Production y arrive avec talent.

Sur scène, ils sont quatre, vêtus de blanc, pantalons à la samouraï. Le public choisit l’univers du spectacle en choisissant une couleur (les Jaune étaient plus nombreux, mais les Vert avaient parlé en premier), et c’est parti.

Pour faire une histoire à la Myazaki, il faut une jeune fille innocente et volontaire, une nature que des méchants agressent, des méchants qui maitrisent la technologie et qui ne sont pas tous mauvais. Il faut aussi des petits bruits, des couleurs franches, des notes acidulées, des mots rares.

Nous avons eu tout ça. Il y avait une jeune bonzaïère, une méchante reine que l’on disait belle, un émissaire en montgolfière, un palais portable, une araignée mécanique, des bonzaïs, et des esprits dans les bonzaïs, pour une histoire onirique.

J’avoue m’être demandé, dans les premières minutes, si c’était vraiment de l’impro, l’histoire coulait trop bien. Des petits glissements m’ont prouvé qu’ils improvisaient bien, c’est là qu’on reconnait une bonne troupe d’impro, quand ils se suivent malgré tout, qu’ils choisissent en un clin d’oeil entre les deux propositions qui viennent de surgir, quand ils se soutiennent en souriant. C’est de l’impro, de la bonne impro.

De l’impro qui fait sens, qui a une direction, avec des personnages qui ont une vraie profondeur, auxquels on peut s’attacher, qui vont chercher l’empathie du spectateur et qui en font quelque chose. Ils ne viennent pas faire les clowns pour nous faire rigoler, ils viennent avec une promesse, celle de raconter une histoire improvisée à la manière de Miazaki, et c’est ce à quoi nous avons assisté. Il y a la manière de Miyazaki, il y a les grands thèmes de Myazaki, l’histoire tient l’attention du spectateur jusqu’au dénouement final, lui aussi dans l’esprit de Myazaki. Promesse est donc tenue, et bien tenue.

Avec une pensée pour le cinquième personnage, celui qu’on ne voit pas, celui qui les suit à la lumière et à la musique, qui peut-être leur donne une direction.

L’avis de Fléchette : c’était bien, j’ai passé un bon moment. L’histoire était très jolie, j’ai trouvé la bonzaïère très courgeuse. J’étais quand même un peu perdue quand ils changeaient de personnage.

Au Théâtre de Nesle
et en tournée

Texte : Agani Productions
Avec : Clémence Pénicaut, Paul Nenad Colon, Dorine Bocquet, Cyprien Chevillard, Nicolas Perruchon, Julie Douine, Vincent Leconte et Claudia Cochet
Mise en scène : Ian Parizot

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