Danser à la Lughnasa

Une pièce atmosphère, qui raconte la campagne irlandaise en 1936, cinq sœurs qui manquent de tout, qui ne sont pas heureuses, qui restent gaies.

Sur scène, en cercle, tous les objets qui font une cuisine, ils en sont aussi la limite. Michael vient raconter l’été 1936. Il vit dans une ferme avec Christina, sa mère, Kate, la tante institutrice, Maggie, Agnes, Rose. Un enfant dans une ferme sans homme dans l’Irlande catholique, les gens jasent. L’oncle Jack, prêtre, parti en Ouganda depuis longtemps est revenu, mourant. Une usine vient d’ouvrir. Gerry Evans, le père flamboyant de Michael, passe comme chaque année, il va partir en Espagne.

Les cinq sœurs survivent, elles manquent de nourriture, d’argent, d’homme, de sexe, leurs sens les travaillent, elles ne sont pas heureuses, elles restent gaies, profitent chacune de son petit plaisir. Elles chantent, elles dansent, quand Marconi, poste de radio au fonctionnement aléatoire, diffuse. Marconi qui aurait pu s’appeler Lugh (prononcer lou), déesse de la moisson, mais on ne peut donner le nom d’une déesse païenne à une radio. En cette fin d’été, c’est la Lughnasa, les fêtes de la moisson, dans les collines, des feux, des danses, des garçons, des filles. L’envie les prend d’y aller, Kate frémit, tient bon. Trop vieilles, qu’en dirait-on.

C’est une pièce atmosphère, une pièce où il se passe beaucoup de petites choses, peu de grandes, un univers qui vit ses derniers instants, chacun le sait, personne n’en est conscient. Une pièce au fond optimiste, elles ne sont pas heureuses, mais elles sont gaies, elles restent joyeuses, à l’opposé de la mélancolie russe des sœurs heureuses d’être tristes.

J’ai beaucoup aimé le texte de Brian Friel, qui a le talent de faire ressentir les atmosphères à force de détails et de conte. La mise en scène de Gaëlle Bourgeois est maline et agile. Dans une distribution un peu inégale, je suis ressorti séduit par le jeu de Pauline Cassan qui est Rose en semaine, et convaincu par celui de Bruno Forget, impressionnant Oncle Jack.

Si vous avez aimé Irish Story, venez voir Danser à la Lughnasa, vous trouverez une belle perspective entre ces univers si différents.

Au Théâtre 13 – Jardin jusqu’au 13 octobre 2019
Du mardi au samedi : 20h00 / dimanche : 16h00

Texte : Brian Friel – texte français Alain Delahaye
Avec : Nicolas Bresteau, Pauline Cassan, Emilie Chesnais, Bruno Forget, Pauline Gardel, Vincent Marguet, Céline Perra, Jennifer Rihouey
Mise en scène : Gaëlle Bourgeois

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s