Logiquimperturbabledufou

Un spectacle inclassable dans un univers d’hôpital psychiatrique où l’anormalité atteint tout le monde, à savourer comme on regarde un tableau de Jérôme Bosch.

Logiquimperturbabledufou(c) stephane-trapier

Une scène vide nous attend, éclairée par 32 ampoules… qui disparaissent au moment où la pièce commence.

Logiquimperturbabledufou est un voyage inclassable, c’est autant une plongée dans l’univers des hôpitaux psychiatriques qu’un ballet bien réglé.

J’ai reçu Logiquimpertubabledufou comme j’aurais reçu un tableau de Jérôme Bosch. D’abord le truc bizarre qui attise la curiosité, qui dérange un peu. Le premier détail qui prend l’attention par son côté décalé. Les autres détails, du coup, tous sont décalés, un équilibre entre ce qui pourrait presque paraitre normal et ce qui décidément ne l’est pas. Le recul, qui crée un ensemble différent pour chacun.

J’ai vu des personnages, des malades bien sûr, des soignants sans doute, les plus normaux n’étant pas forcément ceux qu’on croit. Des personnages joués par un quatuor d’acteurs très différents, chacun avec ses talents, des profils très différents, Rémy Laquittant, immense et solide, que j’avais apprécié en Liseo il y a quelques mois. Marie Petiot, souple et légère. Camille Constantin, qui volette de personnage typé en personnage typé. Antonin Chelon dont le bon sens…

J’ai entendu un texte. Il est annoncé comme une adaptation de sources composites, Tchekhov, Shakespeare, Zouc, Zabou Breitman, inspiré d’un documentaire d’Ilan Klipper. Le tout forme un ensemble solide. Barré, mais solide.

Je me suis promené dans le spectacle comme je me serais promené dans un cabinet de curiosités, l’endroit où on range précieusement les petites choses bizarres qu’on a accumulées au fil du temps, chaque chose attire ou pas l’attention, l’accumulation en dit beaucoup sur la personnalité du collectionneur.

J’ai vu des chapeaux de fous, celui du roi, celui du chapelier, celui qui s’accroche au pinceau. Des oreilles de lapin, toutes dressées, ou pas. Une porte suivre un personnage qui marche vers l’avant mais se déplace vers l’arrière.

Il y a des tas de pièges dans lesquels ce spectacle pouvait tomber. Son alchimie délicate les évite tous, et le résultat est savoureux.

Laissez-vous embarquer sans grommeler, et laissez Logiquimperturbabledufou recaler légèrement votre perception de la normalité.

Au Théâtre du Rond Point jusqu’au 2 juin 2019
Du mardi au samedi : 21h00 – dimanche : 15h30

Textes et adaptation : Zabou Breitman
Avec : Antonin Chalon, Camille Constantin, Rémy Laquittant, Marie Petiot
Mise en scène : Zabou Breitman

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