1830 Sand Hugo Balzac tout commence…

1830, une année charnière pour l’histoire de France, une année charnière pour trois monstres de la littérature. Sand, Hugo, Balzac se croisent, ils croisent l’histoire.

1830

1830. Georges Sand a 26 ans. Victor Hugo 28. Honoré de Balzac 31. Sand monte à Paris, Hugo mène la bataille d’Hernani. Balzac écrit La Peau de Chagrin. La Révolution de Juillet, les Trois Glorieuses. 1830, tout commence.

Avec 1830, Manon Montel mêle avec talent trois épopées. Il y a la grande histoire, la révolution de 1830, celle de 1848, la deuxième république, le second empire, la troisième république. Il y a l’histoire de la littérature, on voit apparaitre Notre Dame de Paris, La Comédie Humaine, Indiana – qui à l’époque avait éclipsé l’oeuvre de Hugo. Il y a l’épopée humaine, la vie de ces trois êtres particuliers, trois personnes avec une vision très claire de leur destin. On les voit écrire, on les voit aimer, souffrir, s’engager. On les voit vivre, dans un contexte où la relation entre l’homme et la femme était profondément déséquilibré.

Balzac. Hableur, fidèle à son madame Hanska son étrangère, qui court en permanence après l’argent qu’il n’a pas, qui repart à chaque fois sur une nouvelle idée, une pièce, une imprimerie. Fondateur de la Société des Gens de Lettres, défenseur de la propriété intellectuelle.

Hugo. Hugo et les femmes, Adèle, Juliette, Léonie. Hugo et Léopoldine, aussi. Hugo le politique aux opinions qui oscillent largement avant de pointer sur la République.

Sand. Féministe, libre, amoureuse. Musset, Chopin. Mère, aussi.

Il y a un travail énorme dans le texte de 1830, une connaissance encyclopédique de l’histoire, de l’histoire littéraire, de la vie de ces trois personnages. Un travail restitué par trois acteurs habités, qui donnent trois personnages très typés que j’ai suivis sans les lacher.

Dans une sorte d’uchronie, Manon Montel resserre leurs liens, met en place une complicité, suggère une amitié soudée, elle raconte une histoire prétexte à transmettre une masse d’informations au spectateur. Sans le perdre ? Sans me perdre, en tout cas. Le spectacle, heureusement pour les professeurs de lycée, est calé sur le programme de l’histoire enseignée, comme lui il fait l’impasse sur la guerre de 70 et la Commune. Je me suis laissé porter, par le texte, par le jeu. Presque surpris, quand la lumière est revenue, que tout ceci arrive à tenir en une heure et demie.

Il y a un petit côté Studio Harcourt dans l’image que transmet 1830, ce n’est pas un instantané. Balzac, Sand, Hugo sont propres, ils sont idéaux. C’étaient des intellectuels ? Bien sûr. Ils étaient amoureux ? Evidemment. Mais ils étaient passionnés, aussi, ils avaient une ampleur, un côté charnel, animal, sans lequel ils n’existeraient tout simplement pas. Qui m’ont un peu manqués.

La salle était pleine de spectateurs de tous âges, qui ont longuement applaudi.

A l’Essaïon Théâtre jusqu’au 15 janvier 2019
Lundi – Mardi : 21h00

Texte : Manon Montel
Avec : Stéphane Dauch, Thomas Marceul, Manon Montel
Mise en scène : Manon Montel
Compagnie : Chouchenko

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