Trois Ruptures

La magie du Homard Bleu opère à nouveau, cette fois sur Trois Ruptures, et c’est bluffant. A ne pas rater.

trois

Trois Ruptures est une pièce de Rémi De Vos, trois moments où tout s’effondre dans la vie de trois couples. Une femme ne supporte plus Diva, la chienne de son mari, elle le quitte après un dernier dîner d’anthologie ; un homme parle à sa femme de Steve, le pompier entré dans sa vie, il veut vivre les deux histoires ; comment venir à bout de l’enfant tyran, en se séparant, mais comment avoir son accord ?

Comique au premier abord, féroce à la réflexion la pièce est difficile à jouer, il faut tenir le rythme des phrases punchy de Rémi De Vos, surfer sur l’arête entre comédie et cruauté. Je suis entré dans la salle en me demandant quelle teinture allait lui donner le Homard Bleu.

Dans la pénombre, une table, une chaise. Au fond, un escabeau. Ils sont là, Elle, Lui. Ils commencent par une sorte de ballet, il apporte une gamelle qu’elle enlève et remplace par une casserole, et ainsi de suite, à chacun son sourire, Lui est presque naïf, Elle est déjà vicieuse, l’ambiance est posée, acerbe, tout est prêt à exploser.

L’explosion va durer. Jusqu’à la fin de la pièce, le serpent se mordra la queue. Au texte de Rémi De Vos, le Homard Bleu ajoute sa patte. Musique bien choisie, parties dansées venant à propos, scénographie imaginative, tout évolue sous nos yeux. Le plateau de la table  ? il se renverse petit à petit pour devenir l’écran de la télé du jeune tyran, une pièce de tissu sert de robe à Elle avant de devenir la grotte du dit tyran. Les acteurs se changent dans la pénombre, sous nos yeux, ces changements sont eux aussi chorégraphiés, ils font partie du spectacle, tiennent l’attention du spectateur, il reste aux aguets.

Le temps passe, l’énergie du Homard Bleu s’affine, se canalise, se précise. A chaque fois, je suis bluffé par les ambiances qu’ils arrivent à créer, je me laisse embarquer par la folie de leur jeu. J’ai retrouvé avec plaisir Yvan Herbez, que j’avais déjà vu dans le Bourgeois Gentilhomme et dans le Mariage Forcé de Georges Dandin, j’ai découvert Eurydice El-Etr, la palette de son jeu, la précision de ses expressions.

Mes compères du soir ont également apprécié la pièce, j’espère les avoir convaincus qu’ils pouvaient aller voir en confiance les productions du Homard Bleu, à chaque fois la magie a opéré.

Il reste quelques dates, je leur souhaite de prolonger, ne les manquez pas.

Au Théâtre de Belleville – jusqu’au 10 avril 2018 – lundi-mardi 19h15

Avec et mise en scène : Eurydice El-Etr – Yvan Herbez
Texte : Rémi De Vos
Compagnie : Le Homard Bleu

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