J’ai appris à nager Maman ! création au Lavoir Moderne Parisien puis à l’Anis Gras le lieu de l’Autre

J’ai appris à nager Maman ! au Lavoir Moderne Parisien : comme un pèle-mêle un peu naïf et décousu, Maïe Degove revisite son intimité familiale et l’été de ses huit ans, pour que sa mère cesse d’être ce fantôme dont on ne parle pas. Un spectacle touchant dont je suis sorti les yeux au bord des larmes.

Maïe Degove est assise sur la scène, par terre, dos au public. Autour d’elle, des feuilles de papier, étalées. Elle lit. Des dates. Ce sont des lettres. …Salut, Maman, j’écris un spectacle qui est un peu sur toi...

Scène après scène, Maïe Degove va nous emmener dans son intimité familiale. Son père, ses frères et sœurs, ses enfants. Sa mère. Son père est français. Peppa, sa mère, est chilienne. Et l’été de ses huit ans. Quand sa mère est morte d’un cancer, à Santiago. Quand elle a appris à nager, en Provence.

Le spectacle est construit comme un pèle-mêle, des séquences juxtaposées, des moments de vie à des périodes différentes, dans un désordre arbitraire. Un pèle-mêle constitué au fil du temps, qu’on emporte avec soi à chaque déménagement, qu’on complète, sans jamais trier. On imagine qu’on y aperçoit une photo de Peppa, petit à petit devenue un fantôme dont on ne parle pas. Jusqu’à ce que la méchanceté d’un enfant de quatre ans…

Le spectacle est cathartique ? Oui, bien sûr. Naïf ? Aussi, dans la forme parfois exubérante, parfois décousue. Sans jamais tomber dans le pathos, dans la facilité d’aller écraser le cœur du spectateur. C’est un pèle-mêle, il expose les souvenirs de Maïe Degove à des inconnus qui posent leur vécu et leurs émotions dessus. C’est un pèle mêle, enthousiaste, le fruit de nombreuses collaborations qui parfois finissent par sortir du cadre.

Le spectacle porte, il touche. J’en suis sorti les yeux au bord des larmes. Dans le pèle mêle de Maïe Degove, il y avait une petite photo, un fantôme, qui était un peu le mien.

On a tous, quelque part, un fantôme, dont on ne parle pas. On a tous besoin de s’entendre rappeler qu’on peut sortir de la brume, revenir au souvenir, sans s’apitoyer, sans souffrance, sans chercher une compassion forcée. C’est ce que fait Maïe Degove.

L’avis de Fléchette : La pièce commence par une narration, l’actrice lit une lettre, puis elle parle du Chili. Elle a un air enfantin, elle raconte ses souvenirs, ils sont très détaillés, sa mère est invisible. Il y a sa vie, il y a la vision de sa mère. Elle parle aussi de ses frères et sœurs, de son père. C’est un spectacle très touchant, elle ne veut pas qu’on pleure parce que sa mère est morte, elle veut juste qu’elle ne l’oublie pas. Je suis contente d’avoir vu ce spectacle, et je suis contente de l’avoir vu.

Au Lavoir Moderne Parisien jusqu’au 27 novembre 2022
Mercredi, jeudi, vendredi, samedi : 19h00 – dimanche : 15h00

A l’Anis Gras le lieu de l’Autre les 15 et 16 décembre 2022
Jeudi 15/12 : 19h30 – vendredi 16/12 : 14h30, 19h30

Texte : Maïe Degove
Avec : Maïe Degove
Mise en scène : Flavia Lorenzi, Maïe Degove

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