Le Joueur d’Échecs – Stefan Zweig – Essaïon Théâtre

Le Joueur d’Échecs à l’Essaïon : Gilbert Ponté, en conteur bonhomme et passionné, interprète la dernière nouvelle de Stefan Zweig. Avec talent, il la rend accessible à un large public, porte son appel à se souvenir, pour que l’histoire ne soit pas un recommencement.

La scène est vide… Ce soir là, sur le grand paquebot…

Le Joueur d’Echecs est le dernier texte de Stefan Zweig, publié à titre posthume. Un homme d’origine autrichienne embarque à New York pour Buenos Aires. A bord, il va croiser deux personnages hors du commun. Mirko Czentović. Paysan hongrois, champion du monde d’échecs, crétin fini. Le docteur B, homme fin et éduqué, avocat viennois emprisonné par la Gestapo qui n’avait dans sa cellule qu’un recueil de 150 parties célèbres. Le narrateur va successivement présenter ces deux hommes, et la façon dont les échecs en sont par hasard venus à les obséder. Ces deux hommes qui vont s’affronter sur l’échiquier, dans un combat sans pitié, une confrontation d’obsessions autant qu’une guerre des nerfs.

Ce soir là, sur le grand paquebot… Ça sonne comme Il était une fois, sur un grand bateau… et c’est le ton sur lequel Gilbert Ponté le texte, en grand père bonhomme venu raconter un moment de sa vie.

Ce soir là, sur le grand paquebot... j’ai souvent besoin d’un moment pour entrer dans une pièce, un round d’observation. Pas hier soir. Dès les premiers mots, Gilbert Ponté a saisi mon attention, et ne l’a pas perdue jusqu’à la réplique finale. Il était là, en conteur bienveillant. Il en avait les mines. Le ton, parfois emphatique, parfois chuchotant. Les gestes, un peu exagérés. Et, essentiel, le plaisir d’être là.

Il sert le texte avec passion. Sans en gommer les passages terrifiants, il le rend vivant, accessible à tous, et en particulier à un public en âge scolaire, peut-être à partir de la 4éme. Il démontre qu’interprété avec talent, Stefan Zweig peut n’être ni ennuyeux ni réservé à un public aux tempes argentées. C’est une bonne chose, le texte est diablement d’actualité, en ce moment où certains ont obsessionnellement pris pour terrain de jeu la carte du monde, où d’autres coupent la tête qui dépasse, qui se dévoile.

Comme tout conte, il y a une conclusion et une morale. On vient pour la première, on sort en méditant la seconde.

A l’Essaïon Théâtre jusqu’au 31 janvier 2023
Lundi – mardi : 19h15

Texte : Stefan Zweig
Avec : Gilbert Ponté
Mise en scène : Gilbert Ponté

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