Amours – Phénix festival

Amours – Phénix Festival : Vanessa Sanchez adapte la satire sociale de Léonor de Recondo, Aurélia Poirier, solaire, porte la mémoire et les rêves de cette petite bonne qui s’efface après avoir cimenté l’avenir d’un couple de provinciaux mal apparié. Un spectacle composite, que chacun appréciera selon le filtre de sa sensibilité et de ses goûts

La scène est chargée. Devant un rideau, une desserte, un lit de fer, un canapé voilé. Sur le lit, Anselme, notaire, besogne Céleste, la jeune bonne dont il abuse pendant que Victoire, sa femme, dort. C’est laborieux toujours. C’est long…

On est en 1908, l’époque des mariages arrangés, de la sauvegarde des apparences sociales. Victoire n’arrive pas à avoir d’enfant, Céleste tombe enceinte. Tout est pour le mieux, l’enfant sera déclaré comme celui d’Anselme et Victoire. Victoire n’arrive pas à le nourrir, Céleste vient s’en occuper secrètement. Une nuit, Victoire les rejoint dans son lit de fer, les deux femmes se rapprochent, se découvrent, une passion discrète se noue. Jusqu’à ce que Victoire se confesse, que la religion s’en mêle, que Céleste s’efface.

Le texte de Léonor de Recondo est une satire sociale ciselée, une époque pas si lointaine où le qu’en dira-t-on faisait la loi, une époque pas si éloignée de la notre où l’image prime. Il y a ce qu’on doit faire, et ce qu’on fait en veillant à rester sous les radars. Il y a les sentiers balisés, et ceux qui en sont sortis, qu’on regarde avec un mélange d’envie et de dépris.

La mise en scène composite de Vanessa Sanchez est de celles qui en donnent beaucoup, qui enchaînent les scènes jouées, les scènes dansées, des marionnettes. Si le tout m’a semblé un peu chargé, chacune fonctionne bien, elles sont toutes belles. La glace vanille peut être excellente, la chantilly parfaite, je préfère la tarte Tatin nature. J’ai bien sûr été sensible à la magie des marionnettes d’Emmanuel Leckner, qui mériteraient un spectacle à elles seules.

J’ai surtout été séduit par la qualité du jeu d’Aurélia Poirier, Céleste juste pendant toute la pièce, quand elle parle, quand elle écoute. J’ai adoré la beauté poétique des séquences chorégraphiées, le langage des corps dans le premier tableau, la sincérité de l’accouchement… Elle porte la mémoire et les rêves de la petite bonne qui s’efface après avoir cimenté l’avenir d’un couple de province mal apparié.

Amours est un beau spectacle composite, une satire sociale toujours d’actualité que chacun appréciera selon le filtre de sa sensibilité et de ses goûts.

Texte : Léonor de Recondo adapté par Vanessa Sanchez
Avec : Déborah Coustols, Aurélia Poirier, Emmanuel Leckner
Mise en scène : Vanessa Sanchez

Visuel : Delphine Jouandeau

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