Rogatons – Les Déchargeurs

Rogatons – Drame sanglant – Les Déchargeurs : un étrange objet qui explore le théâtre de l’excès, avec de belles fulgurances dans le texte… et une interprétation possible glaçante.

Sur la scène, sur un podium de quatre marches, sous un plastique translucide, une femme est assise dans un grand fauteuil Henri II, elle ronfle, se réveille… Je me lève et j’appelle le ciel. Debout ! … Dehors il fait jour, dedans il fait faim.

Il y Marie-Viande, on dirait le négatif d’Arielle Dombasle, et Polype, une sorte de grande araignée de Louise Bourgeois. L’une mange, l’autre la sert. Pour rompre leur monotonie, ils passent une petite annonce, cherchent quelqu’un à dévorer qui soit consentant, Marie-Viande n’est pas un monstre. Se présente Jean-Melon, les choses du quotidien se moquent de lui, il est si normal que c’est à crever.

Rogatons est un étrange objet théâtral, lauréat du prix du public de la 5ème édition du festival Court mais pas vite. On est dans le théâtre de l’excès, qui surfe sur la limite de la guignolerie pour faire rire les copains sans jamais la franchir. C’est parfois caricatural, toujours boulimique, quelques scènes gore secoueront les estomacs mal accrochés, avec un peu de recul, elles font montre d’une créativité osée et d’un traitement burlesque qui les rend acceptables. Avec une ligne de force sur la relation mère-enfant, et de belles fulgurances dans le texte, à côté desquelles il est dommage de passer.

Il y a les sentiers battus, les pièces qui en sortent, celles qui dépassent les bornes. Au delà, il y a des expériences inclassables, l’une est ici, qui explore l’excès.

On peut voir Rogatons pour le plaisir de la découverte qui bouscule autant qu’en se demandant ce que donnera la création suivante de la compagnie, une fois sa créativité canalisée. On peut aussi y voir la matérialisation des jeux des jeunes enfants quand leur imagination n’a pas été bornée par les limites acceptables définies par les adultes. Là, c’est carrément glaçant. Mais c’est assez ça.

Aux Déchargeurs le 18/02/22
Vendredi : 16h00
Centre Anim des Halles : 10/02, 11/02
Les Déchargeurs : septembre 2022 (horaires AD).

Texte : Mathilde Courcol-Rozès
Avec : Rémi Fransot, Inès Musial, Etienne Thomas
Mise en scène : Mathilde Courcol-Rozès

Visuel : Sarah Nowaczyk

Une réflexion sur “Rogatons – Les Déchargeurs

  1. ALAIN RENARD 13 mars 2022 / 18 06 35 03353

    Vous avez oublié Marine Guez comme assistante metteur en scene !

    J’aime

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