Le Complexe de Dieu – Funambule Montmartre

Le Complexe de Dieu au Funambule Montmartre : une pièce lourde qui aborde des sujets forts, pourquoi couvre-t-on les secrets, où trouve-t-on la force de les assumer. Une dénonciation de l’hypocrisie continue des dévots, une ode à la force de l’amitié.

D’un côté de la scène, une table en formica. De l’autre, un fauteuil en cuir élimé. Au fond, une toile blanche. Mike Brandt chante Laisse moi t’aimer dans les enceintes. Voilà un homme, casquette et cigarette, une femme. François, tu ne devrais pas fumer autant. Elle est mariée, ils sont amants, parlent de ce qu’on se cache pour faire, de ce qui est bon.

Nous voilà ensuite à l’époque actuelle. Matthias, jeune comédien, vient auditionner pour le rôle titre d’un Tartuffe à trois comédiens. Il obtient le rôle. Céline, sa meilleure amie, est Elmire. Malgré leur complicité, il butte sur Pour en être dévot, je n’en suis pas moins homme. Quand il lui en révèle les raisons, Céline le pousse à tirer les fils de son passé.

Les scènes alternent entre le passé et l’époque actuelle, le spectateur remonte le temps avec Matthias, il découvre l’importance du religieux dans la vie de sa mère, la façon dont le prêtre du village l’a abusé, le secret de sa naissance. Il prend conscience de la façon dont le silence s’est imposé. La peur du qu’en dira-t-on. Garder le silence, c’est garder le pouvoir. S’auto justifier, c’est pouvoir recommencer.

Le complexe de Dieu est une pièce lourde qui aborde des sujets forts. Avec un fil conducteur, la volonté de Matthias de garder le contrôle de sa vie, s’il parle il passera pour une victime, il faut qu’il aille au bout de son exploration pour mettre chacun face à ses responsabilités, sans qu’aucun ne l’assume, que ce soit la mère, passée du déni au martyre revendiqué, le religieux, constant hypocrite qui s’auto abstrait des conséquences de ses actes. Qui les revendiquerait presque… N’est-ce pas grâce aux choix successifs de deux hommes d’église que Matthias est ce qu’il est ?

J’en ai apprécié l’effet miroir entre le Tartuffe de Molière et le propos actuel de la pièce, la palette des sujets abordés. L’hypocrisie continue des dévots. Sa résilience et l’amour reçu des autres qui enferment Matthias dans ses secrets, les siens, ceux de sa famille. Le rôle essentiel de l’amitié, de Céline qui se bat sincèrement pour et avec Matthias.

Au Funambule Montmartre jusqu’au 25/02/22
Jeudi et vendredi : 19h00 ou 21h00 selon les dates

Texte : Antony Puiraveaud
Avec : Théo Dusoulié ou Olivier Troyon, Lucille Bobet ou Léonie Duédal, Anne-Cécile Crapie ou Béatrice Vincent, Jean-Marc Coudert ou Jean-Luc Voyeux
Mise en scène : Jean-Luc Voyeux

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