Les Producteurs

Les Producteurs au Théâtre de Paris : Mel Brooks à la sauce Michalik, une comédie musicale déjantée, acidulée et iconoclaste. A savourer sans bouder son plaisir.

Sur la scène, au piano, Thierry Boulanger, qui tiendra la baguette ce soir, installe l’ambiance. Le générique défile, le premier décor descend, c’est la première. Quand les critiques partent à l’entracte, les articles sortent beaucoup plus vite. Pour Max Bialystock, cette première est aussi la dernière. Il est au bord de la ruine.

Sur une idée de Léo Bloom, son comptable, et en l’embarquant dans l’opération, Bialystock organise une arnaque : monter un flop, l’assurer, partir avec l’argent levé auprès de vieilles dames qui apprécient les services d’un gigolo défraîchi. Un scénario improbable, un metteur en scène caricatural, des acteurs incompétents. Ça ne suffira pas, Des fleurs pour Hitler sera un succès.

Sur scène, seize acteurs, qui chantent, qui dansent, qui jouent. Ils sont au taquet, tous convaincants. Ils s’appuient sur sept musiciens qui jouent en live. Les plans s’enchaînent, la magie prend. La salle était pleine, la moitié du public debout à la fin de la représentation, les gens sont repartis contents de leur soirée, c’est l’essentiel.

Avant d’être sur scène à Broadway, The Producers est un film de Mel Brooks, pour lequel il a reçu son seul Oscar. On en retrouve le goût sur la scène du théâtre de Paris, même le physique des acteurs est ressemblant, on imagine le niveau de contrôle du gestionnaire des droits. La mise en scène d’Alexis Michalik lui apporte une légèreté, dans le jeu et dans les costumes, que j’ai sincèrement appréciée, elle gomme la pompe qu’il pouvait y avoir dans le film. Et son côté oppressant, dont l’absence à la fin de la séquence bavaroise m’a un peu gêné… est-ce un choix de mise en scène, ou une vision du français imposée par les américains ? Heureusement il s’est fait plaisir en parsemant le texte de virgules affûtées, ciselées, un assaisonnement qui contribue à la saveur du résultat, qui l’emmène au delà de certaines transpositions un peu fades qu’on a pu voir ces dernières années.

Le plus beau tableau, s’il en faut un ? La scène des comptables, pour sa vraie poésie.

Un coup de chapeau sincère à Alexis Michalik, à l’équipe qui l’entoure, à la troupe dans son entier. A conseiller à tous ceux :

  • qui suivent et qui apprécient le travail d’Alexis Michalik,
  • qui ont la nostalgie des films de Mel Brooks,
  • qui aiment le côté iconoclaste des bonnes comédies musicales,
  • qui ont simplement envie de passer une bonne soirée, distrayante.

Au Théâtre de Paris depuis le 01/12/21
Du mardi au samedi : 20h00 – Samedi et dimanche : 16h00

Texte : Mel Brooks adapté par Alexis Michalik
Avec : Serge Postigo, Benoît Cauden, David Eguren, Andy Cocq, Régis Vallée, Roxane Le Texier, Alexandre Bernot, Loai Rahman, Léo Maindron, Sébastien Paulet, Hervé Lewandowski, Mélissa Linton, Véronique Hatat, Eva Tesiorowski, Marianne Orlowski, Carla Hugon
Mise en scène : Alexis Michalik

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.