La paix dans le monde

La Paix dans le monde aux Déchargeurs : Le spectateur voit sur scène la belle histoire qui existe dans la tête du personnage, à charge pour lui d’imaginer la réalité, qui est terrifiante. Un seul en scène bluffant.

Sur la scène, une structure métallique bizarre, un coffre dont les côtés seraient tous ouverts. Simon entre, grimpe sur la structure, s’assied. Je me souviens de tes doigts, ils courent sur mon visage, le soir quand je m’endors.

Simon va nous raconter une histoire, son histoire. Un homme amoureux fou d’une femme Lucie, il l’a dans la peau au point de s’en être scarifié au cutter le prénom sur le corps. Un homme qui a perdu ses repères, la justice s’en est mêlé, il est sorti de la société pendant 15 ans, il s’est retrouvé, finira par la retrouver.

Une belle histoire, poignante, qui prend le cœur. Racontée sur un rythme hypnotique, d’une voix monocorde, par Frédéric Andrau.

Le théâtre est le domaine des mots, du texte, qui installent une histoire, des images, dans la tête du spectateur, j’ai reçu une histoire au delà de cette belle histoire.

J’ai reçu l’histoire d’un homme qui est toujours enfermé, qui a commis l’irréparable, l’impardonnable, sur une petite fille, qui reste incapable de considérer cette réalité. Pour la fuir il imagine un avenir. Pour donner corps à cet avenir, il le raconte, en installe les images dans la tête de son interlocuteur.

Ce que j’ai vu sur scène, c’est ce qui n’existe que dans la tête de Simon. La réalité qui s’imprimant dans ma tête, c’est un Simon enserré dans une camisole, assis sur une chaise dans une chambre capitonnée, le torse basculant d’avant en arrière, débitant son histoire et ses horreurs d’une voix monocorde pour m’hypnotiser, pour me convaincre que Lucie était vivante, revenue avec lui. S’il y arrive, si je crois Lucie vivante, elle l’est, l’irréparable est gommé, Simon est innocent. Et le monde est en paix.

Le paradigme du théâtre est inversé, la belle histoire est devenue terrifiante. C’est diaboliquement mis en place, superbement interprété, pour un résultat bluffant.

Aux Déchargeurs jusqu’au 30/10/2021
Du mercredi au samedi : 19h00

Texte : Diastème
Avec : Frédéric Andrau
Mise en scène : Diastème

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