Marylin Inside

Marylin Inside au Studio Hébertot : avec talent, Céline Barcaroli nous emmène dans la solitude de Norma Jean Mortenson, découvrir la femme derrière l’image glamour : Marylin Monroe.

En fond de scène, un ensemble de grands miroirs, de ces miroirs qu’on trouve dans les studios de danse. Une femme descend lentement l’escalier qui borde la scène. Cheveux blonds, foulard, sac à main, imperméable. « Oh pardon, je me croyais seule ». Elle ne veut pas déranger, elle joue de son avance, de son retard, ça la rend heureuse d’être en retard.

Le foulard découvre un carré blond platine. Coiffé, non apprêté. C’est Norma Jean Mortenson, on la connaît sous son nom de scène, Marylin Monroe. Pour un public invisible, elle va se livrer, sans fard, dans la solitude. Nous parler d’elle, Norma Jean, et d’Elle, Marylin. De la façon dont l’une se transforme en l’autre, dans un sens il faut six heures, dans l’autre cinq minutes suffisent. Du secret de sa peau brillante. Du nombre de couches de rouge à lèvres. De son déhanché, de ses livres, de son QI, de ce bébé qu’elle n’a pas eu. De ses amants, elle en a la liste.

On va croiser des photos, ces photos qu’on a tous en mémoire. Des mots, ses vrais mots, plus surprenants tant ils ne sont pas conforme à son image. C’est un voyage dans l’esprit de Norma Jean, un voyage découverte, la relecture d’une vie en forme de testament. Une vie de travail et d’efforts pour donner à son public le glamour qu’il attendait d’elle, l’image du sex symbol. En imposant quand il le fallait cette image au photographe, au metteur en scène, au prix de sa réputation. En la mettant au service de ses rares amis quand il le fallait.

C’est à ce public qu’elle s’adresse, ce public invisible qui l’a accompagnée, un homme de l’autre côté de la rue, un spectateur assis dans un cinéma. C’est à son public qu’elle fait toucher sa solitude, qu’elle fait comprendre qu’il a adulé, ou détesté, Marylin, l’image qu’elle avait décidé de donner d’elle, sans jamais dévoiler Norma Jean la femme qu’elle était. Norma Jean qui aura vécu seule, qui mourra seule.

Le texte de Céline Barcaroli est de ces textes précis, étayés comme des documentaires, qui brodent à partir d’une réalité sans qu’on sache vraiment où commence l’imagination de l’auteur, les exégètes ratiocineront, les amateurs de théâtre apprécieront la façon dont Emma Barcaroli le sert, dans un sentiment d’urgence auquel j’ai trouvé un sens au tout dernier moment de la pièce.

Au Studio Hébertot jusqu’au 27 octobre 2021
Mardi : 21h00 – Mercredi : 19h00

Texte : Céline Barcaroli
Avec : Emma Barcaroli
Mise en scène : Grégory Cauvin

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