Marilyn, ma Grand-mère, et moi

Avec Marilyn, ma Grand mère et moi, Céline Milliat Baumgartner poursuit son voyage initiatique. Avec sensibilité, en mêlant jeu et chant, elle évoque ces deux femmes dont le rapport à l’enfant est loin de ce que la société attendait d’elles.

(c) Caspevi

Sur la scène, un piano droit, dessus est posée une lampe qui pourrait être à l’huile. Au fond, une vieille armoire de campagne. Et puis un cercle, noir. On perçoit le son qu’on entend dans un train. Le pianiste prend place. « Mister President, please welcome Marilyn Monroe ». Flashs. Céline Milliat Baumgartner entre en scène, elle est Marylin, elle va mettre en perspective la vie de Marylin et celle de sa grand mère, quelques événements, leurs rapports à l’enfant, à l’image de ce que doit être la femme, surtout.

Parce que dans sa chambre, il y avait un poster de Marylin Monroe. Parce que Marylin et sa grand mère étaient nées la même année, 1926.

Il y a beaucoup de belles choses dans ce spectacle, et d’abord la sensibilité de Céline Milliat Baumgartner, qui l’a écrit et qui l’interprète. C’est une histoire de femmes, de femmes blessées, la transmission d’un sort, de femme en femme, sans que la génétique s’en mêle.

Il y a Marylin, amoureuse, qui veut réussir, qui veut un enfant, qui sait que ce n’est pas compatible, mariée plusieurs fois.

Il y a la grand mère, amoureuse un peu plus tard de l’homme idéal, enceinte puis mariée, on est dans les années 50, aimée puis ignorée, qui part, sans ses enfants qu’elle n’élèvera pas, mais elle élèvera sa petite fille.

Il y a l’artiste, tenue par le spectacle, qui fera une fausse couche sur scène.

Il y a ce qu’elles voudraient, et il y a ce qu’elles veulent, qui est différent, et qu’elles ont choisi.

Il y a le pianiste, des moments chantés, des moments joués devant une armoire qui a bien des secrets à révéler.

Il y a ces femmes face à leur destin, face à l’image que la civilisation a bien souvent imposé aux femmes, qui doivent depuis des temps immémoriaux donner naissance au plus grand nombre d’enfants possible et les élever, à qui on demande en plus depuis cent cinquante ans de les aimer, ces femmes qui vont choisir leur vie, et l’assumer. Il y a la fascination de Céline Milliat Baumgartner devant ces deux femmes qui sont son enfance, chacune, à sa façon, est son modèle.

J’avais vu (et été diablement touché par) Les Bijoux de Pacotille, et pourtant il a fallu une fée postérieure pour me rappeler l’évidence, pourquoi sa grand mère a élevé sa petite fille alors qu’elle n’avait pas élevé sa fille, j’ai vu une version Travail en Cours, c’est ma petite pierre à l’édifice, il manque la mise en perspective que tous les spectateurs n’auront pas forcément en tête.

Je suis rarement fan des mises en scènes compliquées, je trouve qu’elles empilent les choses et enferment l’imaginaire du spectateur. Pour une fois, j’ai trouvé que la complexité servait le propos et emmenait le spectateur vers son émotion, vers une ligne directrice « Tu vois, ma Grand mère a vécu ça, tu la juges… et pourtant, dans une situation comparable, tu juges différemment Marilyn Monroe… et puis après ma Grand mère a vécu ça, et tu changes ton jugement… ben moi je suis la fille de tout ça, et toi… réfléchis… et arrête de juger ». Un chouette propos, qui en dérangera certain.e.s.

Laissez-vous déranger, laissez-vous envahir par la sensibilité de Céline Milliat Baumgartner, et, en sortant, continuez à penser, à oser. Avec deux modèles comme Marilyn Monroe et sa grand mère, on peut oser.

Texte : Céline Milliat Baumgartner
Avec : Céline Milliat Baumgartner (actrice), Manuel Peskine (pianiste)
Mise en scène : Valérie Lesort

Tournée :
2021
08/04 : Théâtre du Pays de Morlaix
01/06 : L’éclat de Pont Audemer
15/06 : Festival d’Anjou (Angers)
17/06 : Théâtre du Pays de Morlaix
22-24/06 : La Manufacture CDN de Nancy
07-09/10 : Le Préeaui CDN de Normandie-Vire
13/10 : Le Vivat d’Armentières
2022
02 Théâtre de Villefranche
16-18/03 : Le Bateau Feu, Scène Nationale de Dunkerque


Production Le Préau, Centre Dramatique National de Normandie – Vire / coproduction : Le Bateau Feu, Scène Nationale de Dunkerque Le Vivat d’Armentières, Théâtre de la Manufacture CDN de Nancy

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