Le Tourneseul

Cløv, le clown d’Eric de Dadelsen, arrive à Paris. Il a repris les habits de Sol, le clown de Marc Favreau, lui a ajouté une touche d’actualité, ses valeurs de partage. Pour une vision poétique et cruelle du monde dans lequel nous vivons. C’est le spectacle à voir début novembre. Si vous partagez un tant soit peu ma sensibilité : allez-y.

J’ai connu Sol en… 1982, 1983, peut-être, un personnage dont les mots tournent encore dans ma tête. Un personnage, Sol, un homme, Marc Favreau, qui lui donnait vie. Sol est un clown, un clown qui jongle avec les mots, les prend, les transforme, les malaxe. Il regarde le monde qui l’entoure, prend de la distance, en parle. A l’époque, Marc Favreau tournait « Avec Sol, rien d’étonnant », c’était beau, magique, poétique. Plein d’émotions.

On compare souvent Marc Favreau et Raymond Devos, je les trouve tellement différents. Devos parle au cerveau de son spectateur, un spectateur sérieux qui esquisse un sourire parce qu’il a compris le bon mot, sans se laisser emporter. Marc Favreau va chercher le petit bout d’âme d’enfant qui reste au fond du spectateur, l’emporte, l’émeut, le fait voyager, l’émeut. Avec Sol, on rit, on rit parce qu’on a été pris.

Eric de Dadelsen, Cløv du nom de son clown, l’a bien connu, plus que de faire revivre ses textes, il fait revivre l’esprit du personnage.

Comme quelqu’un qui reprend un habit, le met à sa taille, c’est toujours le costume de Sol, c’est devenu le costume de Cløv, un costume au goût du jour. Il y a la poésie, le jeu avec les mots, les envolées. L’émotion. L’émotion et la bonté.

Il y a une vision du monde, ancrée dans l’actualité, le monde et son économie, le monde-maison qui brûle, le monde et ses migrants. Eric de Dadelsen y met aussi ses valeurs, des valeurs solides, des valeurs de partage. Sa vision est poétique, parfois onirique ? Elle est toujours vraie, souvent dure, parfois cruelle. Toujours juste. Malheureusement, juste.

Un spectacle, c’est un texte, un acteur, une mise en scène. Sa qualité se mesure aussi, surtout, à l’attention du public. Le public écoutait, était attentif à chaque mot, recueillait chaque émotion. Un harmonica, une scie, un ukulélé, trois moments musicaux rythment le spectacle, le silence du public était là encore de qualité.

J’ai retrouvé le Fier Monde, mais pour comprendre, il faut que vous preniez un billet, que vous remplissiez la salle. Eric de Dadelsen et Marc Favreau le méritent, Tourneseul est un bijou.

Un grand BRAVO à Eric de Dadelsen, et un grand MERCI.

Texte : Marc Favreau, Eric de Dadelsen
Avec : Eric de Dadelsen
Mise en scène : Maurice Casagranda

Aux Déchargeurs du 29 octobre au 16 novembre
du mardi au samedi : 21h00

En tournée :
Festival d’humour de Soyaux (16) : 21 novembre
Art Maël – Lanouée (56) : 7 février
Saint Brieuc de Mauron (56) : 8 février
La Chapelle Caro (56) : 9 février

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