Retours / Le père de l’enfant de la mère

Deux pièces courtes, le même mécanisme de l’éternel retour, deux visions glaçantes de la place de l’enfant unique dans une famille dysfonctionnelle.

Retours-(c)Stephane-Trapier

Deux pièces norvégiennes courtes, jouées sans entracte.

Pour Retours, la scène présente un appartement des années 60, une cuisine, une table, un canapé, un téléphone à cadran, une fenêtre industrielle. Lui guette le chien des voisins, elle voudrait qu’il réagisse. Leur fils a disparu dans une avalanche trois mois avant, ils ont fini par l’enterrer. On sonne à la porte, c’est leur fils. L’histoire va tourner en boucle, le fils meurt à nouveau, revient, ses absences sont de plus en plus fréquentes, de plus en plus courtes, de plus en plus provoquées.

Pour Le père de l’enfant de la mère, l’ambiance de la scène change, un même espace, les mêmes meubles, des murs soulignés d’un trait de lumière, une ambiance Tron. Ils ont une fille, elle est allée faire des courses, elle revient, ils s’occupent de l’enfant. L’instant se répète, encore et encore, petit changement après petit changement, le combat entre le père et la mère pour gagner l’affection de l’enfant s’installe.

Quand Retours a commencé, j’ai eu l’impression de me retrouver dans un vieux film de Robert Bresson, action lente et ton monocorde. Le rythme accélère, les cycles s’enchainent, le regret fait place à l’indifférence, l’indifférence à l’embarras. Je me suis laissé embarquer, hypnotisé par le jeu, attentif à l’action.

Je suis plus mitigé sur Le père de l’enfant de la mère. J’y ai retrouvé la même accélération des cycles, le même éternel retour d’un instant de vie, l’effet de surprise disparu, une certaine lassitude s’est installée, je me suis focalisé sur le jeu silencieux de Dimitri Doré.

Deux pièces qui se succèdent, deux visions de la place de l’enfant unique dans la famille, deux visions aussi glaçantes l’une que l’autre, qu’il devienne une gêne ou un enjeu. Le plus glaçant, peut-être, je projetais sur ces deux couples des familles dysfonctionnelles de mon univers, le trait est précis, exact, sans espoir.

Au théâtre du Rond Point jusqu’au 30 juin 2019
Du mardi au samedi : 21h00 / Dimanche : 15h30

Textes : Fredrik Brattberg
Mise en scène : Frédéric Bélier-Garcia
Avec : Camille Chamoux, Jean-Charles Clichet, Dimitri Doré
Traduction « Retours » : Terje Sinding
Traduction « Le père de l’enfant de la mère » : Jean-Baptiste Coursaud

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