A mon âge je me cache encore pour fumer

Huit femmes aussi différentes que touchantes, solidaires face à la violence obscurantiste. Un message à entendre.

AMonAge

Sur scène, quelques tabourets, un banc, des bassines, une étagère en rotin. Un hammam en Algérie. Fatimah, masseuse en chef, nettoie entre le temps des hommes et le temps des femmes. Arrive Myriam, elle n’est pas mariée, elle est enceinte, près d’accoucher, son frère la cherche pour l’égorger. Fatimah la cache. Vient ensuite la jeune masseuse, qui rêve d’un amour idéalisé, elle est trop maigre, personne ne la demande.

Elles sont bientôt huit, huit personnalités très différentes, l’une a connu l’amour avec le père de ses enfants, qui est son beau frère, l’autre est fondamentaliste et porte le voile, l’autre encore a obtenu son divorce et repris ses études, sa belle-mère est là, l’autre encore…

Elles parlent de leurs vies, des hommes, de l’amour, parfois de l’Amour. Leurs opinions sont tranchées, leurs discussions loin d’être sereines. Jusqu’à la fin, quand violence et absolutisme prennent le contrôle, dans un moment où elles seront toutes solidaires et victimes.

Le texte m’a embarqué. J’ai apprécié ses nuances, chacune de ces femmes m’a touché par au moins une de ses facettes, chacune, à sa façon, est attachante, chacune a ses blessures, sa vision de sa vie, est finalement solidaire des autres. J’ai apprécié cette description précise sans être manichéenne.

Le jeu inégal de la distribution donne paradoxalement de la profondeur et du réalisme à la pièce. J’en ai apprécié la fraicheur. La troupe sert le texte, elle le sert bien, à bout de bras, avec force et conviction. Le message n’en est que plus percutant.

La salle – presque pleine et à 80 % féminine – a suivi, et remercié la troupe par de longs applaudissements.

Mesdames, allez voir la pièce… et emmenez les hommes de votre entourage.

Au Théâtre de Nesle jusqu’au 6 mai 2019
Lundi : 20h00

Auteur : Rayhana Obermeyer
Avec : Samira Amrouche Leveque, Andrée Boille, Camille Borgeais, Amina Guezli, Soukaïna Jabir, Catherine Jouniaux, Marie-Christine Labat et Amina Zouiten
Mise en scène : Claudie Amand

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