Lettre d’une inconnue

Une femme meurt, qui écrit à l’écrivain qu’elle a aimé, l’homme qui l’a ignorée et qui pourtant est le père de leur enfant. Superbement jouée par Laetitia Lebacq, dont la nouvelle mise en scène donne une dimension animale au texte de Stefan Zweig

Lettre

D’un côté, un lit, un bureau. De l’autre, un fauteuil, derrière un voile, un espace libre, des cierges. Une femme écrit. Son enfant vient de mourir, de la grippe. Elle l’a veillé, elle écrit à celui qui est le père, sans le savoir. Un homme qu’elle a aimé depuis son adolescence, qu’elle n’a qu’aperçu, qu’elle a seulement croisé. Un homme qui l’a séduite, sans jamais la connaitre. Un homme qu’elle condamnera à ne jamais savoir qui elle est.

C’est la troisième saison de Lettre d’une Inconnue à La Folie Théâtre, et c’est la troisième fois que je vois la pièce, avec toujours autant de plaisir à me laisser embarquer par cette inconnue qui vient habiter Laetitia Lebacq.

Dans sa nouvelle mise en scène, mon plaisir est différent, plus… animal. Oui, animal. J’ai reçu le plaisir qu’a pu avoir cette femme à vivre cette vie. Ca n’est pas une femme qui a souffert et qui cherche à se venger. Ce n’est pas l’amoureuse éthérée d’un idéal vaporeux. C’est une femme, une femme qui a aimé, qui a été désirée, et qui assume. Une femme dont le corps garde les vagues qui l’ont emplie, et ces vagues étaient fortes. Une femme qui finit en partant, en condamnant à l’incertitude, et à nouveau elle assume.

Cette femme sensuelle, cette femme animale, Laetitia Lebacq la rend par son jeu, par sa danse. Elle donne l’inconnue de 13 ans, faussement innocente, déjà joueuse. L’inconnue de 18 ans, qui savoure ses trois nuits avec son écrivain aimé, qui veut encore croire à ses illusions. L’inconnue, plus tard, joueuse, jouisseuse, déjà vengeresse, il ne l’a pas reconnue, il a voulu la payer.

Elle a souffert, elle souffre. Mais elle a aimé. D’un amour animal qui l’emplit encore.

Et l’écrivain, l’Aimé ? son point de vue n’importe pas, il n’a pas la parole. Il a été aimé, il l’a ignorée, il est condamné.

Les Bravo ont fusé à l’issue de la représentation, mérités.

La lettre d’une inconnue a reçu le P’tit Molière 2018 de la meilleure scénographie.

Laetitia Lebacq a reçu le P’tit Molière 2018 de la meilleure comédienne dans un premier rôle.

A La Folie Théâtre jusqu’au 27 janvier 2019
Jeudi 19h30 / samedi 18h00 / dimanche 16h30

Texte : Stefan Zweig
Avec : Laetitia Lebacq
Mise en scène : Laetitia Lebacq

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