Claire, Anton et eux

Une pièce inclassable qui a la puissance d’un orage et la beauté d’une symphonie.

Claire, Anton et eux -

Photo (c) Christophe Raynaud de Lage

Ils sont quatorze, de vingt à vingt-cinq ans, et font revenir sous la conduite de François Cervantes des personnages qui font partie de leur histoire : des membres de leur famille, des êtres qui les ont marqués, à l’occasion de rencontres dans la vie, dans des récits, des rêves, des voyages… Sur le plateau s’entrechoquent les mémoires et les corps : les acteurs convoquent ces instants du passé, et ces personnages arrivent dans le présent, dépaysés, surpris, émerveillés. Avec ces personnages, reviennent des quartiers de France, d’Espagne, d’Italie, du Maroc, d’Algérie, de Tunisie, de Syrie, d’Arménie, de Hongrie, du Liban, de République Dominicaine…

C’est vrai, Claire, Anton et eux, c’est ça. Mais c’est tellement plus que ça. Il y a les spectacles que j’observe, et ceux qui m’embarquent. Ceux qui m’embarquent au bout d’un certain temps, et ceux qui m’embarquent à la première seconde. Claire, Anton et eux est de ceux là. Les acteurs sont entrés sur scène, et m’ont embarqué, sans jamais me relâcher, je n’ai aucune note de ce spectacle.

Au delà de cette la description – exacte, factuelle – du flyer, j’ai vécu cette représentation comme…

Je l’ai vécue comme un orage qu’on observe confortablement installé sous une verrière – essayez un orage un soir d’été sous la verrière Gustave Eiffel du Hyatt Madeleine, vous comprendrez. La première goutte tombe, la suivante. Elles s’étalent, se mélangent, s’ajoutent. Ensuite viennent les éclairs, le tonnerre. Enfin tout s’apaise, le calme s’installe, on est bien.

Je l’ai vécue comme une symphonie, les premières notes arrivent, elles composent un thème, tout monte crescendo etc…

Claire, Anton et eux, c’est ça. Des morceaux de vie. Je m’appelle… je suis né en… A 7 ans… A 9 ans… Ils sont quatorze, composent avec les moments choisis de leurs existences, leurs questions, leurs origines… la symphonie d’un univers. Un univers dans lequel le présent peut convoquer le passé, interroger le futur. Les ancêtres reviennent à travers le corps de leurs descendants, ce qu’ils deviendront est là aussi.

« Ce n’est pas l’avenir qui va m’empêcher de réaliser mes rêves« . On les voit grandir, découvrir la vie, ressentir leurs premiers émois. Expliquer le sens d’un nom, la fatigue d’une main.

Jusqu’au moment le plus fort du spectacle, un, deux, trois, quatre… ascendants aux profils tellement variés reviennent de temps si différents, entament une discussion à travers les âges, admiratifs, étonnés ou pas d’être, à travers leur fille, petit-fils… sur une scène de théâtre.

Un grand coup de cœur, un grand merci, pour ce spectacle de grande qualité.

A la maison des Métallos jusqu’au 16 septembre 2018 – vendredi 20h00 – samedi 19h00 – dimanche 16h00

En tournée :
22-23 septembre : Festival Princeton (USA)
26-27 septembre : Montréal (Canada)
6-7 octobre : Théâtre Firmin Gémier (Chatenay Malabry)
16-21 octobre : Friche La Belle de Mai (Marseille).

Texte et mise en scène : François Cervantes
Avec : Gabriel Acremant, Théo Chédeville, Salif Cissé, Milena Csergo, Salomé Dienis-Meulien,  Roman Jean-Elie, Jean Joudé, Pia Lagrange, Sipan Mouradian,
Solal Perret-Forte, Maroussia Pourpoint, Isis Ravel, Léa Tissier,  Sélim Zahrani
Production : Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique
Diffusion : L’entreprise – cie François Cervantes

 

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