La Guerre de Troie (en moins de deux)

La guerre de Troie, ses causes, ses grands moments en 90 minutes dans un style que Méliès n’aurait pas renié ? Ne ratez pas ce grand moment de théâtre qui se donne actuellement au Théâtre 13 (jardin).

Troie

Sur scène, une grande table, une dizaine de chaises. A jardin, un piano. Quelques accessoires vestimentaires. Sept acteurs. Un pianiste. Il ne faut pas plus pour raconter, d’une façon passionnante, la guerre de Troie. En commençant par la naissance d’Hélène, la plus belle femme du monde.

Je me suis laissé embarquer par le spectacle dès la première seconde. Dès l’arrivée de Zeus, déguisé en cygne, venu féconder Léda, femme de Tyndare. Comment rendre ça rapidement sans ennuyer ni perdre le public ? C’est tout l’art de ce spectacle, l’histoire est racontée. Oui, une forme narrative. Une actrice allongée sur une table, une autre qui dit « Léna se baignait nue dans la rivière », l’image est là, l’action est en cours.

Ménélas est en colère ? Le temps de le dire, de jouer l’émotion, c’est fait. Les tableaux peuvent s’enchainer. Il y en a vingt quatre, autant que de chants dans l’Iliade. Les actions se succèdent. Le rythme est percutant.

Sept acteurs, un pianiste. Des tableaux savoureux, me vient là en tête les Dieux faisant la fête sur l’Olympe aux noces de Pélée et Thétis, il m’a sans doute fallu plus de temps que n’a duré l’instant pour écrire cette phrase.

Eudes Labrusse s’est appuyé sur Homère, Sophocle, Euripide, Hésiode, Virgile… Le résultat ? Un texte enlevé. Energique. Bourré d’anecdotes et de grands moments, qui capte l’attention de tous. La mise en scène ? Au cordeau, un ballet choral, un énorme travail de précision. Résultat, un spectacle vibrionnant, prenant, passionnant. Plus le temps passait – Dieu sait qu’il est passé vite – plus je le superposais à l’univers de Méliès. La même magie, la même énergie, la même soif de montrer. Le même humour, le même souci du détail.

Fléchette, assise au premier rang, jouait sa petite dame, sérieuse et attentive, n’en perdant pas une goutte. Baroudeur, un peu plus loin, se trémoussait au rythme des combats, emporté lui aussi. Nous étions six, de sept ans à quatre vingt plus, nous sommes tous sortis de la salle avec des étoiles dans les yeux, convaincus et séduits.

La salle n’a pas boudé son plaisir, applaudissements nourris, bravos, rappels.

A voir. Absolument.

Au Théâtre 13 Jardin jusqu’au 10 juin 2018 – du mardi au samedi à 20h00, dimanche 16h00

Avec : Catherine Bayle, Audrey Le Bihan, Hoa-Lan Scremin, Laurent Joly, Nicolas Postillon, Loïc Puichevrier, Philipp Weissert, au piano Christian Roux
Texte : Eudes Labrusse
Mise en scène : Jérôme Imard & Eudes Labrusse

 

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