Le plaisir de rompre

Un grand coup de cœur pour Le Plaisir de Rompre à la Folie Théâtre, qui m’a totalement embarqué, une petite pièce avec de grandes racines, à voir absolument.

Plaisir

Le plaisir de rompre et le pain de ménage sont deux courtes pièces – autobiographiques – de Jules Renard qui sont souvent données ensemble. Dans la première, Maurice vient rendre une dernière visite à Blanche, ils ont été amants, ils vont se marier, pas ensemble, chacun fait une fin, épouse une situation confortable, mais si Blanche voulait… Dans la seconde, Marthe et Pierre jouent, un soir d’été, au jeu des confidences et de la séduction, leurs conjoints respectifs ont regagné leur chambre, la tentation de céder devient de plus en plus forte…

Je me suis laissé embarquer dès le début de la pièce, quand la voix de Serge Gainsbourg s’est élevée. C’est vrai, j’aime la scène de La Petite Folie, qui vous met au cœur de l’action, on n’est pas derrière le quatrième mur, on est assis dessus. C’est un bel écrin pour les pièces intimistes, les acteurs peuvent y chuchoter sans crainte. J’aime le jeu plein d’humanité d’Hélène Phénix, parfois sensuelle, parfois sévère, parfois dure, parfois fragile, toujours humaine. J’aime le sourire de Morad Tacherifet, un sourire lumineux, plein de bonté, qui illumine les situations les plus dures, un regard plein de tellement d’espoirs. J’ai eu plaisir à les retrouver, à retrouver le naturel de leur jeu, ils m’avaient pris aux tripes dans Les Amis du Placard, là ils ont saisi mon cœur, mes tripes, ils m’ont emporté, ému.

Ils servent le texte de Jules Renard, mis en scène avec finesse par Jules Coté, un texte incisif, aiguisé, avec des aphorismes savoureux. Du désespoir, « j’ai aimé ma part, je peux renoncer à l’amour », du réalisme, « les hommes ne s’approchent que si on leur fait signe », du fatalisme, « les amants ne valent que par les souvenirs qu’ils se laissent ».

Il arrive que je me demande pourquoi je vais au théâtre, et parfois je sais, j’y vais pour vivre des moments comme celui que j’ai vécu en assistant à cette représentation du Plaisir de Rompre. Tout était là. Le texte me parlait, la mise en scène le servait, deux acteurs me prenaient aux tripes, sur une scène intimiste qui me mettait au cœur de l’action. Ce sont des moments rares, à savourer, qui valent par les souvenirs qu’ils laissent, par la nostalgie avec laquelle on y repense, par l’envie qu’on a d’y revenir.

Réservez votre place en confiance, et laissez-vous embarquer.

A La Folie Théâtre jusqu’au 1er juin 2018 – vendredi et samedi 19h30

Avec : Hélène Phénix – Morad Tacherifet
Texte : Jules Renard
Mise en scène : Joël Coté
Compagnie : L’heur du T
Le texte du Plaisir de Rompre
Le texte du Pain de Ménage

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