Il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée

Le Homard Bleu modernise Musset au Ciné XIII, d’une façon agréable et finement comique, l’occasion de revoir avec plaisir deux des comédiens d’une troupe dont j’apprécie particulièrement le travail et les parti pris.

porte

J’avoue, j’ai un a priori favorable pour le parti pris de la compagnie Le Homard Bleu de revisiter les classiques du répertoire. Si j’avais trouvé leur Bourgeois Gentilhomme un peu désordonné, j’avais vu et revu Le Mariage Forcé de Georges Dandin. Forcément, quand j’ai vu arriver ce proverbe de Musset, j’ai pris une place, un peu intrigué de la façon dont ils allaient s’attaquer au monument du romantisme.

La pièce commence dans un salon contemporain, la Marquise attend. C’est son jour, ses amis vont passer. En attendant, elle écoute de la musique sur son iBook. Voilà le Comte, en vélo, à pied, à moto, il passe et repasse hésite à entrer, il entend le son étouffé de la musique. Il ose enfin sonner, entre. Et le combat commence. Parce que là où Musset a écrit une joute essentiellement verbale, Anne-Sophie Liban et Mathias Fortune Droulers donnent un combat, entre le désir physique, les envies, les convenances. Il veut la séduire, mais ne veut-il qu’en faire sa maitresse ? Il est maladroit, ne sait que faire ni que dire, il enfile les fadaises et les déclarations quand elle voudrait entendre un serment nouveau. Elle se moque, et la salle avec elle, de ses mots et de ses gestes maladroits, frôlant parfois une humiliation qui n’arrive pas à le faire fuir. Ils sont seuls, un orage bienveillant a fait fuir la société. Ils finiront par se trouver, il avouera son amour (oui, il parle bien de mariage), elle conviendra que si la façon de le déclarer est toujours la même, chaque amour est nouveau.

Dans cette version modernisée – qui respecte le texte à quelques libertés près -, le Comte et la Marquise ont une relation très physique, sensuelle, quasiment animale, où le désir et l’amour ont partie, qui commence lentement, où les maladresses du Comte sont des virgules d’humour, qui se termine à bride abattue, comme le bouquet final d’un feu d’artifice.

Je suis ressorti le sourire aux lèvres, comme la salle, conquise.

Au Ciné XIII Théâtre jusqu’au 17 mars 2018 – Mercredi et vendredi 21h00 – Jeudi et samedi 19h00 – Dimanche 18h00

Mise en scène et interprétation Matthias Fortune Droulers et Anne-Sophie Liban

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