Et Dieu créa Bardot – Théâtre du Nord Ouest

Que s’est-il passé pendant que Dieu, à travers Vadim, créait le mythe Bardot, c’est ce qu’imagine Et Dieu créa Bardot, la pièce écrite et mise en scène par Olivier Sauton au Théâtre du Nord Ouest.

Bardot

Hélène Sauton entre en scène, elle est Bardot. La voix, les mines, les vêtements (au fil des changements de tableau, on va voir défiler ses tenues marquantes), je la voyais, je l’entendais, je me souvenais.

La pièce commence au moment où, poussée par sa mère, Bardot va passer l’audition durant laquelle elle rencontre Vadim. Elle se termine au moment où le tournage de Et Dieu créa la femme prend fin, au moment où Bardot quitte Vadim pour Trintignant. C’est, au fond, l’histoire d’un amour. Un amour irrésistible mais contrarié, un amour charnel devenu fraternel. Mais un amour mythique !

Sept ans de la vie intime de Bardot, sept ans de la relation Bardot/Vadim, sans aborder sa face publique, les quelques 15 films auxquels elle a participés avant que Vadim ne transforme la starlette en star.

Bardot n’a pas encore 15 ans, elle est déjà Femme, elle est encore fille, protégée d’elle même ou du monde par ses parents dont le rôle dans la vraie vie était plus ambigu qu’il ne l’est dans la pièce. Les grands moments de la geste sont là, Bardot enceinte, Bardot la tête dans le four, Bardot se marie, Bardot s’ennuie. Bardot en Vichy, Bardot en foulard, Bardot en short. Bardot plus émue par le sort des animaux que par celui des humains. Ce n’est évidemment pas une biographie, juste une série de moments de vie.

J’ai adoré le texte d’Olivier Sauton, ciselé, précis, savoureux, plein de petites touches qui portent humour et émotion.

J’ai admiré le jeu de Jean-Michel Flavigny – son rôle principal est d’être le père de Bardot – et celui de Juliette Dubloc – Mijanou délurée.

J’ai trouvé que le jeu d’Hélène Sauton (Bardot) et surtout celui d’Antoine Botrel (Vadim) manquaient d’animalité, de bestialité. C’est difficile d’impersonner un mythe, c’est peut être moi qui suis resté dans l’analyse trop longtemps. Mais ils parlaient à mon cerveau, un peu à mon cœur, jamais à ma b..e

Chaque acteur secondaire joue plusieurs rôles, les changements de scène gagneraient à être accélérés, voire enchainés sans un instant d’attente, sans que l’attention ne retombe, un peu comme c’est le cas dans les pièces d’Alexis Michalik.

Le sujet est tellement vaste, chacun peut épiloguer sur le point de vue un peu trop creusé, pas assez creusé, et chacun aura raison, la pièce n’est pas une mythologie, pas une biographie, c’est une pièce de théâtre, une histoire.

Voilà, c’est ça. Il ne faut pas voir Et Dieu créa Bardot comme une pièce historique, ou une reconstitution. Il faut la savourer, peut-être la découvrir comme quelque chose vaguement inspiré de la vie d’une actrice dont on a un souvenir diffus.

Et se laisser entrainer, comme la salle, comble ce soir là, pour passer un excellent moment.

Au théâtre du Nord Ouest

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