Bigre – Théâtre Tristan Bernard

En une phrase : sans un mot, les grands moments de la vie quotidienne de 3 habitants de chambres de bonnes, sous un toit de Paris


Au milieu, l’écolo recycleur. qui vit dans une chambre encombrée, dort dans un hamac. À gauche, le geek, chambre épurée qui se commande au claquement de doigts. À droite va arriver la fille, qui apprend ses métiers dans les livres. Ah, et toilettes à l’étage.

Bien sûr l’arrivée de la fille va perturber un quotidien fait de petits mépris, et de grands ratages, la pièce ira crescendo jusqu’à… l’explosion finale.

Les trois comédiens jouent sans un mot, c’est Buster Keaton qui est là avec ses mimiques, ses air.

C’est la vie, qui se dérègle, où au fond rien ne marche. Agathe L’huillier, La fille s’entrainera (sur ses voisins) à devenir ostéopathe, coiffeuse, infirmière. Le coeur solitaire du Geek qui chante J’ai encore rêvé d’elle dans un yaourt allemand se dérèglera comme le désordre entrera dans sa chambre immaculée. Pierre Guillois, auteur/metteur en scène, est magique en écolo imperturbable.

La salle est pliée de rire pendant une heure et demie, les moments s’enchainent, les quiproquo s’appuient sur le plus parfait non sens le plus logique possible.

En écrivant ces mots, les images me reviennent, une toilette automatique intempestive, un vide ordure, un moustique, un lapin, un poisson. C’est la magie de Bigre, cette alchimie équilibrée entre des moments visuels qui se succèdent, qui construisent une histoire émouvante.

Quand je suis allé réserver les places, j’ai décliné l’âge des « moins de 26 ans », finissant par 7 et 6 ans. « Je ne peux pas vous vendre des places pour des enfants aussi petits, attendez », et nous voilà partis dans les entrailles du théâtre, la scène était en cours d’installation. On croise un barbu (oui, l’écolo), « ce monsieur veut venir avec un enfant de 7 ans, je ne lui vends pas de places ? ». « 7 ans ? au contraire, il va être plié en deux d’un bout à l’autre, mets-le au premier rang de balcon pour qu’il voit bien tout ».

C’était exactement ce qu’il fallait faire. Comme toute la salle, 7 ans a rigolé du début à la fin, 5 ans aussi (j’avais un peu survendu la chose), même si elle n’attendait plus que son lit à la fin.

Un très beau moment, d’utilité publique en cette fin de printemps maussade.

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