
Lumières, Lumières, Lumières à La Croisée des Chemins : Virginie Bourguet et Stéphanie Pomeau, intéressantes Madame Ramsey et Lily, le cheminement de leurs réflexions parallèles crée un malaise croissant, jusqu’à un échappatoire inéluctable.

Lumières, Lumières, Lumières à La Croisée des Chemins : Virginie Bourguet et Stéphanie Pomeau, intéressantes Madame Ramsey et Lily, le cheminement de leurs réflexions parallèles crée un malaise croissant, jusqu’à un échappatoire inéluctable.

Darius au Lucernaire : Jean-Benoît Patricot, maître des émotions pudiques. Le dialogue épistolaire entre les talentueux Catherine Aymerie et François Cognard leur fera, malgré les épreuves, trouver la sérénité au bout d’un chemin d’envies, de défis et de volontés.

Choisis la vie et tu vivras à l’Essaïon Théâtre : les mots qui font du bien de Christiane Singer, portés avec délicatesse et respect par Laurent Brouazin. Une réflexion sur le monde conclue par le conseil essentiel de ne pas rester seul avec ses blessures.

Holyshit! à La Reine Blanche : Sarah Marcuse, dynamique et bienveillante, raconte l’inceste dont elle a été victime, la force qui l’a portée pour reconstruire son monde, les magiciennes qui l’ont aidée à s’en libérer. Un spectacle précieux, un voyage initiatique généreux qui m’a profondément touché.

Nom au Rond Point : Victoria Quesnel, mise en scène par Hugues Jourdain, est impressionnante. Son cri tripal, viscéral, donne du corps, du sens et de l’émotion à la colère de Constance Debré. On ira savourer avec plaisir son interprétation jubilatoire.

Second Souffle au Funambule Montmartre : Morgane Raoux raconte comment elle s’est construite dans le monde de la musique, où la masculinité toxique règne en maîtresse graveleuse. Comment elle s’est relevée quand ses poumons l’ont lâchée.

Le Papier Peint Jaune : sur des mots de Charlotte Perkins Gilman, Lætitia Poulalion explore avec délicatesse et talent la plongée obsessionnelle d’une jeune femme, une jeune mère, enfermée par son mari médecin dans une vieille demeure. Un spectacle bluffant et impressionnant. Un coup de cœur

Araberlin à la Comédie Nation : comment la xénophobie fait exploser l’univers d’Aïda, une allemande née au Liban à la vie banale, et l’envoie sur les sentiers de la violence. Un beau texte de Jalila Baccar sur ce sentiment atavique dont on accepte pas les conséquences.

Le Malade Imaginaire aux Bouffes du Nord : Tigran Mekhitarian signe une belle mise en scène qui donne aux mots de Molière le phrasé des banlieues et des collégiens et les couleurs du goût du jour. Un Molière fédérateur qui plaira à tous, qui va chercher ceux qui ne vont jamais au théâtre.

L’Aquoiboniste à la Scène Libre : Bertrand Skol, impressionnant sur le texte de Jean-Benoît Patricot. Un homme déclaré mort remonte par amour les traces d’un passé qui semble l’avoir oublié. Un homme face à deux peurs primales : la mort, la mer. Magnifique.

L’âge de détruire au Théâtre Ouvert : un spectacle multiforme, une violence sourde, Pauline Peyrade et Justine Berthillot, les émotions d’Elsa, elle se construit dans l’univers toxique construit par sa mère. Un coup de poing à savoir prendre dans la gueule.

Joséphine la cantatrice… à l’Échangeur Bagnolet : la dernière nouvelle de Kafka. Finement dirigée par Régis Hebette, Laure Wolf est remarquable. Un appel à retrouver la sagesse simple des peuples dont le soutien à son leader ne devrait jamais être inconditionnel

Le Cid à l’Artistic : Frédérique Lazarini adapte le texte de Corneille, en donne une vision féministe, esthétique et émotionnelle. Lara Tavella est une Chimène impressionnante, chaton fragile devenu lynx en colère. A voir sans hésitation.

Jeanne au théâtre de Belleville : Yan Allegret décrit la confusion qui règne dans la tête de Jeanne, pas totalement partie de chez elle, qui sait qu’elle ne reviendra pas. Un beau texte desservi par une mise en scène bien lourde et datée.

Un mari idéal au théâtre Clavel : Oscar Wilde fait exploser les ambitions sociales pour ramener chacun à son équilibre naturel. Une version pétillante signée Guillemette Regnault, une distribution solide et convaincante, de superbes costumes, une bonne soirée. On en redemande.

On est là : Pauline Sales décrit comment les discours utopiques et généreux qu’on tient à vingt ans transforment en réalité, se décantent entre action, parole et nostalgie. Un beau travail de troupe des apprentis du Studio | ESCA mis en scène par Paul Desveaux.

Finlandia aux Bouffes du Nord : Pascal Rambert nous fait le cadeau de pouvoir assister à la grand mère de toutes les tempêtes conjugales, celle qu’on devrait tous vivre une fois dans sa vie. Avec l’éblouissante Victoria Quesnel et Joseph Drouet. Jouissif et jubilatoire.

Le Cri au Darius Milhaud : première pièce d’Hélène Dieulot, un texte fort, une dystopie sur les droits des femmes, la soumission qui se perpétue, l’esprit de révolte qui surgit régulièrement. Une auteure à suivre.

Señora Tentación aux Plateaux Sauvages : Roser Montlló Guberna et Brigitte Seth donnent corps au texte de Marie Dilasser. L’histoire de l’amour entre deux femmes simples, la dénonciation du monde où elles doivent encore ne pas se faire remarquer.

Ma version de l’histoire au théâtre Michel : la thérapie d’un couple dans la quarantaine. La magic touch de Sébastien Azzopardi, une pièce rythmée, pétillante et intelligente. Un miroir tendu à un public séduit qui rit et qui se retrouve. Une réussite.