Un air de famille – La Folie Théâtre

En une phrase : un dîner en famille, tradition du vendredi soir dans la famille Ménard


C’est du Jaoui/Bacri, ça pétille de bassesse, c’est horripilant de drôlerie. Ils se parlent en s’ignorant, quand ils ne se méprisent pas. C’est grinçant de réalisme. Et à la fin, on garde foi en l’homme.

La mise en scène de Cathy Guillemin est rythmée, le temps de ce dîner s’écoule plus vite pour nous que pour les acteurs.

Difficile de reprendre un rôle écrit pour un acteur aussi caractéristique que Bacri. Morad Tacherifet assume la bougonnerie voulue par le texte, sans en faire des tonnes.

J’avais emmené P’tit Bonhomme 16 ans, Baroudeur, 7 ans. Qui aurait voulu enchainer immédiatement avec Cuisine et dépendances, de la même compagnie. On y retourne jeudi prochain.

Trahisons – La Folie Théâtre

En une phrase : vécue à rebours pour mieux en appréhender les mesquineries, la longue liaison entre une femme et son amant, meilleur ami de son mari


Je mets Trahisons à part dans le théâtre de Pinter, la pièce où il se passe quelque chose, il parait qu’elle contient une partie de sa vie. Point tant de grandes trahisons, plutôt des petites mesquineries, pour que chacun ait son vécu.

La mise en scène a du bon dans le rythme des changements de scène, les cubes lumineux sont une bonne idée. Malheureusement, les scènes de danse derrière un plexiglas flou cassent ce rythme sans vraiment apporter grand chose, c’est dommage.

La Femme donne une vision figée de cette femme qui trompe son mari durant 7 ans, dans ma lecture de la pièce (de la vie ?), elle devrait être passionnée.

L’Amant joue de façon très souple, au contraire, il est très fluide, presque plus féminin, plus chat que La Femme.

À l’arrivée, un bon moment quand même,  un long moment.

Chères Suzannes – À la Folie Théâtre

En une phrase : Euh…

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L’intention est intéressante, une vision humour noir de la société dans laquelle nous vivons.

C’est assez bien joué, la comédienne la plus jeune confirme la bonne impression que j’avais eu dans Mourir aux éclats. L’autre est moins convaincante (mais semble la plus convaincue).

J’ai adoré les quelques pavés d’humour noir, ils déchiquètent, et férocement.

Mais autour… quel bordel, ça part dans tous les sens, je n’y comprenais rien. Les actrices multiplient les personnages, les sigles douteux deviennent un running gag, quelques intermèdes musicaux viennent achever le spectateur.

Finalement, les bonnes idées se délayent, perdent force, tuent toute envie d’entendre le propos.

Il m’en reste le même sentiment que d’une conversation de comptoir avec un alcoolique : un fatras de galimatias parsemé de quelques sentences mémorables. Et le soulagement d’avoir entendu le mot fin.

Lysystrata – Folie Théâtre

En une phrase : les femmes de Grèce, devenues princesses au look un peu Disney, font la grève du sexe pour contraindre leurs hommes à négocier la paix.


Une belle version de la pièce d’Aristophane, rondement emmenée par la Compagnie des Poupées Russes qui en donne une lecture musicale et dansante.

L’histoire est connue depuis 2 500 ans, les femmes de Grèce font la grève du sexe pour contraindre leurs maris à négocier la paix et rentrer à la maison (les faire) bénéficier d’un repos bien mérité, je ne dévoile rien, elles y arriveront, et chaque partie ne laissera dans la négociation que les plumes qu’elle veut bien laisser.

Tous dans le ton, tous à fond dans leur rôle, les acteurs jouent, chantent (j’ai regretté de ne pas trouver à la sortie un CD avec ce qu’ils ont fait de l’hymne de la Reine des Neiges), dansent (dont un tango torride). Des commentaires du public, malheureusement un peu clairsemé, j’ai manqué quelques références musicales 😉

Les costumes présentent les femmes plus ou moins sensuelles en fonction de l’instant, le parti pris est clair, elles ont le contrôle.

On rit, on voudrait taper des mains, on bat la mesure, on passe un bon moment.

À mourir aux éclats – À la Folie Théâtre

En une phrase : descendante de suicidaires véléitaires, suicidaire véléitaire, une jeune femme met son expérience au service des autres et monte une entreprise qui vise à les aider à réussir joyeusement leur départ


Un joli moment que ce spectacle rondement mené. Marion Saussol, auteur et metteur en scène, donne à Marion Saussol, actrice, l’occasion de nous montrer une palette de personnages, jouant de leur intonation et de son écharpe blanche.

Le jeu de scène est bien amené, la mise en scène rythmée. Le texte a quelques manques (de jeunesse ?).

La ronde des personnages s’enchaine dans des dialogues, j’ai beaucoup souri, apprécié de rire, le sujet n’est pourtant pas évident.

La salle était enchantée.

Archibald le Fou de Shakespeare – À la Folie Théâtre

En une phrase : un fou, perdu sur la scène d’un théâtre, se cherche et parcourt les grands moments des pièces de Shakespeare


Une pièce attachante, de et par Odile Burley, qui la joue avec ses tripes.

Elle occupe l’espace, se joue bien des quelques accessoires, un mannequin désarticulé, un crâne, une robe blanche qui sera Ophélie et Juliette, une fraise…

J’ai eu du mal avec « En une phrase », si j’ai aimé les moments d’anthologie de la pièce, j’ai eu du mal à en sentir le sens global. J’ai parfois eu du mal à saisir qui elle était en fonction des séquences.

Baroudeur, du haut de ses 7 ans, est rentré dans la pièce, je le sentais qui la vivait tout contre moi, sans être effrayé par le crâne qui vivait sous ses yeux, ou les gants sanguinolents de Mac Beth.

En écrivant me reviennent…

La tête de l’auteur, coupée par une Reine victorienne, répondant au crâne qui l’interroge sur ce qui l’a mené là…

Dieu se nourrissant de poussins…

Roméo, Juliette, scène finale…

La tempête, qui se noue sous nos yeux…

L’accouchement d’un crâne, mais est-ce un crâne ou La Parole…

Il y a quelque chose de pourri au royaume de Danemark…

To be or not…

Vraiment des beaux moments, que j’ai savourés les uns après les autres, pour un résultat qui reste un peu confus.